{"id":1373,"date":"2017-12-24T13:16:19","date_gmt":"2017-12-24T12:16:19","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=1373"},"modified":"2017-12-24T13:16:19","modified_gmt":"2017-12-24T12:16:19","slug":"le-dernier-des-mohicans-et-carmen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2017\/12\/24\/le-dernier-des-mohicans-et-carmen\/","title":{"rendered":"Le Dernier des Mohicans et Carmen"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Deux romans exceptionnels, deux illustrateurs tout aussi extraordinaires\u2026 Des cadeaux somptueux \u00e0 faire, et \u00e0 se faire\u00a0!&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Carmen<\/strong> (auteur\u00a0: Prosper M\u00e9rim\u00e9e \u2013 illustrateur\u00a0: Benjamin Lacombe \u2013 \u00e9diteur\u00a0: Soleil\/M\u00e9tamorphose)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1375\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/carmen1.jpg?resize=660%2C335\" alt=\"\" width=\"660\" height=\"335\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/carmen1.jpg?w=660&amp;ssl=1 660w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/carmen1.jpg?resize=300%2C152&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><\/p>\n<p><em>Carmen\u00a9Soleil\/M\u00e9tamorphose<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On ne peut pas dire que Prosper M\u00e9rim\u00e9e, auteur pourtant adul\u00e9 au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, soit encore beaucoup lu de nos jours\u2026 On retient de lui ce fameux titre, Carmen, moins \u00e0 cause de sa longue nouvelle qu\u2019en raison de l\u2019op\u00e9ra de Bizet.<\/p>\n<p>Pourtant, cet op\u00e9ra n\u2019est, finalement, qu\u2019une adaptation tr\u00e8s succincte du livre originel. Bizet et son librettiste n\u2019ont retenu, finalement, que le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0grand spectacle\u00a0\u00bb de l\u2019histoire racont\u00e9e par M\u00e9rim\u00e9e, son aspect romanesque, voire romantique.<\/p>\n<p>Et il est vrai que, par la trame de ses constructions litt\u00e9raires, par la fa\u00e7on dont M\u00e9rim\u00e9e am\u00e8ne le lecteur \u00e0 une conclusion souvent tragique, cet \u00e9crivain peut se rattacher \u00e0 l\u2019\u00e9cole romantique. Mais il s\u2019en \u00e9carte r\u00e9solument par ce qu\u2019on pourrait appeler un manque de style et qui n\u2019est qu\u2019une fa\u00e7on simple de transposer en mots les r\u00e9alit\u00e9s qu\u2019il a crois\u00e9es. A ce titre, il se r\u00e9v\u00e8le plus r\u00e9aliste que romanesque.<\/p>\n<p>Dans \u00ab\u00a0Carmen\u00a0\u00bb, il s\u2019agit pour lui de nos conter, certes, l\u2019histoire d\u2019une femme fatale, d\u2019un grand bandit amoureux de cette femme, et d\u2019un narrateur qui, tout en racontant ce qu\u2019il vit et a v\u00e9cu, se veut observateur plus qu\u2019acteur. L\u00e0, M\u00e9rim\u00e9e touche presque \u00e0 la trag\u00e9die \u00e0 la grecque, le ch\u0153ur \u00e9tant occup\u00e9 par tous les personnages secondaires.<\/p>\n<p>On peut dire de M\u00e9rim\u00e9e qu\u2019il \u00e9tait un puriste de la langue, bien plus que Victor Hugo qui, d\u2019ailleurs, ne l\u2019estimait que bien peu\u00a0! Puriste, oui, parce qu\u2019il ne s\u2019est jamais emberlificot\u00e9 dans des grandes tirades, pr\u00e9f\u00e9rant la formule rapide, celle qui, en un \u00e9clair, d\u00e9finit un paysage, une sensation, une p\u00e9rip\u00e9tie\u2026<\/p>\n<p>Le plus beau des hommages qui lui a \u00e9t\u00e9 fait a sans doute \u00e9t\u00e9 de l\u2019essentiel Paul L\u00e9autaud, qui disait\u00a0de lui que ses livres ressemblaient \u00e0 \u00ab\u00a0une causerie\u00a0\u00bb, et qu\u2019ils avaient ainsi une \u00ab\u00a0grande chance\u00a0\u00bb d\u2019\u00eatre des chefs-d\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Cet album-ci, r\u00e9alis\u00e9 avec soin, tant dans la pr\u00e9sentation que dans le fond, vient donc \u00e0 son heure pour rappeler que le roman du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle n\u2019a rien, finalement, de d\u00e9suet ou d\u2019obsol\u00e8te.<\/p>\n<p>Et quand je parle de la forme de ce livre, je parle, bien \u00e9videmment, des illustrations de Benjamin Lacombe, un auteur dont la personnalit\u00e9 jaillit autant dans ses dessins en couleur que dans ses dessins en noir et blanc. On peut retrouver chez lui une filiation avec les grands peintres du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle qui, comme M\u00e9rim\u00e9e en litt\u00e9rature, \u00e9taient capables, en quelques traits, en quelques lumi\u00e8res, de d\u00e9finir totalement un sujet. Je pense \u00e0 Rops, par exemple\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le Dernier des Mohicans<\/strong> (auteur\u00a0: James Fenimore Cooper \u2013 illustrateur\u00a0: Patrick Prugne \u2013 \u00e9diteur\u00a0: Margot)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1376\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/mohican1.jpg?resize=768%2C513\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"513\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/mohican1.jpg?w=974&amp;ssl=1 974w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/mohican1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/mohican1.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Le Dernier des Mohicans\u00a9 Margot<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rien que de voir le titre de ce\u00a0livre me sont remont\u00e9es en m\u00e9moire bien des sensations, bien des nostalgies. Je devais avoir quelque chose comme dix ou onze ans quand j\u2019ai lu ce roman, dans une \u00e9dition, je m\u2019en souviens parfaitement, \u00e0 la reliure ressemblant \u00e0 du cuir rouge\u2026<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait pour moi l\u2019\u00e9poque des films de cow-boys, ceux avec Gary Cooper ou James Stewart. Ces films \u00e9piques et souvent manich\u00e9ens avec les bons Am\u00e9ricains et les mauvais Indiens\u00a0!<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 que Fenimore Cooper, en racontant une histoire, elle aussi \u00e9pique, remettait en quelque sorte en perspective mes certitudes enfantines. Il y avait des Indiens nobles, et d\u2019autres pas, tout comme des hommes blancs dignes et d\u2019autres r\u00e9pugnants\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est dire que, \u00e9crit au d\u00e9but du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, ce roman d\u00e9notait, par un vrai sens de l\u2019humanisme et de la tol\u00e9rance, avec les productions litt\u00e9raires de l\u2019\u00e9poque lorsqu\u2019elles s\u2019int\u00e9ressaient aux \u00ab\u00a0sauvages\u00a0\u00bb \u00e0 la peau rouge\u00a0!<\/p>\n<p>Historique de par sa trame, la guerre entre Fran\u00e7ais et Anglais \u00e0 m\u00eame le territoire du nouveau monde, ce livre est, de par sa forme, un v\u00e9ritable livre d\u2019aventures\u2026 On y parle de haine, de tendresse, de courage, de vengeance, de luttes, de rencontres humaines capables de d\u00e9passer les simples diff\u00e9rences de la langue ou de la race\u2026 On y parle de mort, aussi, synonyme de fin d\u2019un peuple, donc d\u2019une culture, donc d\u2019un patrimoine\u2026 Autant de th\u00e8mes, en d\u00e9finitive, extr\u00eamement actuels\u00a0!<\/p>\n<p>Et dans cette \u00e9dition-ci, ces th\u00e8mes sont illustr\u00e9s par un des tout grands noms de la bande dessin\u00e9e et de l\u2019illustration, Patrick Prugne, un dessinateur amoureux depuis totalement du monde des premiers habitants de l\u2019Am\u00e9rique et du Canada. Avec un sens du mouvement, avec un plaisir \u00e0 dessiner des visages, avec un bonheur \u00e0 \u00e9viter de temps \u00e0 autre la couleur pour nous r\u00e9v\u00e9ler, en des noirs et blancs presque discrets, toute l\u2019\u00e9tendue de son talent, Prugne parvient, enti\u00e8rement, dans ce livre, \u00e0 nous le rendre lisible, \u00e0 le d\u00e9poussi\u00e9rer\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Ne passez pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces deux livres\u2026 Loin de toute nostalgie, en fait, ils sont des portes ouvertes sur l\u2019imaginaire, le r\u00eave, et le talent\u00a0!<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux romans exceptionnels, deux illustrateurs tout aussi extraordinaires\u2026 Des cadeaux somptueux \u00e0 faire, et \u00e0 se faire\u00a0!&#8230; &nbsp; Carmen (auteur\u00a0: Prosper M\u00e9rim\u00e9e \u2013 illustrateur\u00a0: Benjamin Lacombe \u2013 \u00e9diteur\u00a0: Soleil\/M\u00e9tamorphose) &nbsp; Carmen\u00a9Soleil\/M\u00e9tamorphose &nbsp; On ne peut pas dire que Prosper M\u00e9rim\u00e9e, auteur pourtant adul\u00e9 au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, soit encore beaucoup lu de nos jours\u2026 On retient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1374,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[36],"tags":[],"class_list":["post-1373","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bd-diverses"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/carmenmohican.jpg?fit=1168%2C800&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8dqsu-m9","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1373"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1373\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1378,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1373\/revisions\/1378"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1374"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}