{"id":2742,"date":"2018-12-02T21:07:41","date_gmt":"2018-12-02T20:07:41","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=2742"},"modified":"2018-12-02T21:07:41","modified_gmt":"2018-12-02T20:07:41","slug":"larabe-du-futur-4-une-jeunesse-au-moyen-orient-1987-1992","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/12\/02\/larabe-du-futur-4-une-jeunesse-au-moyen-orient-1987-1992\/","title":{"rendered":"L\u2019Arabe Du Futur 4 \u2013 Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992)"},"content":{"rendered":"<p>Riad Sattouf continue \u00e0 nous parler de lui\u2026 et de notre monde, en m\u00eame temps\u00a0! Un \u00ab\u00a0journal\u00a0\u00bb dessin\u00e9 qui se d\u00e9marque par sa lucidit\u00e9, son intelligence, son humanisme\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe0.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2743\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe0.jpg?resize=640%2C448\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"448\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe0.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe0.jpg?resize=300%2C210&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>L\u2019Arabe Du Futur 4 \u00a9 Allary Editions<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il n\u2019y a, disait (entre autres) Brel, que les imb\u00e9ciles qui ne changent jamais d\u2019avis\u2026<br \/>\nEt j\u2019avoue que les livres de Riad Sattouf ne m\u2019attiraient en aucune mani\u00e8re. Bien s\u00fbr, je les avais ouverts, feuillet\u00e9s, mais sans jamais avoir envie de m\u2019y arr\u00eater, le temps d\u2019une lecture.<br \/>\nEt, avec ce quatri\u00e8me volume de son \u00ab\u00a0journal\u00a0\u00bb, je me suis finalement d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 oublier mes pr\u00e9jug\u00e9s graphiques et \u00e0 lire (un peu distraitement\u2026) les premi\u00e8res pages. Et puis, avec de moins en moins de distraction\u2026 Et enfin, avec un plaisir encore plus total du fait qu\u2019il m\u2019\u00e9tait inattendu\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-2744\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg?resize=729%2C935\" alt=\"\" width=\"729\" height=\"935\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg?w=1591&amp;ssl=1 1591w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg?resize=234%2C300&amp;ssl=1 234w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg?resize=768%2C985&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg?resize=799%2C1024&amp;ssl=1 799w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe1.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 729px) 100vw, 729px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>L\u2019Arabe Du Futur 4 \u00a9 Allary Editions<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est de lui que parle Riad Sattouf. De son enfance, de sa fa\u00e7on de vivre avec des parents \u00a0\u00bb\u00a0mixtes\u00a0\u00ab\u00a0, selon l\u2019expression (un peu stupide) consacr\u00e9e\u2026<br \/>\nUne m\u00e8re fran\u00e7aise, un p\u00e8re arabe. Une m\u00e8re qui \u00e9prouve toutes les peines du monde \u00e0 nouer les deux bouts, un p\u00e8re professeur qui de plus en plus quitte la maison pour aller travailler au Moyen-Orient. Et y devenir de plus en plus croyant, d\u2019une foi m\u00eal\u00e9e de pr\u00e9ceptes, de lois, de rumeurs, de racismes pluriels, de haines de plus en plus assum\u00e9es. Une foi qui, tout compte fait, n\u2019est pas plus \u00a0\u00bb\u00a0lourde\u00a0\u00a0\u00bb que la volont\u00e9 machiste du grand-p\u00e8re maternel fran\u00e7ais de Riad de le voir draguer les filles pour devenir \u00a0\u00bb\u00a0un homme\u00a0\u00ab\u00a0.<br \/>\nDeux cultures en partage, en h\u00e9ritage m\u00eame, celle de l\u2019Europe et celle de l\u2019Afrique du Nord, deux univers dans lesquels ce jeune gar\u00e7on devenant peu \u00e0 peu adolescent ne se sent nullement \u00e0 l\u2019aise.<br \/>\nDans ce quatri\u00e8me volume, on parle de la vie sociale, en France comme au Moyen-Orient,\u00a0d\u2019un contexte\u00a0politico-historique qui fait s\u2019opposer les Occidentaux et le r\u00e9gime de Saddam Hussein. D\u2019un Moyen-Orient qui peu \u00e0 peu se plonge dans un int\u00e9grisme dont on conna\u00eet aujourd\u2019hui les tristes et inacceptables d\u00e9rives.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe2.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2745\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe2.jpg?resize=640%2C540\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"540\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe2.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe2.jpg?resize=300%2C253&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>L\u2019Arabe Du Futur 4 \u00a9 Allary Editions<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce livre, cette \u00a0\u00bb\u00a0s\u00e9rie\u00a0\u00a0\u00bb plut\u00f4t, se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un \u00a0\u00bb\u00a0Journal\u00a0\u00ab\u00a0, au sens le plus noble du terme. Un Journal graphique, un journal dessin\u00e9.<br \/>\nNombre d\u2019\u00e9crivains, depuis le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, ont ainsi longuement r\u00e9dig\u00e9 le compte-rendu plus ou moins litt\u00e9raire de leur existence. Qu\u2019est-ce qui fait que la grande majorit\u00e9 de ces journaux est aujourd\u2019hui totalement oubli\u00e9e, alors que certains d&rsquo;entre eux, tr\u00e8s peu, ont travers\u00e9 le temps pour continuer \u00e0 \u00e9blouir les lecteurs\u00a0d\u2019aujourd\u2019hui? \u2026 C\u2019est que, tout simplement, des auteurs comme L\u00e9autaud, Gide, Renard sont des \u00a0\u00bb\u00a0VRAIS\u00a0\u00a0\u00bb auteurs, qui pratiquent un langage qui leur est totalement propre, avec des qualit\u00e9s litt\u00e9raires que personne ne peut nier, et que m\u00eame en nous parlant de leur quotidien, c\u2019est toujours de nous aussi qu\u2019ils parlent.<br \/>\nIl en va de m\u00eame avec la bande dessin\u00e9e, de nos jours. Un neuvi\u00e8me art qui, reconnaissons-le, en multipliant ce genre de productions plus ou moins nombrilistes multiplie\u00a0les \u0153uvres vides et inutiles\u00a0!<br \/>\nPour qu\u2019un journal en BD puisse avoir une chance de traverser les ann\u00e9es, il lui faut, \u00e0 la base, de v\u00e9ritables qualit\u00e9s. Le contenu, bien entendu, le texte, \u00e9videmment, le dessin en osmose avec les mots et, essentiellement, que le propos de l\u2019auteur ne soit pas uniquement un miroir dans lequel il se contente de se regarder.<br \/>\nEt, \u00e0 ce titre, sans aucun doute possible, Riad Sattouf ne ressemble nullement \u00e0 tous ces t\u00e2cherons qui ne savent ni dessiner ni \u00e9crire et qui croient (et une certaine critique bobo avec eux) primordial de nous parler de leurs quotidiens sans int\u00e9r\u00eat, et de le faire avec des dessins sans \u00e2me\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe3.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2746\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe3.jpg?resize=648%2C319\" alt=\"\" width=\"648\" height=\"319\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe3.jpg?w=648&amp;ssl=1 648w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe3.jpg?resize=300%2C148&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 648px) 100vw, 648px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>L\u2019Arabe Du Futur 4 \u00a9 Allary Editions<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Riad Sattouf est\u00a0 un v\u00e9ritable auteur, pleinement, totalement. Et, oui,\u00a0 je m\u2019en veux d\u2019\u00eatre pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son \u0153uvre depuis si longtemps!<br \/>\nSon dessin est simple, mais d\u2019une souplesse extraordinaire, le tout dans un d\u00e9coupage qui lui permet de mettre ici en \u00e9vidence les traits caricaturaux et expressifs de ses personnages, l\u00e0 de nous montrer un paysage, un d\u00e9cor, un mur qui s\u2019effrite, une cour de r\u00e9cr\u00e9ation, une \u00e9cole d\u00e9labr\u00e9e\u2026<br \/>\nSon texte, lui, sous des aspects tr\u00e8s simples aussi, parvient \u00e0 nous restituer l\u2019\u00e2me de chaque personnage, et de le faire sans manich\u00e9isme et sans nostalgie, avec, tout au contraire, une fa\u00e7on tr\u00e8s douce presque de nous restituer une \u00e9poque, des \u00eatres qui luttent au quotidien pour vivre plus que survivre, m\u00eame face au cancer. C\u2019est\u00a0 d\u2019adolescence que Riad Sattouf nous parle, c\u2019est son adolescence qu\u2019il nous raconte, et il le fait avec pudeur, sans gommer cependant les \u00e9lans du corps qui furent les siens.<br \/>\nEt puis, il y a le travail sur la couleur. Des vignettes presque monochromes, variant leurs tonalit\u00e9s et leurs intensit\u00e9s, rythment l\u2019\u00e9criture graphique, la narration litt\u00e9raire, et la lecture, en bout de course.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe4.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2747\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe4.jpg?resize=424%2C212\" alt=\"\" width=\"424\" height=\"212\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe4.jpg?w=424&amp;ssl=1 424w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/arabe4.jpg?resize=300%2C150&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 424px) 100vw, 424px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>L\u2019Arabe Du Futur 4 \u00a9 Allary Editions<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce \u00a0\u00bb\u00a0journal\u00a0\u00a0\u00bb en bd est un livre important, un livre qui r\u00e9ussit \u00e0 nous faire le portrait d\u2019une \u00e9poque, d\u2019une enfance perdue dans des mondes qu\u2019il ne comprend pas, d\u2019une enfance qui r\u00eave et qui se r\u00e9fugie dans l\u2019ailleurs, dans le dessin, pour faire de ses r\u00eaves des r\u00e9els tangibles.<br \/>\nEt ce faisant, ce livre nous permet, mieux que mille discours politiques ou sociologiques, de comprendre l\u2019int\u00e9grisme, d\u2019en d\u00e9couvrir les errances, les trajets\u2026 Les manipulations\u2026<br \/>\nLes plus vrais des psychologues, comme le disait un de mes professeurs il y a bien longtemps, ne sont pas \u00e0 chercher dans la population des dipl\u00f4m\u00e9s universitaires, mais dans le monde des \u00e9crivains\u2026 Des auteurs de bande dessin\u00e9e, aussi, de nos jours. Et Riad Sattouf fait partie, incontestablement, de ces auteurs, de mots et de dessins, cherchant \u00e0 comprendre le monde et \u00e0 nous le faire comprendre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><br \/>\n<strong>L\u2019Arabe Du Futur 4 \u2013 Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992) (auteur\u00a0: Riad Sattouf \u2013 \u00e9diteur\u00a0: Allary Editions)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Riad Sattouf continue \u00e0 nous parler de lui\u2026 et de notre monde, en m\u00eame temps\u00a0! Un \u00ab\u00a0journal\u00a0\u00bb dessin\u00e9 qui se d\u00e9marque par sa lucidit\u00e9, son intelligence, son humanisme\u00a0! 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