{"id":10998,"date":"2026-02-14T10:44:45","date_gmt":"2026-02-14T09:44:45","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=10998"},"modified":"2026-02-14T10:44:45","modified_gmt":"2026-02-14T09:44:45","slug":"justine-et-autres-recits-entre-vice-et-vertu-lesthetique-charnelle-de-lerotisme-selon-guido-crepax-pour-lecteurs-avertis-selon-lexpression-consacree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2026\/02\/14\/justine-et-autres-recits-entre-vice-et-vertu-lesthetique-charnelle-de-lerotisme-selon-guido-crepax-pour-lecteurs-avertis-selon-lexpression-consacree\/","title":{"rendered":"Justine et autres r\u00e9cits entre vice et vertu \u2013 l\u2019esth\u00e9tique charnelle de l\u2019\u00e9rotisme selon Guido Crepax, pour lecteurs avertis, selon l\u2019expression consacr\u00e9e\u2026"},"content":{"rendered":"\n<p>Le divin marquis, qui se voulait moraliste aussi, mais moraliste d\u2019une totale amoralit\u00e9, a fait du vice et de la vertu deux s\u0153urs du charnel humain, comme l\u2019ont \u00e9t\u00e9 dans ses \u0153uvres les s\u0153urs Justine et Juliette, symboles d\u00e9nud\u00e9s de deux regards antinomiques sur le plaisir, et donc le bonheur\u2026 <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"575\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/justine2ok.jpg?resize=768%2C575&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11000\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/justine2ok.jpg?resize=1024%2C766&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/justine2ok.jpg?resize=300%2C224&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/justine2ok.jpg?resize=768%2C574&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/justine2ok.jpg?w=1079&amp;ssl=1 1079w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright crepex<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le dessinateur Guido Crepax est symbolique de ces ann\u00e9es 70 qui ont vu, dans la soci\u00e9t\u00e9, s\u2019\u00e9crouler peu \u00e0 peu les normes morales et, surtout, leurs censures. Ce fut \u00e9galement le cas dans la bande dessin\u00e9e, avec mille et une approches enfin possibles de l\u2019\u00e9rotisme et de la pornographie, deux mots miroirs de deux r\u00e9alit\u00e9s litt\u00e9raires fusionnelles\u2026 Le monde de l\u2019\u00e9dition vit alors se c\u00f4toyer le pire et le meilleur, qualitativement parlant\u2026 Des noms, aujourd\u2019hui, restent encore, et c\u2019est tant mieux, de quelques-uns de ces artistes qui se sont aventur\u00e9s dans les m\u00e9andres de la libert\u00e9 d\u2019imaginer, de r\u00eaver, de d\u00e9crire, de raconter les soubresauts de l\u2019\u00e2me humaine s\u2019acceptant enfin faite de chair\u00a0! <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"658\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-19.png?resize=500%2C658&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11001\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-19.png?w=500&amp;ssl=1 500w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-19.png?resize=228%2C300&amp;ssl=1 228w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright delcourt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et donc, parmi ces v\u00e9ritables artistes de l\u2019\u00e9rotisme, aux c\u00f4t\u00e9s de gens comme Pichard, ou Levis, ou Lucques, ou Hugdebert, ou Manara, ou d\u2019autres encore, il y a eu Crepax\u2026 Il est de ces dessinateurs dont on n\u2019a nul besoin de voir la signature pour reconna\u00eetre son travail\u2026 Il est de ces dessinateurs qui, sans jamais avoir peur de dessiner, dans ce qu\u2019il peut avoir de plus trivial, le d\u00e9sir sexuel et ses aboutissements, a r\u00e9ussi \u00e0 construire un style \u00e0 aucun autre semblable, tant au niveau de la narration graphique qu\u2019\u00e0 celui des canons de la beaut\u00e9 et du plaisir physique. Il fut l\u2019auteur, ainsi, surfant sur une certaine mode libertine et donc libertaire, d\u2019albums importants dans l\u2019Histoire du neuvi\u00e8me art\u00a0: Valentina, Histoire d\u2019O, Emmanuelle\u2026 Il y a eu ses inspirations sadiennes, mais aussi celle de Sacher Masoch avec la Venus en fourrure. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"370\" height=\"520\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-20.png?resize=370%2C520&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11002\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-20.png?w=370&amp;ssl=1 370w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-20.png?resize=213%2C300&amp;ssl=1 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 370px) 100vw, 370px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright delcourt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et cet album-ci nous offre la chance, en une \u00e9poque o\u00f9 la moralisation de la soci\u00e9t\u00e9 semble vouloir \u00e0 nouveau se glisser partout dans les corridors du pouvoir, de nous plonger, lecteurs sachant que toute histoire racont\u00e9e l\u2019est au travers du sentiment et de ses \u00e9motions, de s\u2019immerger, oui, dans un \u00ab\u00a0style\u00a0\u00bb m\u00ealant la beaut\u00e9 formelle de corps aux jeunesses parfaites, et de visages aux caricatures lubriques \u00e9videntes\u2026 Un style qui, au-del\u00e0 de la narration, de la construction des r\u00e9cits, va chercher ses outils dans les univers litt\u00e9raires, certes, mais aussi dans ceux d\u2019une peinture \u00e9rotique, et enfin dans les mondes du cin\u00e9ma. Mais jamais Crepax ne se contente d\u2019utiliser ces outils simplement. Ses planches m\u00ealent ainsi, en des constructions presque anarchiques, des gros plans, des insertions d\u2019images, des mises en avant de d\u00e9tails qui vont du sourire \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un sexe d\u00e9nud\u00e9\u2026 Un livre de Crepax, cela se lit, certes\u2026 Mais cela se regarde, d\u2019abord et avant tout, cela se feuillette, se visite, au hasard des pages tourn\u00e9es\u2026 Crepax a invent\u00e9, en une \u00e9poque de libert\u00e9s possibles, une esth\u00e9tique \u00e9trange, envo\u00fbtante, \u00e0 la fois d\u00e9mesur\u00e9e et intimiste. A ce titre, il fait sans aucun doute possible partie des grands noms de la bande dessin\u00e9e\u00a0! <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"422\" height=\"581\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-21.png?resize=422%2C581&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11003\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-21.png?w=422&amp;ssl=1 422w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-21.png?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w\" sizes=\"auto, (max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright delcourt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Dans cet album, oui, le vice et la vertu se font face, sans appr\u00eats, avec comme seuls chemins possibles ceux de la volupt\u00e9 et du d\u00e9sir. Crepax s\u2019enfouit dans un r\u00e9cit de Sade, mais aussi dans d\u2019autres histoires n\u00e9es de ses propres imaginaires, de ses propres fantasmes probablement. Il en r\u00e9sulte une \u0153uvre qui r\u00e9ussit \u00e0 survoler avec intelligence une carri\u00e8re \u00e9poustouflante, une \u0153uvre dans laquelle se d\u00e9finissent dans le flou, mais dans des dessins d\u2019une pr\u00e9cision esth\u00e9tique totale, les notions de bonheur, de d\u00e9sir, de plaisir, et de jouissance\u2026 Crepax nous parle-t-il de jouissances perverses assum\u00e9es ou de libert\u00e9s de corps au bout desquelles seul compte le frisson\u00a0? <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1012\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-22.png?resize=768%2C1012&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11004\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-22.png?resize=777%2C1024&amp;ssl=1 777w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-22.png?resize=228%2C300&amp;ssl=1 228w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-22.png?resize=768%2C1013&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-22.png?resize=1165%2C1536&amp;ssl=1 1165w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-22.png?w=1400&amp;ssl=1 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright delcourt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et des frissons naissent, \u00e0 l\u2019\u00e2me plus qu\u2019aux chairs, avec cet album \u00e0 ne pas mettre entre toutes les mains, mais \u00e0 savourer avec d\u00e9lices\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques et Josiane Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Justine et autres r\u00e9cits entre vice et vertu (auteur&nbsp;: Guido Crepax \u2013 \u00e9diteur&nbsp;: Delcourt Erotix \u2013 novembre 2025 \u2013 232 pages)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le divin marquis, qui se voulait moraliste aussi, mais moraliste d\u2019une totale amoralit\u00e9, a fait du vice et de la vertu deux s\u0153urs du charnel humain, comme l\u2019ont \u00e9t\u00e9 dans ses \u0153uvres les s\u0153urs Justine et Juliette, symboles d\u00e9nud\u00e9s de deux regards antinomiques sur le plaisir, et donc le bonheur\u2026 Le dessinateur Guido Crepax est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10999,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[22,33],"tags":[],"class_list":["post-10998","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bd-de-g-a-l","category-j"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/justine.jpg?fit=701%2C1000&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8dqsu-2Ro","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10998","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10998"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10998\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11005,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10998\/revisions\/11005"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10999"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10998"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10998"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10998"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}