{"id":11314,"date":"2026-05-19T07:23:31","date_gmt":"2026-05-19T05:23:31","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=11314"},"modified":"2026-05-19T07:23:31","modified_gmt":"2026-05-19T05:23:31","slug":"cecile-la-sherif-un-western-atypique-et-fantastiquement-graphique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2026\/05\/19\/cecile-la-sherif-un-western-atypique-et-fantastiquement-graphique\/","title":{"rendered":"C\u00e9cile La Sh\u00e9rif \u2013 Un western atypique et fantastiquement graphique"},"content":{"rendered":"\n<p>Le western, \u00e0 l\u2019instar des trag\u00e9dies antiques, est un m\u00e9dia formidable qui permet de m\u00ealer \u00e0 l\u2019aventure intemporelle des th\u00e9matiques \u00e0 la fois historiques et ancr\u00e9es dans nos r\u00e9alit\u00e9s contemporaines. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-24.png?resize=768%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11316\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-24.png?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-24.png?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-24.png?w=850&amp;ssl=1 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright casterman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et ce western est totalement atypique, oui! D\u00e9j\u00e0, il commence en France, en 1848. C\u00e9cile est la fille du procureur de la Justice d\u2019Orl\u00e9ans. Elle fait des \u00e9tudes de droit. Et son r\u00eave, son ambition plut\u00f4t, c\u2019est de devenir la premi\u00e8re femme magistrate de France\u2026 Chose impossible dans ce dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle europ\u00e9en adepte plut\u00f4t du patriarcat\u00a0! Avec ce genre de r\u00e9flexions plus que courantes\u00a0: \u00ab\u00a0la place des femmes, c\u2019est dans la cuisine, leur r\u00f4le, de raccommoder les chaussettes de leur mari, de porter une robe, certes, mais pas de magistrat\u00a0\u00bb\u00a0! <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"670\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-25.png?resize=500%2C670&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11317\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-25.png?w=500&amp;ssl=1 500w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-25.png?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright casterman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et au cours d\u2019une soir\u00e9e bien arros\u00e9e, C\u00e9cile va rencontrer un musicien un peu po\u00e8te, beaucoup aventurier, Louis Moreau, et elle va le suivre, quitter le vieux monde et s\u2019en aller aux Etats-Unis, o\u00f9 elle esp\u00e8re pouvoir r\u00e9aliser son r\u00eave\u00a0! Seulement, les choses, bien \u00e9videmment, ne se passent pas aussi bien que r\u00eav\u00e9es, et l\u2019id\u00e9e m\u00eame que C\u00e9cile se fait de la justice va devoir, vite fait, \u00e9voluer\u00a0! M\u00eame et surtout sans le \u00ab\u00a0nouveau monde\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"670\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-26.png?resize=500%2C670&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11318\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-26.png?w=500&amp;ssl=1 500w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-26.png?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright casterman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Parce que le th\u00e8me de ce livre, c\u2019est la justice, oui\u2026 Un th\u00e8me bien ma\u00eetris\u00e9 par le sc\u00e9nariste Victor Coutard\u2026 Un th\u00e8me qui aurait pu \u00eatre pesant, mais qui ne l\u2019est nullement, parce que ce livre, finalement, est d\u2019abord un bel objet graphique. Mais pas uniquement\u2026 Parce qu\u2019il s\u2019agit, au long des pages, d\u2019un \u00e9troit m\u00e9lange entre le dessin et \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9ologie\u00a0\u00bb de la justice\u00a0! <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1cecilegraphisme.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Walter Guissard<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Je parlais d\u2019objet graphique\u2026 Et il est vrai qu\u2019en feuilletant ce livre, on ne peut qu\u2019\u00eatre frapp\u00e9 par la couleur\u00a0! Il y a dans le dessin, globalement, une forme d\u2019expressionisme puissant\u2026 Un souci de cr\u00e9er des planches dans lesquelles la narration, les mouvements, les personnages sortent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des cadres habituels de la bande dessin\u00e9e, prennent une vie qui se fiche pas mal des r\u00e8gles strictes de la perspective, par exemple, et, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale des codes habituels du neuvi\u00e8me art. Et cela se fait, plus encore peut-\u00eatre que par le dessin, par la couleur, oui, par la fa\u00e7on dont Walter Guissard l\u2019utilise, la travaille\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2cecilecouleurs.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Walter Guissard<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mais je le disais, ce n\u2019est pas uniquement un objet graphique\u00a0! C\u2019est un livre dans lequel on parle de la loi, de ses interdits, de ses utopies. On y parle du f\u00e9minisme, \u00e9galement, d\u2019un dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle pendant lequel les avanc\u00e9es sociales ont progressivement pris vie au quotidien, on y parle aussi de l\u2019homosexualit\u00e9, du poids des convenances. On le fait avec des r\u00e9f\u00e9rences certaines, litt\u00e9raires et anachroniques parfois\u2026 Et il y a un vrai plaisir \u00e0 chercher au fil des dessins ces anachronismes, ces r\u00e9f\u00e9rences\u2026 On croise, par exemple, Badinter\u2026 Mais ce sont aussi des r\u00e9f\u00e9rences historiques, avec des \u00e9chos contemporains \u00e9vidents\u2026 <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"763\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-27.png?resize=763%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11322\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-27.png?w=763&amp;ssl=1 763w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-27.png?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 763px) 100vw, 763px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright casterman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>On y parle d\u2019une h\u00e9ro\u00efne libre, d\u00e9cid\u00e9e, cette fameuse C\u00e9cile, qui va devenir \u00ab\u00a0LA sh\u00e9rif\u00a0\u00bb, et qui, ainsi, va devoir confronter ses id\u00e9es, son id\u00e9ologie, avec la r\u00e9alit\u00e9. Elle devient sh\u00e9rif, oui, avec, dans cet ouest am\u00e9ricain sans foi ni loi, la responsabilit\u00e9 aussi de la justice, et elle va se dire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>mon r\u00eave est d\u2019avoir cru que la justice \u00e9tait juste<\/em>\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"672\" height=\"868\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-28.png?resize=672%2C868&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11324\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-28.png?w=672&amp;ssl=1 672w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-28.png?resize=232%2C300&amp;ssl=1 232w\" sizes=\"auto, (max-width: 672px) 100vw, 672px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright casterman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Vous voyez, le propos reste s\u00e9rieux, bien des th\u00e9matiques sont abord\u00e9es, mais de mani\u00e8re l\u00e9g\u00e8re, parce que tout cela est trait\u00e9, tant dans le sc\u00e9nario que dans le dessin, avec une sorte de distance amus\u00e9e, avec une bonne dose de folie, avec du talent et de l\u2019humour\u00a0! Et c\u2019est pour cela qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un western atypique, ce style narratif permettant \u00e0 la fois le drame, la com\u00e9die, la trag\u00e9die, et la vraie aventure\u00a0! <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3cecilewestern.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Walter Guissard<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un album qui ne se contente pas de ronronner, ni sc\u00e9naristiquement parlant, ni graphiquement, qui se lit avec plaisir, qui accroche l\u2019attention et l\u2019intelligence des lecteurs\u2026 Une belle r\u00e9ussite, donc&nbsp;! Qui se termine par un petit dossier sur la justice, clair, sans inutiles lourdeurs, et offrant un \u00e9clairage de plus au contenu narratif ce cet album&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques et Josiane Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9cile La Sh\u00e9rif (dessin\u00a0: Walter Guissard \u2013 sc\u00e9nario\u00a0: Victor Coutard \u2013 \u00e9diteur\u00a0: Casterman \u2013 mars 2026 \u2013 120 pages)<\/strong>  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"384\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-29.png?resize=768%2C384&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-11325\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-29.png?w=980&amp;ssl=1 980w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-29.png?resize=300%2C150&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-29.png?resize=768%2C384&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright casterman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le western, \u00e0 l\u2019instar des trag\u00e9dies antiques, est un m\u00e9dia formidable qui permet de m\u00ealer \u00e0 l\u2019aventure intemporelle des th\u00e9matiques \u00e0 la fois historiques et ancr\u00e9es dans nos r\u00e9alit\u00e9s contemporaines. 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