{"id":4499,"date":"2019-12-30T08:30:00","date_gmt":"2019-12-30T07:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=4499"},"modified":"2019-12-30T09:22:38","modified_gmt":"2019-12-30T08:22:38","slug":"manara-sublimer-le-reel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2019\/12\/30\/manara-sublimer-le-reel\/","title":{"rendered":"Manara \u2013 sublimer le r\u00e9el"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Milo Manara s\u2019est fait le chantre, depuis bien longtemps, d\u2019un \u00e9rotisme parfois l\u00e9ger, parfois extr\u00eamement puissant, toujours trait\u00e9 avec une sorte de classicisme graphique \u00e9l\u00e9gant. Ce livre de quelque 500 pages ne pourra que plaire \u00e0 tous ses admirateurs, et ils sont nombreux !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"602\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara.jpeg?resize=600%2C602\" alt=\"\" class=\"wp-image-4500\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara.jpeg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara.jpeg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara.jpeg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption> Manara \u00a9 Gl\u00e9nat <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sous-titre de ce livre qu\u2019on peut qualifier de \u00ab livre d\u2019art \u00bb me semble cependant quelque peu mensonger, exag\u00e9r\u00e9 tout du moins : \u00ab une r\u00e9trospective de cinquante ans de carri\u00e8re \u00bb\u2026 Bien s\u00fbr, en fin de volume, on trouve la chronologie de toutes les \u0153uvres de Manara, mais, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019iconographie, l\u2019accent est essentiellement port\u00e9 \u00e0 son talent d\u2019illustrateur bien plus qu\u2019\u00e0 toutes les aventures graphiques que Milo Manara a connues dans l\u2019univers de la bande dessin\u00e9e. Ne pouvoir regarder que quelques planches de bd, cela me para\u00eet limiter le travail de Manara, son \u0153uvre\u2026 Un peu comme si l\u2019auteur, sans le dire, estimait que la bande dessin\u00e9e n\u2019est qu\u2019un art mineur !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"583\" height=\"772\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara1.jpg?resize=583%2C772\" alt=\"\" class=\"wp-image-4501\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara1.jpg?w=583&amp;ssl=1 583w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara1.jpg?resize=227%2C300&amp;ssl=1 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 583px) 100vw, 583px\" \/><figcaption> Manara \u00a9 Gl\u00e9nat <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela dit, ne boudons pas notre plaisir \u00e0 nous balader dans des pages qui d\u00e9voilent, en transparences et en \u00e9vocations voluptueuses, mille et une femmes aux beaut\u00e9s classiques \u00e9videntes. Chez Manara, en effet, l\u2019hommage \u00e0 l\u2019art pictural italien des si\u00e8cles anciens est omnipr\u00e9sent. Ne cherchez pas dans sa d\u00e9finition de l\u2019\u00e9rotisme des \u00eatres crois\u00e9s au quotidien de vos errances, de vos r\u00e9alit\u00e9s au jour le jour, voire de vos d\u00e9sirs profonds. Pour Manara, seule la beaut\u00e9, dans ce qu\u2019elle peut avoir de codifi\u00e9, est int\u00e9ressant, m\u00e9rite d\u2019\u00eatre montr\u00e9e, d\u00e9voil\u00e9e, offerte en partage de sensations toujours renouvel\u00e9es. On n\u2019est pas, avec lui, dans l\u2019\u00e9rotisme de Dix, de Rops ou m\u00eame de Picasso. Et m\u00eame quand sa plume et ses pinceaux s\u2019aventurent dans les m\u00e9andres de ce qu\u2019on peut appeler la pornographie (l\u2019\u00e9rotisme des autres, comme le disait Breton\u2026), c\u2019est toujours avec une n\u00e9cessit\u00e9 de rendre \u00e0 la beaut\u00e9 \u00e9ternelle, celle des sculpteurs grecs, celle des corps de Michel-Ange, celle du Caravage, ses lettres de gloire. Chantre de la femme, certes, Manara est surtout le metteur en sc\u00e8ne de la beaut\u00e9 f\u00e9minine (et masculine) telle qu\u2019il l\u2019envisage et la d\u00e9finit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"423\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara2.jpg?resize=720%2C423\" alt=\"\" class=\"wp-image-4502\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara2.jpg?w=720&amp;ssl=1 720w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara2.jpg?resize=300%2C176&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption>Manara \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/manara-beaut\u00e9.mp3\"><\/audio><figcaption>Milo Manara: la beaut\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je le disais, et je le r\u00e9p\u00e8te, ne boudons pas notre plaisir, tant il est vrai que c\u2019est bien de plaisir, charnel, po\u00e9tique, \u00ab hard \u00bb que se nourrit ce livre. Un livre qui, par ailleurs, rappelle quand m\u00eame certaines autres constantes de Milo Manara : son amour du cin\u00e9ma, d\u2019abord\u2026 Avec une amiti\u00e9 pour Fellini, un des metteurs en sc\u00e8ne essentiels de l\u2019histoire du septi\u00e8me art. Et si l\u2019auteur de cette \u00ab r\u00e9trospective \u00bb nous dit que le la bd HP et Giuseppe Bergman met en sc\u00e8ne Hugo Pratt et Manara lui-m\u00eame, je pense, quant \u00e0 moi, que le nom de \u00ab Bergman \u00bb fait bien plus r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Ingmar Bergman, g\u00e9nie du cin\u00e9 su\u00e9dois et universel, qu\u2019\u00e0 Manara lui-m\u00eame\u2026 J\u2019en veux pour preuve \u00e9vidente la pr\u00e9sence dans cette bd de plans et de personnages qui font plus que rappeler l\u2019univers sombre et proph\u00e9tique de l\u2019auteur du \u00ab septi\u00e8me sceau \u00bb !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cin\u00e9ma toujours, avec ses acteurs que Manara a toujours aim\u00e9 dessiner\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais il y a d\u2019autres constantes : l\u2019Art, avec un a majuscule, les rapports amoureux dans lesquels la domination volontaire est un jeu qui ose l\u2019amoralit\u00e9, l\u2019Histoire, avec un h minuscule\u2026 Le bonheur, aussi, et surtout sans doute, de s\u2019inscrire dans la tradition des \u00ab pin-up \u00bb, femmes de papier \u00e0 l\u2019\u00e9rotisme impudique, propres \u00e0 faire r\u00eaver !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"522\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara3.jpg?resize=720%2C522\" alt=\"\" class=\"wp-image-4503\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara3.jpg?w=720&amp;ssl=1 720w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara3.jpg?resize=300%2C218&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption> Manara \u00a9 Gl\u00e9nat <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui me semble extr\u00eamement int\u00e9ressant dans ce livre, \u00e9galement, c\u2019est qu\u2019on peut se rendre compte des influences qui sont celles de Milo Manara. Guido Buzzeli, incontestablement, dont il faudra un jour reconnaitre l\u2019immense talent en le red\u00e9couvrant ! Forest, les fumetti, aussi\u2026 Mo\u00e9bius \u00e9galement, de ci de l\u00e0\u2026 Et m\u00eame si Manara \u00e9tait un admirateur sans bornes de Hugo Pratt, il est remarquable de constater que le trait de l\u2019auteur de Corto Maltese n\u2019a pratiquement jamais influenc\u00e9 celui de l\u2019auteur du D\u00e9clic\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara4.jpg?resize=547%2C729\" alt=\"\" class=\"wp-image-4504\" width=\"547\" height=\"729\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara4.jpg?w=450&amp;ssl=1 450w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara4.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 547px) 100vw, 547px\" \/><figcaption> Manara \u00a9 Gl\u00e9nat <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce livre imposant, \u00e0 l\u2019iconographie surtout f\u00e9minine, est un ouvrage qu\u2019on ne peut qu\u2019aimer feuilleter, encore et encore\u2026 En oubliant, pourquoi pas, les impr\u00e9cisions du texte ! Mais, apr\u00e8s tout, un artiste comme Milo Manara n\u2019a pas vraiment besoin de mots et d\u2019analyses pour illuminer de son talent les regards de ses lecteurs\/spectateurs !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Manara \u2013 sublimer le r\u00e9el (auteur : Claudio Curcio \u2013 \u00e9diteur : Gl\u00e9nat \u2013 plus de 500 pages \u2013 date de parution : d\u00e9cembre 2019)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Milo Manara s\u2019est fait le chantre, depuis bien longtemps, d\u2019un \u00e9rotisme parfois l\u00e9ger, parfois extr\u00eamement puissant, toujours trait\u00e9 avec une sorte de classicisme graphique \u00e9l\u00e9gant. Ce livre de quelque 500 pages ne pourra que plaire \u00e0 tous ses admirateurs, et ils sont nombreux ! Le sous-titre de ce livre qu\u2019on peut qualifier de \u00ab livre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4500,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[23,24],"tags":[],"class_list":["post-4499","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bd-de-m-a-r","category-m"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/manara.jpeg?fit=600%2C602&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8dqsu-1az","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4499","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4499"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4499\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4507,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4499\/revisions\/4507"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4500"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4499"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4499"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4499"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}