{"id":238,"date":"2016-12-30T12:55:07","date_gmt":"2016-12-30T11:55:07","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=238"},"modified":"2016-12-30T12:58:08","modified_gmt":"2016-12-30T11:58:08","slug":"loisel-et-druillet-deux-grands-du-neuvieme-art-a-toujours-redecouvrir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2016\/12\/30\/loisel-et-druillet-deux-grands-du-neuvieme-art-a-toujours-redecouvrir\/","title":{"rendered":"Loisel et Druillet : deux grands du neuvi\u00e8me art \u00e0 toujours red\u00e9couvrir !&#8230;"},"content":{"rendered":"<div class=\"rtbf-paragraph\">\n<p>R\u00e9gis Loisel se plonge dans l\u2019univers de Disney, tandis que se r\u00e9\u00e9ditent les \u0153uvres magistrales de Philippe Druillet : des livres \u00e9tonnants que tout b\u00e9d\u00e9phile se doit de conna\u00eetre !&#8230;<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"rtbf-paragraph  clearfix\">\n<header>\n<h2 class=\"rtbf-paragraph__title\">Mickey Mouse : Caf\u00e9 \u00ab Zombo \u00bb (auteur : R\u00e9gis Loisel \u2013 \u00e9diteur : Gl\u00e9nat)<\/h2>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-240 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/32a5d2080198ab68d0c6e6303e5217ac-1482943944-e1483098803892.jpg?resize=373%2C244\" alt=\"\" width=\"373\" height=\"244\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/32a5d2080198ab68d0c6e6303e5217ac-1482943944-e1483098803892.jpg?w=373&amp;ssl=1 373w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/32a5d2080198ab68d0c6e6303e5217ac-1482943944-e1483098803892.jpg?resize=300%2C196&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 373px) 100vw, 373px\" \/><\/p>\n<\/header>\n<\/div>\n<p><em>Caf\u00e9 zombo &#8211; \u00a9 Gl\u00e9nat<\/em><\/p>\n<div class=\"rtbf-paragraph  clearfix\">\n<p>R\u00e9gis Loisel, c\u2019est, bien entendu, l\u2019auteur de la meilleure des s\u00e9ries d\u2019heroic fantasy \u00e0 la fran\u00e7aise, \u00a0\u00bb La qu\u00eate de l\u2019oiseau du temps \u00ab\u00a0. Une belle r\u00e9ussite, incontestablement, qui, malheureusement, a entra\u00een\u00e9 une mode en bd o\u00f9 le pire a trop souvent c\u00f4toy\u00e9 le simplement mauvais !<\/p>\n<p>R\u00e9gis Loisel, c\u2019est aussi le coauteur de la s\u00e9rie franco-qu\u00e9b\u00e9coise \u00a0\u00bb Magasin g\u00e9n\u00e9ral \u00ab\u00a0, termin\u00e9e il y a peu, et dans laquelle s\u2019abordent des th\u00e8mes chers depuis toujours \u00e0 Loisel : l\u2019int\u00e9gration, la tol\u00e9rance, la diff\u00e9rence, sexuelle aussi, la vie en groupe, le plaisir de vivre et de savourer le temps qui passe.<\/p>\n<p>R\u00e9gis Loisel, c\u2019est \u00e9galement \u00a0\u00bb Le grand mort \u00ab\u00a0, qui ressemble \u00e0 de la fantasy mais qui r\u00e9ussit \u00e0 aller beaucoup plus loin que le simple r\u00e9cit d\u2019aventures improbables.<\/p>\n<p>R\u00e9gis Loisel, enfin, c\u2019est l\u2019extraordinaire \u00a0\u00bb Peter Pan \u00ab\u00a0, une relecture cruelle, \u00e9tonnante, d\u00e9rangeante mais envo\u00fbtante d\u2019un des plus grands mythes de la litt\u00e9rature mondiale. Avec Loisel, l\u2019enfance n\u2019a jamais rien d\u2019idyllique !<\/p>\n<p>Et R\u00e9gis Loisel, aujourd\u2019hui, c\u2019est ce Mickey Mouse, en hommage \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Walt Disney, certes, mais, surtout, en d\u00e9calage avec le \u00a0\u00bb tout le monde il est beau tout le monde il est gentil \u00a0\u00bb qu\u2019est devenu l\u2019empire de Disney !<\/p>\n<p>Graphiquement, Loisel s\u2019est totalement immerg\u00e9 dans le Mickey des ann\u00e9es 50\/60, en appliquant les codes qui \u00e9taient ceux utilis\u00e9s dans le fameux \u00a0\u00bb Journal de Mickey \u00a0\u00bb : beaucoup de mouvement, de page en page, pour que le jeune lecteur ne s\u2019ennuie jamais.<\/p>\n<p>Pour le sc\u00e9nario, Loisel a utilis\u00e9 les habituels m\u00e9chants, plus b\u00eates que dangereux finalement, qu\u2019appr\u00e9ciaient Disney et ses collaborateurs. Mais il a ancr\u00e9 tous ces personnages hyper connus dans un contexte r\u00e9el qui, lui, n\u2019a plus grand-chose \u00e0 voir avec la mani\u00e8re dont les studios Disney construisaient et construisent encore leurs r\u00e9cits.<\/p>\n<p>Dans cet album, nous sommes en p\u00e9riode de crise, de r\u00e9cession. Plus de boulot pour personne, mais des margoulins qui profitent de la situation, et la pauvret\u00e9 ambiante, pour exproprier tout le monde et se lancer dans la construction d\u2019un projet immobilier uniquement destin\u00e9 \u00e0 ceux qui ont de l\u2019argent, de la richesse, du pouvoir. Le caf\u00e9 zombo, qui donne son titre \u00e0 ce livre, c\u2019est une mixture qui drogue les ouvriers pour qu\u2019ils fournissent un travail sans rousp\u00e9tance !<\/p>\n<p>C\u2019est bien de notre monde et de notre \u00e9poque que nous parle ce bouquin. Mais il le fait avec humour, un humour d\u00e9brid\u00e9 et quelque peu surr\u00e9aliste parfois. On a parfois l\u2019impression que le Mickey de Loisel doit autant \u00e0 Disney qu\u2019\u00e0 Avery ou Chaplin : humour, satire sociale, tendresse aussi, et cr\u00e9ation d\u2019un univers totalement personnel.<\/p>\n<p>Sous des aspects \u00a0\u00bb l\u00e9gers \u00ab\u00a0, Loisel r\u00e9ussira toujours \u00e0 \u00e9tonner ses lecteurs, \u00e0 se retrouver l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attendait pas !&#8230;<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"rtbf-paragraph  clearfix\">\n<header>\n<h2 class=\"rtbf-paragraph__title\">Int\u00e9grale de Druillet : Vuzz, Yraga\u00ebl et Urm Le Fou (\u00e9diteur : Gl\u00e9nat)<\/h2>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-241\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/46002f6e892dea72895b21ae268a0328-1482944277.jpg?resize=768%2C1024\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/46002f6e892dea72895b21ae268a0328-1482944277.jpg?w=770&amp;ssl=1 770w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/46002f6e892dea72895b21ae268a0328-1482944277.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/46002f6e892dea72895b21ae268a0328-1482944277.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<\/header>\n<\/div>\n<p><em>Yragael &#8211; \u00a9 Gl\u00e9nat<\/em><\/p>\n<p>Philippe Druillet fait lui aussi partie de la toute grande histoire de la bande dessin\u00e9e, cet amusement populaire devenant, dans les ann\u00e9es 70, un art \u00e0 part enti\u00e8re, le neuvi\u00e8me.<\/p>\n<p>Nombreux sont les lecteurs de Pilote qui, comme moi, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9bahis de trouver dans les pages de leur magazine des histoires aux couleurs puissantes, au graphisme cr\u00e9ant une esp\u00e8ce de calligraphie au service d\u2019un univers jamais vu auparavant dans aucun album de bd !<\/p>\n<p>Ce furent Lone Sloane, Yraga\u00ebl, Urm\u2026 Et c\u2019\u00e9tait un peu comme si, subitement, la peinture et ses outrances possibles et m\u00eame essentielles jaillissaient dans la presse pour jeunes.<\/p>\n<p>R\u00e9sumer ces histoires tient de l\u2019impossible, et c\u2019\u00e9taient, et ce sont toujours, des livres qu\u2019on regarde plus qu\u2019on lit, dans lesquels le regard du lecteur a une plus grande importance que son esprit d\u2019analyse. Druillet, c\u2019est du lyrisme, c\u2019est de la d\u00e9mesure, ce sont des paysages improbables mais extr\u00eamement vivants et vibrants, ce sont des m\u00e9langes de couleurs \u00e9tonnantes, inattendues toujours, d\u00e9stabilisantes surtout. Druillet, bien s\u00fbr, ce sont aussi des histoires racont\u00e9es, un peu \u00e0 la mani\u00e8re des grandes sagas nordiques, mais adapt\u00e9es dans un monde de science-fiction m\u00eal\u00e9e d\u2019un fantastique \u00e0 la Lovercraft.<\/p>\n<p>Et voici donc que se r\u00e9\u00e9ditent (enfin !&#8230;.), et de mani\u00e8re parfaite au niveau des couleurs et des compositions, Yraga\u00ebl et Urm, les albums les plus repr\u00e9sentatifs peut-\u00eatre de ce que fut l\u2019apport de Druillet \u00e0 la bd.<\/p>\n<p>Quittant Pilote, il a cr\u00e9\u00e9, avec Giraud et Dionnet, le mensuel M\u00e9tal Hurlant et les \u00e9ditions des Humano\u00efdes associ\u00e9s. Et ce fut l\u00e0, dans l\u2019aventure de ce magazine absolument somptueux, que la bd SF se vit offrir ses plus belles lettres de noblesse.<\/p>\n<p>Il y avait un style M\u00e9tal Hurlant, tant dans le dessin, d\u2019ailleurs, que dans le contenu \u00e9ditorial. Et ce style, proche de celui de Giraud devenant Moebius, on le retrouve dans l\u2019autre album consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9\u00e9dition des \u0153uvres de Druillet : Vuzz. L\u00e0, pas de couleurs, mais du noir et blanc presque \u00e9pur\u00e9, l\u00e0, pas de grandes fresques mettant en lutte des personnages nombreux, mais la pr\u00e9sence centrale d\u2019un seul antih\u00e9ros dont les seules n\u00e9cessit\u00e9s sont de se nourrir et de prendre du plaisir. Ce livre est, en quelque sorte, un portrait d\u00e9cal\u00e9 d\u2019un monde post-apocalyptique, d\u2019une \u00e9vidente d\u00e9shumanisation, un portrait \u00e0 la fois d\u00e9sabus\u00e9 et plein d\u2019un humour f\u00e9roce.<\/p>\n<p>R\u00e9\u00e9diter Druillet, avec la qualit\u00e9 de ces deux r\u00e9\u00e9ditions-ci, c\u2019est faire \u0153uvre de reconnaissance d\u2019un artiste \u00e0 part enti\u00e8re qui a, de temps en temps, choisi la bande dessin\u00e9e comme terreau de son sens aigu de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-242\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/91004800a1a5045ab02fa7d1293a1b51-1482944388.jpg?resize=768%2C1019\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1019\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/91004800a1a5045ab02fa7d1293a1b51-1482944388.jpg?w=770&amp;ssl=1 770w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/91004800a1a5045ab02fa7d1293a1b51-1482944388.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/91004800a1a5045ab02fa7d1293a1b51-1482944388.jpg?resize=768%2C1019&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<p><em>vuzz &#8211; \u00a9 Gl\u00e9nat<\/em><\/p>\n<p>Ces trois livres surprennent\u2026 Loisel, dessinateur d&rsquo;aujourd\u2019hui, Druillet, dessinateur complexe d\u2019hier et d\u2019avant-hier, se rejoignent ainsi dans une conception du neuvi\u00e8me art qui en souligne, d\u2019abord et avant tout, la vari\u00e9t\u00e9 et les mille diff\u00e9rences.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9gis Loisel se plonge dans l\u2019univers de Disney, tandis que se r\u00e9\u00e9ditent les \u0153uvres magistrales de Philippe Druillet : des livres \u00e9tonnants que tout b\u00e9d\u00e9phile se doit de conna\u00eetre !&#8230; Jacques Schra\u00fbwen Mickey Mouse : Caf\u00e9 \u00ab Zombo \u00bb (auteur : R\u00e9gis Loisel \u2013 \u00e9diteur : Gl\u00e9nat) Caf\u00e9 zombo &#8211; \u00a9 Gl\u00e9nat R\u00e9gis Loisel, c\u2019est, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":239,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[36],"tags":[],"class_list":["post-238","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bd-diverses"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/c1c60211c9f6b4c45e09a0b93e4a0488-1482943576.jpg?fit=1248%2C701&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8dqsu-3Q","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=238"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/238\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":245,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/238\/revisions\/245"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/239"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}