{"id":3296,"date":"2019-03-12T08:30:02","date_gmt":"2019-03-12T07:30:02","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=3296"},"modified":"2019-03-11T21:35:07","modified_gmt":"2019-03-11T20:35:07","slug":"druuna-5-celle-qui-vient-du-vent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2019\/03\/12\/druuna-5-celle-qui-vient-du-vent\/","title":{"rendered":"Druuna : 5. Celle Qui Vient Du Vent"},"content":{"rendered":"\n<p>C\u2019est au milieu des ann\u00e9es 80 qu\u2019est apparue cette h\u00e9ro\u00efne aux courbes voluptueuses. Une femme perdue dans ce qui ressemble \u00e0 un monde post-apocalyptique. Une femme aux nudit\u00e9s affolantes pour tous ceux et toutes celles qu\u2019elle croise. Une femme aujourd\u2019hui de retour ! <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"783\" height=\"1078\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna1-1.jpg?fit=744%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3298\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna1-1.jpg?w=783&amp;ssl=1 783w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna1-1.jpg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna1-1.jpg?resize=768%2C1057&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna1-1.jpg?resize=744%2C1024&amp;ssl=1 744w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>Druuna \u00a9 Serpieri<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Que les choses soient claires, tout de suite : ne me demandez pas de vous r\u00e9sumer cet album, et encore moins ceux qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ! C\u2019est d\u2019ailleurs la grande caract\u00e9ristique de cette s\u00e9rie : \u00eatre devenue mythique malgr\u00e9 un sc\u00e9nario pour le moins herm\u00e9tique ! <\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce qu\u2019on sait, c\u2019est que Druuna, nue le plus souvent, se retrouve, d\u2019album en album, dans des mondes diff\u00e9rents, mais tous marqu\u00e9s par une ambiance d\u2019horreur \u00e9vidente, par une sensation constante qu\u2019une catastrophe a pratiquement d\u00e9truit toute l\u2019humanit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna2a.jpg?resize=547%2C665\" alt=\"\" class=\"wp-image-3299\" width=\"547\" height=\"665\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna2a.jpg?w=264&amp;ssl=1 264w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna2a.jpg?resize=247%2C300&amp;ssl=1 247w\" sizes=\"auto, (max-width: 547px) 100vw, 547px\" \/><figcaption><br>Druuna \u00a9 Serpieri<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Et dans ces mondes, cette femme plus que gironde, \u00e0 la poitrine et \u00e0 la croupe imposantes, \u00e0 la beaut\u00e9 exhib\u00e9e sous toutes ses coutures, cette femme aux sensualit\u00e9s exacerb\u00e9es cherche \u00e0 survivre. Elle le fait de rencontre en rencontre, elle le fait en se donnant, en subissant de m\u00e2les assauts de toutes sortes, souvent monstrueux. On ne peut vraiment pas dire de Druuna qu\u2019elle est le symbole du f\u00e9minisme, loin s\u2019en faut ! Mais elle est le symbole de la lutte, \u00e0 tout prix, pour exister, pour que subsiste, m\u00eame dans l\u2019horrible, la sensation et, qui sait, la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019amour\u2026 M\u00eame si cet amour n\u2019est, finalement, que charnel \u00e0 chaque fois.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"650\" height=\"893\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna3.jpg?resize=650%2C893\" alt=\"\" class=\"wp-image-3300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna3.jpg?w=650&amp;ssl=1 650w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna3.jpg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><figcaption><br>Druuna \u00a9 Serpieri<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Il faut d\u2019ailleurs reconna\u00eetre que le succ\u00e8s de cette s\u00e9rie tient \u00e0 ce qui sous-tend toute sa narration, graphique surtout : l\u2019\u00e9rotisme. Voire m\u00eame la pornographie, reconnaissons-le !&#8230; Mais pour Serpieri, comme pour Manara, comme pour Crepax avant eux, l\u2019\u00e9rotisme, m\u00eame hard, n\u2019est jamais une finalit\u00e9. C\u2019est un moyen, narratif et graphique, pour raconter plus qu\u2019une histoire, pour raconter et montrer un plaisir\u2026 Le plaisir de dessiner la chair, de lui donner vie sur le papier, de lui offrir des reliefs insens\u00e9s.  <\/p>\n\n\n\n<p>Comme Manara et Crepax, Serpieri, au travers de son sc\u00e9nario, aussi difficile d\u2019acc\u00e8s puisse-t-il \u00eatre, parvient, au-del\u00e0 d\u2019un simple r\u00e9cit, \u00e0 agripper le lecteur par les th\u00e8mes qu\u2019il aborde. <\/p>\n\n\n\n<p>Et dans ce cinqui\u00e8me opus, Serpieri abandonne le hard, se contente en quelque sorte d\u2019un \u00e9rotisme torride, certes, mais sans provocation, pour revenir \u00e0 ses premi\u00e8res passions dessin\u00e9es, par exemple, le western. Pour parler, aussi, de la religion, aujourd\u2019hui, en faisant dire \u00e0 un de ses personnages : \u00ab plus personne ne respecte l\u2019autorit\u00e9 spirituelle \u00bb. Pour, en utilisant un langage \u00e0 la fois psychologique et pseudo-scientifique, faire dire \u00e0 un autre de ses personnages que les machines, omnipr\u00e9sentes dans cet album, sont l\u00e0 \u00ab pour sauvegarder l\u2019humain, ou du moins ce qu\u2019il en reste dans le monde \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"1138\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna4.jpg?fit=768%2C874\" alt=\"\" class=\"wp-image-3301\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna4.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna4.jpg?resize=264%2C300&amp;ssl=1 264w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna4.jpg?resize=768%2C874&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/druuna4.jpg?resize=900%2C1024&amp;ssl=1 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption><br>Druuna \u00a9 Serpieri<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ce cinqui\u00e8me album des aventures de Druuna est donc tr\u00e8s diff\u00e9rent des pr\u00e9c\u00e9dents. C\u2019est un livre qui nous parle de la m\u00e9moire, de son retour, par \u00e0-coups, de ses vides. C\u2019est un livre qui nous envo\u00fbte en nous plongeant dans la spirale du temps. C\u2019est un livre qui nous parle de nos pr\u00e9sents et de nos pass\u00e9s en r\u00e9inventant le r\u00e9el jusqu\u2019\u00e0 l\u2019horreur. C\u2019est un livre de science-fiction qui se nourrit de r\u00e9f\u00e9rences de toutes sortes, de Klaus Kinski \u00e0 Einstein.  <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une bd presque surr\u00e9aliste, qui donne l\u2019impression, souvent, d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9e et \u00e9crite comme les po\u00e8tes proches de Breton r\u00e9inventaient le forme po\u00e9tique : en usant d\u2019\u00e9criture automatique. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un livre charnel qui nous parle de la virtualit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Druuna, je le pense, j\u2019en suis certain, continuera pendant longtemps \u00e0 plaire. Pour son \u00e9rotisme, oui, \u00e9videmment. Mais aussi, et surtout sans doute, parce que c\u2019est une s\u00e9rie BD qu\u2019on ne peut rattacher \u00e0 aucun genre, qu\u2019on ne peut jamais codifier ! <\/p>\n\n\n\n<p>Et ce cinqui\u00e8me \u00ab \u00e9pisode \u00bb est peut-\u00eatre le meilleur, lui qui abandonne la provocation \u00e9rotique gratuite pour ne plus laisser la place qu\u2019\u00e0 une essentielle sensualit\u00e9 ! <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Druuna : 5. Celle Qui Vient Du Vent (auteur : Paolo Eleuteri Serpieri \u2013 \u00e9diteur : Gl\u00e9nat\/Lo Scarabeo)<\/strong> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est au milieu des ann\u00e9es 80 qu\u2019est apparue cette h\u00e9ro\u00efne aux courbes voluptueuses. Une femme perdue dans ce qui ressemble \u00e0 un monde post-apocalyptique. Une femme aux nudit\u00e9s affolantes pour tous ceux et toutes celles qu\u2019elle croise. Une femme aujourd\u2019hui de retour ! 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