{"id":248,"date":"2016-12-31T16:33:04","date_gmt":"2016-12-31T15:33:04","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=248"},"modified":"2016-12-31T16:33:04","modified_gmt":"2016-12-31T15:33:04","slug":"canardo-et-les-lulus-deux-livres-sombres-pour-bien-terminer-lannee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2016\/12\/31\/canardo-et-les-lulus-deux-livres-sombres-pour-bien-terminer-lannee\/","title":{"rendered":"Canardo et Les Lulus : deux livres sombres pour bien terminer l&rsquo;ann\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div class=\"rtbf-paragraph\">\n<p>Chaque lecture est un voyage. Je vous en propose deux qui ne se contentent pas de suivre les chemins tout trac\u00e9s du simple d\u00e9lassement\u2026 Deux excellents livres pour commencer l&rsquo;ann\u00e9e avec intelligence et plaisir!&#8230;<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"rtbf-paragraph  clearfix\">\n<header>\n<h2 class=\"rtbf-paragraph__title\">Canardo : 24. La Mort aux Yeux Verts (dessin : Pascal Regnauld \u2013 sc\u00e9nario : Beno\u00eet et Hugo Sokal \u2013 couleurs : Hugo Sokal \u2013 \u00e9diteur : Casterman)<\/h2>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-250\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/208b8e72adfd3cdbeac6d7b2e20fb97c-1483162893.jpg?resize=768%2C1030\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1030\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/208b8e72adfd3cdbeac6d7b2e20fb97c-1483162893.jpg?w=770&amp;ssl=1 770w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/208b8e72adfd3cdbeac6d7b2e20fb97c-1483162893.jpg?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/208b8e72adfd3cdbeac6d7b2e20fb97c-1483162893.jpg?resize=768%2C1030&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/208b8e72adfd3cdbeac6d7b2e20fb97c-1483162893.jpg?resize=763%2C1024&amp;ssl=1 763w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<\/header>\n<\/div>\n<p><em>Canardo &#8211; \u00a9 Casterman<\/em><\/p>\n<div class=\"rtbf-paragraph  clearfix\">\n<p>Canardo, c\u2019est une des vraies s\u00e9ries mythiques de la bande dessin\u00e9e. Une bd, depuis 24 albums maintenant, qui nous montre des animaux totalement humanis\u00e9s, et donc vecteurs de trahison, d\u2019amiti\u00e9, de folie, de routines, tels des parall\u00e8les de nos humaines r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans l\u2019album pr\u00e9c\u00e9dent, il \u00e9tait question de traite des \u00eatres humains, des femmes surtout, par un membre plus que d\u00e9prav\u00e9 d\u2019une noblesse au pouvoir dans un petit pays appel\u00e9 le Belgambourg. Il \u00e9tait question aussi de morts brutales, d\u2019immigration clandestine venue d\u2019un pays voisin et quelque peu sous-d\u00e9velopp\u00e9 : la Wallonie.<\/p>\n<p>Ce livre-ci, qui s\u2019ouvre sur l\u2019enterrement d\u2019un ami du d\u00e9tective priv\u00e9 Canardo, est la suite de \u00a0\u00bb Mort sur le lac \u00a0\u00bb : m\u00eames personnages, m\u00eames d\u00e9sespoirs quotidiens, m\u00eames innommables politiques.<\/p>\n<p>Je ne vais pas vous r\u00e9sumer un r\u00e9cit riche en rebondissements, comme toujours avec Canardo.<\/p>\n<p>Mais je tiens \u00e0 souligner la qualit\u00e9 \u00e0 la fois du dessin et du sc\u00e9nario. Les trois auteurs forment, sans aucun doute, un groupe parfaitement homog\u00e8ne et intimement plong\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 imagin\u00e9e (si peu\u2026) de leur h\u00e9ros.<\/p>\n<p>Il y a chez Canardo tous les poncifs du roman noir \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine, mais augment\u00e9s d\u2019un traitement \u00e0 la L\u00e9o Malet (celui de la triloge noire peut-\u00eatre plus que de Nestor Burma\u2026), voire \u00e0 la Vernon Sullivan. Et, en outre, il y a un dialogue cisel\u00e9, qui n\u2019est pas sans rappeler les phrases de Chandler et, surtout, celles d\u2019Audiard !&#8230; Un Audiard qui serait tr\u00e8s branch\u00e9 t\u00eates couronn\u00e9es, gauchisme bobo, opportunisme de caste\u2026 Ecoutez, par exemple, la grande duchesse du Belgambourg dire ces quelques mots qui pourraient, aujourd\u2019hui, sortir de la bouche de bien des dirigeants : \u00a0\u00bb ici, au Belgambourg, un gauchiste, c\u2019est un type de droite qui estime ne pas \u00eatre bien pay\u00e9 \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb La mort aux yeux verts \u00a0\u00bb est, \u00e0 mon avis, un des meilleurs Canardo, \u00e0 tous les niveaux. Un Canardo qui appelle une suite, certainement, puisqu\u2019une guerre entre Wallonie et Belgambourg y est en pr\u00e9paration\u2026<\/p>\n<p>Entre cynisme social et sombre lucidit\u00e9, entre vie en totale d\u00e9liquescence et morts plurielles et brutales, Canardo est un de ces anti-h\u00e9ros dont il ne faut rater aucune des aventures, croyez-moi !<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"rtbf-paragraph  clearfix\">\n<header>\n<h2 class=\"rtbf-paragraph__title\">La Guerre des Lulus : 4. 1917 \u2013 La D\u00e9chirure (dessin : Hardoc \u2013 sc\u00e9nario : R\u00e9gis Hauti\u00e8re \u2013 \u00e9diteur : Casterman)<\/h2>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-251\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/8d2320ad3ed2a4d23ecfce276d503a2a-1483163104.jpg?resize=768%2C1022\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1022\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/8d2320ad3ed2a4d23ecfce276d503a2a-1483163104.jpg?w=770&amp;ssl=1 770w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/8d2320ad3ed2a4d23ecfce276d503a2a-1483163104.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/8d2320ad3ed2a4d23ecfce276d503a2a-1483163104.jpg?resize=768%2C1022&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/8d2320ad3ed2a4d23ecfce276d503a2a-1483163104.jpg?resize=769%2C1024&amp;ssl=1 769w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<\/header>\n<\/div>\n<p><em>la guerre des lulus &#8211; \u00a9 Casterman<\/em><\/p>\n<p>R\u00e9gis\u00a0 Hauti\u00e8re et Hardoc : un duo bien rod\u00e9 d\u2019auteurs soucieux tous deux de ne pas se contenter, pour raconter une histoire, de suivre les traces d\u00e9j\u00e0 creus\u00e9es par d\u2019autres.<\/p>\n<p>C\u2019est la guerre 14\/18 qui est au centre de cette s\u00e9rie. Au centre, oui, parce qu\u2019elle est omnipr\u00e9sente. Mais elle n\u2019est, finalement, que le moteur d\u2019une aventure humaine v\u00e9cue par quelques enfants que l\u2019horreur et la violence ont perdus sur les routes \u00e0 la fois de l\u2019aventure et de l\u2019exil, de la peur et du courage, de la qu\u00eate intimiste et de l\u2019esp\u00e9rance r\u00e9fl\u00e9chie.<\/p>\n<p>Dans ce volume-ci, nous sommes en 1917. Les cinq enfants qui ont, il y a trois ans, quitt\u00e9 leur orphelinat \u00e0 l\u2019approche des forces allemandes, sont toujours en fuite. Un train, pris par hasard, les a men\u00e9s en Allemagne. Un autre train, toujours pris au hasard, les conduit en Belgique.<\/p>\n<p>L\u2019enfance qui \u00e9tait la leur il y a si peu de temps encore n\u2019est plus qu\u2019une apparence. Les corps et les \u00e2mes ont vieilli. L\u2019angoisse, la peur, le combat quotidien pour survivre en dehors d\u2019un monde qui, en d\u00e9finitive, ne veut pas d\u2019eux, tout cela ne fait pas des Lulus des adultes, certes, mais ils sont d\u00e9j\u00e0 tous au-del\u00e0 de l\u2019adolescence.<\/p>\n<p>Et c\u2019est l\u00e0 la force de cette s\u00e9rie, c\u2019est que tout est vu \u00e0 hauteur d\u2019enfance d\u2019abord, d\u2019adolescence ensuite, et, ici, au fil d\u2019une narration quelque peu \u00e9clat\u00e9e et annonciatrice, d\u00e9j\u00e0, des albums qui vont suivre, \u00e0 hauteur de presque adulte. Et qui dit adulte dit compromission, l\u00e2chet\u00e9, trahison\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est bien de tout cela, oui, qu\u2019il s\u2019agit dans cette d\u00e9chirure.<\/p>\n<p>Et les Lulus auront-ils la force et la conviction n\u00e9cessaire pour d\u00e9passer cet \u00e2ge qui n\u2019est pour eux qu\u2019hantise ? Sauront-ils apprivoiser le monde et en faire un alli\u00e9 \u00e0 leur construction personnelle ?<\/p>\n<p>R\u00e9gis Hauti\u00e8re est un sc\u00e9nariste que j\u2019ai toujours aim\u00e9 pour l\u2019intelligence de ses histoires, pour l\u2019importance qu\u2019il accorde, toujours, \u00e0 ses personnages : aucun d\u2019eux n\u2019est une silhouette, tous existent, tous , m\u00eame, nous sont comme des miroirs.<\/p>\n<p>Le dessin de Hardoc reste pareil \u00e0 lui-m\u00eame : entre r\u00e9alisme et caricature, entre tendresse et horreur. Et son talent est de faire vieillir, d\u2019album en album, physiquement, tous ses h\u00e9ros. C\u2019est cette osmose entre\u00a0graphisme et sc\u00e9nario, peut-\u00eatre, qui fait la vraie puissance de cette s\u00e9rie, une s\u00e9rie qui r\u00e9ussit \u00e0 nous parler de la guerre, et de nous en parler bien, avec \u00e9motion et intelligence, et ce sans vraiment la montrer !<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque lecture est un voyage. Je vous en propose deux qui ne se contentent pas de suivre les chemins tout trac\u00e9s du simple d\u00e9lassement\u2026 Deux excellents livres pour commencer l&rsquo;ann\u00e9e avec intelligence et plaisir!&#8230; Jacques Schra\u00fbwen Canardo : 24. 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