{"id":10887,"date":"2026-01-07T16:09:42","date_gmt":"2026-01-07T15:09:42","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=10887"},"modified":"2026-01-07T16:14:08","modified_gmt":"2026-01-07T15:14:08","slug":"la-ou-tu-vas-voyage-au-pays-de-la-memoire-qui-flanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2026\/01\/07\/la-ou-tu-vas-voyage-au-pays-de-la-memoire-qui-flanche\/","title":{"rendered":"L\u00e0 O\u00f9 Tu Vas \u2013 Voyage au pays de la m\u00e9moire qui flanche"},"content":{"rendered":"\n<p>Le pays de la m\u00e9moire qui flanche\u2026 C\u2019est un pays qui n\u2019a rien de lointain, c\u2019est un pays de brumes et de silences, c\u2019est un pays qui appartient aux paysages de bien des vies\u2026 Et, ici, <strong>c\u2019est une bande dessin\u00e9e exceptionnelle<\/strong>&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"384\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-12.png?resize=768%2C384&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10889\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-12.png?w=980&amp;ssl=1 980w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-12.png?resize=300%2C150&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-12.png?resize=768%2C384&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright futuropolis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La maladie fait partie int\u00e9grante de toute existence. Les progr\u00e8s de la m\u00e9decine, annonc\u00e9s avec fracas de chiffres toujours partiels donc partiaux, n\u2019emp\u00eachent pas le cancer de tuer toujours et encore\u2026 Parle-t-on, dans les c\u00e9nacles des statisticiens et des professeurs \u00e9m\u00e9rites, de la souffrance librement consentie de celles et ceux qui, jusqu\u2019aux ultimes instants, accompagnent un proche dont ils savent que la mort est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, derri\u00e8re la porte&nbsp;? Non\u2026 On ne parle pas d\u2019eux et de leurs survies\u2026 Tout comme on ne parle pas non plus de ceux qui accompagnent une autre maladie terrible, celle qu\u2019on appelle \u00ab&nbsp;Alzheimer&nbsp;\u00bb, qu\u2019on devrait plut\u00f4t nommer \u00ab&nbsp;troubles cognitifs&nbsp;\u00bb\u2026 Avec ce livre-ci, on en parle, enfin, avec tendresse, avec intelligence, avec une forme de d\u00e9tachement qui n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fois horrible et extraordinaire\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"450\" height=\"611\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-13.png?resize=450%2C611&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10890\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-13.png?w=450&amp;ssl=1 450w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-13.png?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright futuropolis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Etienne Davodeau est un dessinateur qui a toujours eu la volont\u00e9 de parler des gens tels qu\u2019ils sont, de ne jamais en faire des h\u00e9ros, d\u2019en d\u00e9crire les quotidiens, mille fois plus int\u00e9ressants et passionnants que ce que nous racontent sans \u00e2me les m\u00e9dias de toutes sortes. Etienne Davodeau fait de la bande dessin\u00e9e un art d\u2019abord et avant tout proche de toutes celles et de tous ceux qu\u2019il rencontre\u2026 Qu\u2019il raconte\u2026 Qu\u2019il aime et fait aimer\u2026 Il en r\u00e9sulte, aujourd\u2019hui, ce livre dans lequel sa compagne, Fran\u00e7oise Roy, r\u00e9v\u00e8le, en m\u00eame temps que sa pr\u00e9sence essentielle, son m\u00e9tier, qui n\u2019en est pourtant pas un, d\u2019infirmi\u00e8re sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019accompagnement des gens malades de la maladie d\u2019Alzheimer et de tous les troubles proches de cette maladie.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"450\" height=\"611\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-14.png?resize=450%2C611&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10891\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-14.png?w=450&amp;ssl=1 450w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-14.png?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright futuropolis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Je pense que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 n\u2019est plus, de nos jours, une qualit\u00e9\u2026 Sur les trottoirs de Paris ou de Bruxelles, et pas uniquement sur ceux de Manille, des mains se tendent qui restent toujours vides\u2026 Mais il reste, de ci de l\u00e0, des gens g\u00e9n\u00e9reux\u2026 Pas par id\u00e9ologie, pas par foi, mais par n\u00e9cessit\u00e9 humaine, humaniste\u2026 Force est de reconna\u00eetre que dans le monde de la bande dessin\u00e9e, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 n\u2019est pas tr\u00e8s souvent pr\u00e9sente ni mise \u00e0 l\u2019avant plan&nbsp;! Heureusement, il y a Etienne Davodeau\u2026 Et sa compagne\u2026 Qui, \u00e0 deux, nous offrent en quelque 160 pages des portraits tout en tendresse, une tendresse qui ne cache rien cependant de la d\u00e9tresse, de l\u2019angoisse, de l\u2019incertitude\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"753\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-15.png?resize=753%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10892\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-15.png?resize=753%2C1024&amp;ssl=1 753w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-15.png?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-15.png?resize=768%2C1044&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-15.png?w=844&amp;ssl=1 844w\" sizes=\"auto, (max-width: 753px) 100vw, 753px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright futuropolis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ce que nous raconte ce livre est tr\u00e8s simple, finalement\u2026 Davodeau, apr\u00e8s des ann\u00e9es, a r\u00e9ussi \u00e0 convaincre sa compagne de lui permettre de faire un album qui parle de ses quotidiens professionnels\u2026 C\u2019est donc \u00e0 une forme de dialogue \u00e0 la fois intime et ouvert sur le monde que nous assistons. Intime, parce que parler \u00e0 deux d\u2019un m\u00e9tier aussi profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans une maladie que rien ne peut soigner, c\u2019est aussi se plonger dans ses propres tristesses, faiblesses\u2026 Un dialogue ouvert sur le monde, parce que ce qui unit les deux co-auteurs (oui, je me dois de les appeler ainsi, tant ils sont en fusion sans cesse pr\u00e9sents au long des pages de ce livre), ce qui les r\u00e9unit, c\u2019est une \u00e9vidente et n\u00e9cessaire pudeur. Un dialogue, \u00e9galement, qui s&rsquo;ouvre \u00e0 des explications parfois didactiques, toujours simples de cette maladie, de cet accompagnement&#8230; Le c\u00f4t\u00e9 param\u00e9dical, par exemple, montre que tout l accompagnement s&rsquo;appuie, apr\u00e8s beaucoup d observation et avec beaucoup d investissements personnels, sur des activit\u00e9s, quotidiennes, sportives, artistiques&#8230; Sur des int\u00e9r\u00eats et comp\u00e9tences qui restent pr\u00e9sents, quoi qu&rsquo;on puisse en penser&#8230; Et tout cela donne \u00e0 ce livre, malgr\u00e9, l&rsquo;in\u00e9luctable de la maladie, un sentiment d&rsquo;espoir. Celui, par exemple, de moments paisibles, heureux m\u00eame, partag\u00e9s v\u00e9ritablement&#8230; Des instants qui sont comme des bouff\u00e9es d oxyg\u00e8ne pour les aidants proches&#8230; Il y a l\u00e0 une mise en lumi\u00e8re, par Davodeau et sa compagne, d&rsquo;une forme r\u00e9elle de positivit\u00e9 possible que les aidants, les proches, les \u00e9poux, les \u00e9pouses, les enfants ne per\u00e7oivent que difficilement, noy\u00e9s qu&rsquo;ils sont dans les difficult\u00e9s du quotidien, au sein d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui ne s&rsquo;int\u00e9resse m\u00eame pas \u00e0 eux&#8230;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1020\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-16.png?resize=768%2C1020&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10893\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-16.png?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-16.png?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-16.png?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-16.png?w=840&amp;ssl=1 840w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright futuropolis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Tous les personnages malades sont d\u00e9crits dans toute leur spontan\u00e9it\u00e9, dans toutes leurs souffrances, parfois \u00e0 peine visibles, de ne plus avoir de m\u00e9moire, donc d\u2019histoire personnelle, donc de v\u00e9cu, donc de vie, mais ils restent, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un seul, anonymes\u2026 Belle performance d\u2019auteur que de parvenir ainsi \u00e0 ce que la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un r\u00e9cit, simple et charpent\u00e9 au gr\u00e9 de conversations intimes et personnelles, que cette v\u00e9rit\u00e9 ne puisse nuire \u00e0 personne&nbsp;! Ni aux malades, ni \u00e0 leurs familles&#8230; Oui, \u00e0 tous les \u00ab&nbsp;accompagnants&nbsp;\u00bb de cette maladie\u2026 Ce sont eux aussi, en filigrane, qui sont les \u00e9l\u00e9ments moteurs de cet album\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"451\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-17.png?resize=768%2C451&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-10894\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-17.png?resize=1024%2C601&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-17.png?resize=300%2C176&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-17.png?resize=768%2C451&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/image-17.png?w=1200&amp;ssl=1 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright futuropolis<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Je ne vais pas entrer dans les d\u00e9tails\u2026 Ce n\u2019est pas un livre qu\u2019on peut raconter, c\u2019est un livre qu\u2019il faut, absolument, lire et faire lire&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Un livre qui se ponctue par ce petit texte d\u2019Etienne Davodeau&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong><em>On a march\u00e9. Elle a parl\u00e9. J\u2019ai \u00e9crit. Ce qui restera de nos traces, c\u2019est ce livre. Cette histoire de gens qui ont sans doute oubli\u00e9 leur histoire. Cette histoire de personnes que vous connaissez peut-\u00eatre. Que nous seront peut-\u00eatre. Des personnes qui sont nous. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 nous allons. (\u2026) Dans les m\u00e9moires, nos traces s\u2019effacent. Dans les livres, elles r\u00e9sistent autant qu\u2019elles peuvent. Quoi qu\u2019il en soit, reste toujours le moment pr\u00e9sent. Et sa beaut\u00e9 parfois.&nbsp;<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ne me d\u00e9cevez pas\u2026 Achetez ce livre, c\u2019est un de ces albums qui prouvent que l\u2019humanit\u00e9 existe encore, qui nous montre que la bande dessin\u00e9e, lorsqu\u2019elle arr\u00eate de se regarder le nombril, peut nous offrir des v\u00e9ritables chefs d\u2019\u0153uvre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques et Josiane Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u00e0 O\u00f9 Tu Vas \u2013 Voyage au pays de la m\u00e9moire qui flanche (auteur&nbsp;: Etienne Davodeau (et Fran\u00e7oise Roy) \u2013 \u00e9diteur&nbsp;: Futuropolis \u2013 octobre 2025 \u2013 160 pages)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pays de la m\u00e9moire qui flanche\u2026 C\u2019est un pays qui n\u2019a rien de lointain, c\u2019est un pays de brumes et de silences, c\u2019est un pays qui appartient aux paysages de bien des vies\u2026 Et, ici, c\u2019est une bande dessin\u00e9e exceptionnelle&nbsp;! 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