{"id":11289,"date":"2026-05-10T09:12:15","date_gmt":"2026-05-10T07:12:15","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=11289"},"modified":"2026-05-10T09:12:15","modified_gmt":"2026-05-10T07:12:15","slug":"francais-langue-etrangere-un-livre-qui-parle-dun-metier-trop-peu-connu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2026\/05\/10\/francais-langue-etrangere-un-livre-qui-parle-dun-metier-trop-peu-connu\/","title":{"rendered":"Fran\u00e7ais Langue Etrang\u00e8re \u2013 un livre qui parle d\u2019un m\u00e9tier (trop) peu connu"},"content":{"rendered":"\n<p>Eric Salch, l\u2019auteur de cet album, nous fait entrer, \u00e0 sa mani\u00e8re, dans l\u2019univers d\u2019une enseignante de langue fran\u00e7aise pour un public adulte et immigr\u00e9. Il se fait qu\u2019une de mes filles exerce le m\u00eame m\u00e9tier\u2026 C\u2019est donc \u00e0 elle que je laisse la parole dans cette chronique\u00a0!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"960\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-11.png?resize=768%2C960&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11291\" style=\"width:819px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-11.png?resize=819%2C1024&amp;ssl=1 819w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-11.png?resize=240%2C300&amp;ssl=1 240w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-11.png?resize=768%2C960&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-11.png?w=1080&amp;ssl=1 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright dargaud<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Mon p\u00e8re m\u2019a donn\u00e9 un \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb et, pour une fois, je l\u2019ai fait s\u00e9rieusement. J\u2019ai ramen\u00e9 l\u2019album \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb de Salch \u00e0 la maison et j\u2019ai lu chaque chapitre attentivement, en prenant des notes. J\u2019ai m\u00eame pouss\u00e9 l\u2019exercice plus loin en le pr\u00eatant \u00e0 une coll\u00e8gue pour avoir son avis.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019embl\u00e9e, j\u2019ai eu du mal \u00e0 entrer dans l\u2019album. Le dessin ne me pla\u00eet pas du tout&nbsp;: je le trouve tr\u00e8s (trop) caricatural et, d\u2019un avis partag\u00e9, agressif. Je ne comprends pas non plus le choix des couleurs : tout est gris, \u00e0 l\u2019exception de la chevelure rouge du personnage principal et de quelques \u00e9l\u00e9ments en jaune. C\u2019est visuellement brut, presque violent, et \u00e7a ne donne pas envie de lire. Mais je l\u2019ai fait. Par curiosit\u00e9 ? Par devoir ? Par nostalgie de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 mon p\u2019tit papa m\u2019obligeait \u00e0 lire pour ensuite lui raconter ?<\/p>\n\n\n\n<p>Bref\u2026 entrons dans le vif du sujet.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"472\" height=\"590\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12.png?resize=472%2C590&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11292\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12.png?w=472&amp;ssl=1 472w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12.png?resize=240%2C300&amp;ssl=1 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright dargaud<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Pourquoi mon p\u00e8re m\u2019a-t-il donn\u00e9 ce devoir, et pas \u00e0 mes s\u0153urs ? Pourquoi l\u2019avoir partag\u00e9 avec une coll\u00e8gue ? Simplement parce que cet album parle de notre m\u00e9tier, et que l\u2019h\u00e9ro\u00efne et moi avons \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience en fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019album est structur\u00e9 en chapitres, chacun racontant une tranche de vie du quotidien de Marie, formatrice. Elle y d\u00e9crit sa mani\u00e8re de donner cours, mais aussi les r\u00e9actions et interactions de son public.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois pass\u00e9 le cap du rejet du dessin, et en se concentrant sur le fond, on trouve des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s justes et parfois poignants, mais aussi des passages qui rel\u00e8vent davantage de la caricature ou de l\u2019exag\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier chapitre m\u2019a imm\u00e9diatement agac\u00e9e : cette formatrice qui encha\u00eene mimes, grimaces et imitations grossi\u00e8res, face \u00e0 un public qui rit \u201cgrassement\u201d\u2026 \u00e7a ne m\u2019a pas parl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, ma casquette de syndicaliste a r\u00e9agi d\u00e8s le deuxi\u00e8me chapitre, lorsque la formatrice \u00e9voque la \u201cjourn\u00e9e de la femme\u201d au lieu de la \u201cjourn\u00e9e des droits des femmes\u201d. Oui, c\u2019est un d\u00e9tail, mais c\u2019est un combat que je m\u00e8ne chaque ann\u00e9e. \u00c7a m\u2019a crisp\u00e9e, au point d\u2019h\u00e9siter \u00e0 arr\u00eater ma lecture.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"201\" height=\"251\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13.png?resize=201%2C251&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11293\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright dargaud<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et pourtant, j\u2019ai continu\u00e9. Et l\u2019auteur a su me rattraper, notamment \u00e0 travers les r\u00e9cits des apprenants. L\u00e0, on touche \u00e0 quelque chose de profond\u00e9ment vrai. On entre en classe avec un th\u00e8me banal \u2014 le logement, la famille \u2014 et soudain, les histoires surgissent : une maison d\u00e9truite, une famille disparue. Ce sont des r\u00e9alit\u00e9s que l\u2019on entend, malheureusement, trop souvent.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e7a, il faut le dire. Il faut le montrer. Parce qu\u2019on entend encore trop de discours simplistes du type \u201cils viennent prendre notre travail\u201d. La r\u00e9alit\u00e9 est bien plus dure : beaucoup ont fui des situations insoutenables. Et cet album, sur ce point, a le m\u00e9rite d\u2019ouvrir une fen\u00eatre sur ces v\u00e9cus.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"748\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?resize=748%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11294\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?resize=748%2C1024&amp;ssl=1 748w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?resize=219%2C300&amp;ssl=1 219w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?resize=768%2C1051&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?resize=1123%2C1536&amp;ssl=1 1123w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?resize=1497%2C2048&amp;ssl=1 1497w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-14.png?w=1871&amp;ssl=1 1871w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright dargaud<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Cela dit, au fil de ma lecture, mon ressenti est rest\u00e9 tr\u00e8s mitig\u00e9. Il y a du vrai, du sinc\u00e8re, mais aussi des repr\u00e9sentations qui m\u2019ont agac\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>On y d\u00e9couvre un public \u00e0 la fois touchant et parfois d\u00e9routant. On y voit que chaque culture apporte ses propres codes, et que les formateurs et formatrices continuent d\u2019apprendre, eux aussi, au quotidien. On y per\u00e7oit aussi la n\u00e9cessit\u00e9, parfois, de prendre de la distance pour se prot\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le recul, ma conclusion est claire : je n\u2019ai pas vraiment aim\u00e9 cet album. Mais il contient des v\u00e9rit\u00e9s importantes, qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre dites et entendues.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors si ce livre peut aider \u00e0 ouvrir les yeux sur certaines r\u00e9alit\u00e9s encore m\u00e9connues, alors oui, il m\u00e9rite d\u2019\u00eatre lu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9cile Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fran\u00e7ais Langue Etrang\u00e8re (auteur&nbsp;: Eric Salch \u2013 \u00e9diteur&nbsp;: Dargaud \u2013 mars 2026 &#8211; 136 pages)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eric Salch, l\u2019auteur de cet album, nous fait entrer, \u00e0 sa mani\u00e8re, dans l\u2019univers d\u2019une enseignante de langue fran\u00e7aise pour un public adulte et immigr\u00e9. Il se fait qu\u2019une de mes filles exerce le m\u00eame m\u00e9tier\u2026 C\u2019est donc \u00e0 elle que je laisse la parole dans cette chronique\u00a0! 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