{"id":3340,"date":"2019-03-19T09:49:49","date_gmt":"2019-03-19T08:49:49","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=3340"},"modified":"2019-03-19T09:49:50","modified_gmt":"2019-03-19T08:49:50","slug":"la-venin-1-deluge-de-feu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2019\/03\/19\/la-venin-1-deluge-de-feu\/","title":{"rendered":"La Venin : 1. D\u00e9luge De Feu"},"content":{"rendered":"\n<p>Un western au f\u00e9minin pluriel : baladez-vous dans une maison close, dans des saloons louches, et d\u00e9couvrez la puissance de la vengeance ! Et une femme sans doute plus dangereuse qu\u2019un crotale !&#8230; <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1134\" height=\"709\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin0.jpg?fit=768%2C480\" alt=\"\" class=\"wp-image-3341\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin0.jpg?w=1134&amp;ssl=1 1134w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin0.jpg?resize=300%2C188&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin0.jpg?resize=768%2C480&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin0.jpg?resize=1024%2C640&amp;ssl=1 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>La Venin \u00a9 Rue de S\u00e8vres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Laurent Astier est un dessinateur extr\u00eamement int\u00e9ressant. On lui doit quelques livres marquants, comme \u00a0\u00bb Face au mur \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb Comment faire fortune en juin 40 \u00ab\u00a0. Des livres que, d\u2019ailleurs, j\u2019ai eu le plaisir de chroniquer en leur temps\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Et le voici de retour dans un genre qu\u2019il n\u2019avait pas encore abord\u00e9, le western. Avec un dessin qui louche quelque peu du c\u00f4t\u00e9 de Blueberry, Laurent Astier abandonne les paysages urbains et contemporains de ses derniers livres pour nous balader dans des grands espaces, d\u2019une part, dans des lieux sp\u00e9cifiques aussi de cet ouest am\u00e9ricain qui ne fut que rarement un eden\u2026 De saloon en salon bourgeois, de bordel en cimeti\u00e8re, d\u2019\u00e9treinte en chevauch\u00e9e poussi\u00e9reuse, Astier utilise \u00e0 la perfection les codes d\u2019un genre qui revient terriblement (et c\u2019est tant mieux) \u00e0 la mode ! <\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, Laurent Astier conserve sa mani\u00e8re de raconter une histoire. Au-del\u00e0 de l\u2019imagination dont il fait preuve, il a toujours le souci de coller, en m\u00eame temps, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique surtout. Une r\u00e9alit\u00e9 historique fouill\u00e9e, mais qui n\u2019a que le poids d\u2019un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9cor, d\u2019une trame pr\u00e9sente, certes, mais discr\u00e8te\u2026 <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"1071\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin1.jpg?fit=765%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3343\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin1.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin1.jpg?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin1.jpg?resize=768%2C1028&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin1.jpg?resize=765%2C1024&amp;ssl=1 765w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption><br>La Venin \u00a9 Rue de S\u00e8vres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin-western.mp3\"><\/audio><figcaption>Laurent Astier: le western<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin-trame-historique.mp3\"><\/audio><figcaption><br>Laurent Astier: la trame historique<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce western pourrait n\u2019\u00eatre que de facture classique, dans la lign\u00e9e assum\u00e9e de Giraud, si la mani\u00e8re d\u2019aborder cette narration ne se r\u00e9v\u00e9lait originale. Originale, oui, parce que, de fa\u00e7on r\u00e9aliste, c\u2019est aux femmes que Laurent Astier a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019int\u00e9resser, donc de nous int\u00e9resser. Des femmes qui, vivant dans un monde d\u2019hommes au machisme \u00e9vident, se doivent de lutter pour exister et ne pas \u00eatre uniquement des objets\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Du coup, son dessin se fait ici et l\u00e0 plus l\u00e9ger, surtout lorsque ce dessin s\u2019approche du plus pr\u00e8s des visages de ses h\u00e9ro\u00efnes, de son h\u00e9ro\u00efne surtout, la belle Emily. Ce dessin se fait \u00e9galement sensuel et sans tabou lorsque c\u2019est d\u2019amours tarifi\u00e9es qu\u2019il nous parle, lorsque ce sont des \u00e9treintes monnay\u00e9es qu\u2019il nous montre. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y a l\u00e0 une vraie restitution de la vie de la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle et du tout d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle, dans ce pays que l\u2019on disait encore neuf\u2026 Mais il y a surtout, et cela a toujours \u00e9t\u00e9 la force de Laurent Astier, le plaisir qu\u2019il a \u00e0 faire des portraits puissants et soutenus de ses personnages. Des personnages qui, tous, ont du corps, de la pr\u00e9sence, et de l\u2019utilit\u00e9\u2026  Gr\u00e2ce \u00e0 son dessin, oui, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 son sens du dialogue, et \u00e0 sa fa\u00e7on de raconter une histoire, \u00e0 mi-chemin, en quelque sorte, entre John Ford et Sergio Leone. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"800\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin2.jpg?resize=600%2C800\" alt=\"\" class=\"wp-image-3344\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin2.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin2.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption><br>La Venin \u00a9 Rue de S\u00e8vres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin-femmes.mp3\"><\/audio><figcaption><br>Laurent Astier: les femmes<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Quand je parle de trame historique, une trame que l\u2019on d\u00e9couvre d\u2019ailleurs un peu plus en d\u00e9tail dans une sorte de dossier qui termine ce premier volume, je parle aussi d\u2019une sorte d\u2019approche sociologique du monde des maisons closes. Avec la pr\u00e9sence des enfants, des \u00ab filles \u00bb servant de nounous\u2026 Avec des liens de parent\u00e9 qui n\u2019\u00e9taient jamais \u00e9vidents \u00e0 vivre. On n\u2019est pas loin du film \u00ab La Petite \u00bb\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il y a chez Astier un vrai bonheur \u00e0 cacher dans ses dessins quelques r\u00e9f\u00e9rences, ou, mieux encore, \u00e0 placer dans des d\u00e9tails des petits \u00e9clats d\u2019humour. Comme le sourire, furtif, d\u2019une religieuse, \u00e0 la page 49\u2026 Un peu comme une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019excellent western \u00ab Sierra Torride \u00bb \u2026 <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"1071\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin3.jpg?fit=765%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3345\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin3.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin3.jpg?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin3.jpg?resize=768%2C1028&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin3.jpg?resize=765%2C1024&amp;ssl=1 765w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption><br>La Venin \u00a9 Rue de S\u00e8vres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin-humour.mp3\"><\/audio><figcaption><br>Laurent Astier: l&rsquo;humour<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ainsi, \u00e0 partir d\u2019ingr\u00e9dients tout \u00e0 fait traditionnels, Laurent Astier construit un r\u00e9cit endiabl\u00e9 et humain tout  \u00e0 la fois. Il y a les Pinkerton, il y a des meurtres, des humiliations, des Indiens brim\u00e9s, des personnages falots et des femmes qui se lib\u00e8rent de leurs cha\u00eenes, il y a la force de la chair et l\u2019\u00e9trange pr\u00e9sence du d\u00e9sir, il y des  envol\u00e9es lyriques et des couleurs qui ne sont pas sans rappeler celles qui faisaient des albums de Gir ou de Jij\u00e9 des petits chefs d\u2019\u0153uvre.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le dessin de Laurent Astier est d\u2019une belle efficacit\u00e9. Classique, oui, comme je le disais, dans la lign\u00e9e des grands dessinateurs de western des g\u00e9n\u00e9rations anciennes. Mais d\u2019un classicisme qui, de temps \u00e0 autre, au fil des pages, se m\u00eale aussi \u00e0 une influence de la bd japonaise, dans les physionomies, entre autres, ou dans l\u2019accentuation de certains mouvements. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1323\" height=\"1830\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin4.jpg?fit=740%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3346\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin4.jpg?w=1323&amp;ssl=1 1323w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin4.jpg?resize=217%2C300&amp;ssl=1 217w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin4.jpg?resize=768%2C1062&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin4.jpg?resize=740%2C1024&amp;ssl=1 740w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption><br>La Venin \u00a9 Rue de S\u00e8vres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/venin-couleur-dessin.mp3\"><\/audio><figcaption><br>Laurent Astier: couleur et dessin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans ce premier volume, Astier r\u00e9ussit, gr\u00e2ce \u00e0 une construction \u00e9clat\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 un d\u00e9coupage qui m\u00eale les \u00e9poques et en fait des s\u00e9quences narratives, \u00e0 ne pas se contenter de mettre en place les diff\u00e9rents protagonistes de son r\u00e9cit. Il leur donne vie, d\u2019embl\u00e9e, sans temps mort, et son dessin cin\u00e9matographique, avec ses perspectives, ses angles de vue, ses coupures de rythme, tout cela fait merveille et fait de ce premier \u00e9pisode un chapitre dont on attend avec impatience la suite !  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Venin : 1. D\u00e9luge De Feu (auteur : Laurent Astier \u2013 \u00e9diteur : Rue De S\u00e8vres)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un western au f\u00e9minin pluriel : baladez-vous dans une maison close, dans des saloons louches, et d\u00e9couvrez la puissance de la vengeance ! Et une femme sans doute plus dangereuse qu\u2019un crotale !&#8230; Laurent Astier est un dessinateur extr\u00eamement int\u00e9ressant. 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