{"id":270,"date":"2017-01-06T11:52:30","date_gmt":"2017-01-06T10:52:30","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=270"},"modified":"2017-01-06T11:58:59","modified_gmt":"2017-01-06T10:58:59","slug":"la-deconfiture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2017\/01\/06\/la-deconfiture\/","title":{"rendered":"La D\u00e9confiture"},"content":{"rendered":"<p>Juin 1940 : la fin de ce que certains historiens ont appel\u00e9 pompeusement \u00a0\u00bb la bataille de France \u00a0\u00bb se dessine au quotidien de quelques soldats perdus dans une d\u00e9b\u00e2cle sans r\u00e9mission. C\u2019est ce que nous raconte ce livre, \u00e0 la fois pudique, souriant, et terrible !<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-272\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/e764d8354c8d2934c540d707f42d6dc4-1483695421.jpg?resize=768%2C1038\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1038\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/e764d8354c8d2934c540d707f42d6dc4-1483695421.jpg?w=770&amp;ssl=1 770w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/e764d8354c8d2934c540d707f42d6dc4-1483695421.jpg?resize=222%2C300&amp;ssl=1 222w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/e764d8354c8d2934c540d707f42d6dc4-1483695421.jpg?resize=768%2C1038&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/e764d8354c8d2934c540d707f42d6dc4-1483695421.jpg?resize=757%2C1024&amp;ssl=1 757w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<figure class=\"www-media custom_large www-media--last js-gallery-figure\"><figcaption class=\"www-media-caption\"><em><span class=\"www-media-caption__text\">La d\u00e9confiture &#8211; \u00a9 Futuropolis<\/span><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Des livres consacr\u00e9s \u00e0 la guerre qu\u2019on dit seconde comme si, depuis, il n\u2019y en avait plus eu, cela ne manque pas ! Entre le lyrisme de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme et la douleur de l\u2019innommable, tous les th\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s. Et il n\u2019est pas \u00e9vident de trouver une voie originale pour parler de cette \u00e9poque qui, de nos jours encore, laisse des traces profondes dans notre soci\u00e9t\u00e9, et dans notre mani\u00e8re de vivre et de penser.<\/p>\n<p>Tardi y est parvenu, avec le r\u00e9cit qu\u2019il a fait du stalag o\u00f9 s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9 son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Rabat\u00e9, ici, dans cette \u00a0\u00bb d\u00e9confiture \u00ab\u00a0, y parvient aussi, parfaitement.<\/p>\n<p>On peut parler de proximit\u00e9, d\u2019ailleurs, entre ces deux auteurs. Par l\u2019axiome qui est le leur, d\u2019abord, de ne vouloir voir la grande Histoire qu\u2019au travers du prisme de l\u2019individu. Par le dessin, ensuite, qui prend le choix d\u2019\u00e9viter les effets et de rendre compte, en noir et blanc, d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 observable.<\/p>\n<p>C\u2019est donc loin des aventures h\u00e9ro\u00efco-militaires que nous entra\u00eene cet album. Nous accompagnons simplement, au fil des pages, les errances de Videgrain, instituteur dans le civil, et militaire d\u00e9sabus\u00e9 au pr\u00e9sent d\u2019un quotidien sans aucune gloire.<\/p>\n<p>La d\u00e9b\u00e2cle est partout : dans le mat\u00e9riel inadapt\u00e9, dans les civils crois\u00e9s qui rejettent l\u2019arm\u00e9e et son incomp\u00e9tence, dans les morts qui jonchent les routes, dans les bombardements allemands, aveugles et d\u00e9sesp\u00e9rants pour les errants d\u2019une guerre perdue.<\/p>\n<p>Rabat\u00e9 a fait de ce personnage le guide de ses lecteurs. C\u2019est au travers de son regard, de ses r\u00e9flexions, de ses rencontres qu\u2019on d\u00e9couvre l\u2019envers du d\u00e9cor, la r\u00e9alit\u00e9, simplement, de ce qu\u2019est une d\u00e9faite humaine v\u00e9cue \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un pays. D\u2019une culture\u2026<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-273\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/ff4ab39ee32b054333389d0918f54eb9-1483695620.jpg?resize=768%2C641\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"641\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/ff4ab39ee32b054333389d0918f54eb9-1483695620.jpg?w=770&amp;ssl=1 770w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/ff4ab39ee32b054333389d0918f54eb9-1483695620.jpg?resize=300%2C251&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/ff4ab39ee32b054333389d0918f54eb9-1483695620.jpg?resize=768%2C641&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<figure class=\"www-media custom_large www-media--last js-gallery-figure\"><figcaption class=\"www-media-caption\"><em><span class=\"www-media-caption__text\">La d\u00e9confiture &#8211; \u00a9 Futuropolis<\/span><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Mais qu\u2019on ne se trompe pas, Pascal Rabat\u00e9 ne nous impose pas, dans ce qui doit \u00eatre le premier tome d\u2019un diptyque, un pensum philosophique. Il est observateur, simplement. Sans jamais \u00eatre manich\u00e9en, il nous montre un monde qui n\u2019est plus, un univers qui s\u2019autod\u00e9truit, et il le fait par petites touches tant\u00f4t intimistes, tant\u00f4t plus g\u00e9n\u00e9ralistes, mais toutes d\u2019abord et avant tout humaines. Et c\u2019est pour cela que, dans ce livre, plus que les situations d\u00e9crites et racont\u00e9es, aussi horribles soient-elles par l\u2019habitude de l\u2019horreur qu\u2019elles provoquent chez les militaires en d\u00e9route, plus que l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel, ce qui frappe dans cette \u00a0\u00bb D\u00e9confiture \u00ab\u00a0, ce sont le texte et les dialogues.<\/p>\n<p>Pascal Rabat\u00e9 est un dessinateur au dessin extr\u00eamement clair, au graphisme se refusant \u00e0 multiplier les d\u00e9cors et les d\u00e9tails qui ne pourraient que r\u00e9duire la pr\u00e9sence des personnages. Il est aussi un dialoguiste chevronn\u00e9, qui r\u00e9ussit \u00e0 ce que chaque protagoniste ait son propre langage. A ce titre, on peut dire que son talent d\u2019auteur de BD se rapproche de l\u2019art cin\u00e9matographique, tant par le d\u00e9coupage que par le soin pris \u00e0 ce que tous les r\u00f4les aient une importance et soient mis en valeur, m\u00eame et surtout ceux que l\u2019on dit seconds\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juin 1940 : la fin de ce que certains historiens ont appel\u00e9 pompeusement \u00a0\u00bb la bataille de France \u00a0\u00bb se dessine au quotidien de quelques soldats perdus dans une d\u00e9b\u00e2cle sans r\u00e9mission. C\u2019est ce que nous raconte ce livre, \u00e0 la fois pudique, souriant, et terrible ! 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