{"id":4562,"date":"2020-01-14T08:30:00","date_gmt":"2020-01-14T07:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=4562"},"modified":"2020-01-13T11:13:29","modified_gmt":"2020-01-13T10:13:29","slug":"jeremiah-37-la-bete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2020\/01\/14\/jeremiah-37-la-bete\/","title":{"rendered":"Jeremiah &#8211; 37. La B\u00eate"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019album pr\u00e9c\u00e9dent de cette s\u00e9rie, je l\u2019avoue, m\u2019avait quelque peu d\u00e9\u00e7u. Mais ici, Hermann, \u00e0 partir d\u2019un th\u00e8me r\u00e9current dans l\u2019histoire du western, parvient \u00e0 \u00e9tonner, \u00e0 mettre en sc\u00e8ne avec originalit\u00e9, par petits \u00e0-coups tranquilles, les personnalit\u00e9s de ses deux h\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"1101\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere0.jpg?fit=744%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-4563\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere0.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere0.jpg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere0.jpg?resize=744%2C1024&amp;ssl=1 744w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere0.jpg?resize=768%2C1057&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>Jeremiah 37 \u00a9 Dupuis <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Rappelez-vous, \u00ab Lucky Luke contre pat Poker \u00bb, et l\u2019histoire qui, dans cet album, s\u2019intitulait \u00ab Tumulte \u00e0 Tumbleweed \u00bb. On y voyait la haine qui pouvait exister entre \u00e9leveurs de vaches et \u00e9leveurs de moutons dans un Ouest mythique. Et c\u2019est vrai que ce th\u00e8me a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans le cin\u00e9ma bien des fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, avec Jeremiah, nous ne sommes pas en pr\u00e9sence d\u2019une bande dessin\u00e9e exclusivement western. Et si, dans ce trente-septi\u00e8me album, Hermann nous montre une lutte acharn\u00e9e entre \u00e9leveurs de moutons et industriels avides d\u2019un sous-sol aux richesses infinies, il ne le fait pas d\u2019une fa\u00e7on traditionnelle, bien \u00e9videmment !<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le monde post-apocalyptique dans lequel vivent Jeremiah et Kurdy, Hermann s\u2019amuse en effet, depuis le premier album, \u00e0 m\u00e9langer les th\u00e9matiques litt\u00e9raires, \u00e0 utiliser diff\u00e9rents codes, \u00e9galement, et \u00e0 les m\u00e9langer intimement, cr\u00e9ant ainsi une des \u0153uvres les plus personnelles et les plus originales de sa carri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"796\" height=\"1089\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere1.jpg?fit=748%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-4565\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere1.jpg?w=796&amp;ssl=1 796w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere1.jpg?resize=219%2C300&amp;ssl=1 219w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere1.jpg?resize=748%2C1024&amp;ssl=1 748w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere1.jpg?resize=768%2C1051&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption> Jeremiah 37 \u00a9 Dupuis  <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On peut dire de cette s\u00e9rie, \u00ab Jeremiah \u00bb, qu\u2019elle compose une fresque qu\u2019on pourrait appeler \u00ab western futuriste \u00bb. Futuriste, oui, et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9poque de haine, de violence, de pouvoirs absolus et ridiculement restreints en m\u00eame temps, cette \u00e9poque dans laquelle l\u2019humain se r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression, la survie, Hermann nous la raconte comme un creuset d\u2019\u00e9motions, de sensations, de paysages, de tristesses. La grande constante de cette s\u00e9rie, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle se situe, sans doute : dans la volont\u00e9 de l\u2019auteur, Hermann, de ne pas dessiner des r\u00e9cits d\u2019aventures, mais de nous montrer des personnages, de les faire vivre, tout simplement. La narration traditionnelle, dans cette s\u00e9rie, laisse la place \u00e0 des sortes de tableaux humains cisel\u00e9s avec passion.<\/p>\n\n\n\n<p>La passion\u2026 C\u2019est ce qui anime Hermann depuis toujours, tr\u00e8s certainement. C\u2019est aussi ce qui d\u00e9finit, au-del\u00e0 des mots et des attitudes, ses deux personnages principaux, Jeremiah et Kurdy.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est toujours par petites touches, d\u2019album en album, qu\u2019Hermann nous r\u00e9v\u00e8le les personnalit\u00e9s de ces deux h\u00e9ros anti-h\u00e9ros. Un peu comme si leur cr\u00e9ateur devenait pudique \u00e0 chaque fois qu\u2019il fallait aller au-del\u00e0 des apparences et des habitudes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere2.jpg?resize=591%2C820\" alt=\"\" class=\"wp-image-4566\" width=\"591\" height=\"820\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere2.jpg?w=500&amp;ssl=1 500w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere2.jpg?resize=216%2C300&amp;ssl=1 216w\" sizes=\"auto, (max-width: 591px) 100vw, 591px\" \/><figcaption> Jeremiah 37 \u00a9 Dupuis  <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mais cette pudeur, il la perd dans ce trente-septi\u00e8me \u00e9pisode\u2026 Ici, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 nous raconter un Kurdy ind\u00e9pendant, prenant seul ses initiatives, devenant moteur de la sauvegarde de son ami. Un Kurdy qui oublie ses plaisanteries pour avouer, sans ostentation cependant, son sens de l\u2019amiti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, Hermann nous montre \u00e9galement un Jeremiah qui est \u00e0 la fois amoureux et solitaire, qui \u00e9veille des sentiments chez une femme, des sentiments qui le d\u00e9passent, et qui, finalement, se veut libertin et tol\u00e9rant pour qu\u2019aucune jalousie ne vienne assombrir les quotidiens de son amie, de son amante\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere3.jpg?resize=768%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-4567\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere3.jpg?w=768&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere3.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption> Jeremiah 37 \u00a9 Dupuis  <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cet album est peut-\u00eatre bien, en effet, le premier qui utilise comme trame premi\u00e8re du r\u00e9cit le poids et la richesse des sentiments humains les plus positifs qui soient. Et m\u00eame si l\u2019horreur est pr\u00e9sente, avec un animal monstrueux, avec des meurtres r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, avec une police totalement incomp\u00e9tente et corrompue, avec de la folie pr\u00eate, sans cesse, \u00e0 diriger le monde, cet album est moins d\u00e9sesp\u00e9rant que les pr\u00e9c\u00e9dents. Il est, au-del\u00e0 de la lutte des \u00e9leveurs de moutons pour leur libert\u00e9, un vrai livre qui parle d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e0 ce sujet, il faut souligner une des toutes grandes qualit\u00e9s et originalit\u00e9s du dessin d\u2019Hermann : le besoin qu\u2019il a de ne jamais dessiner de femmes aux beaut\u00e9s parfaites, de \u00ab bimbos \u00bb sans \u00e2me. Les femmes qu\u2019il dessine, m\u00fbres ou jeunes, sont marqu\u00e9es par la vie, elles ont des corps qui ne pourraient pas s\u2019afficher sur les couvertures des magazines imb\u00e9ciles qui d\u00e9naturent la f\u00e9minit\u00e9 en l\u2019id\u00e9alisant formellement ! Et dans cet album-ci, comment ne pas aimer la pr\u00e9sence, en passion et en nudit\u00e9, de Virna, pour l\u2019amour de laquelle Jeremiah s\u2019en va, une fois de plus, fuyant r\u00e9ellement peut-\u00eatre pour la premi\u00e8re fois de son existence !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"646\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere4.jpg?resize=600%2C646\" alt=\"\" class=\"wp-image-4564\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere4.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/jere4.jpg?resize=279%2C300&amp;ssl=1 279w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption>Hermann \u00a9 Hermann  <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Hermann, c\u2019est un r\u00e9cit aux raccourcis subtils, ce sont des personnages qui n\u2019ont rien de super-h\u00e9ros, ce sont des couleurs qui dans chaque album r\u00e9ussissent \u00e0 \u00e9tonner, c\u2019est un dessin r\u00e9aliste qui n\u2019a pas peur de la caricature\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Hermann, c\u2019est la bd qui rue dans les brancards, et qui le fait avec bien plus que du talent : un regard br\u00fblant et brillant qui n\u2019a jamais rien de politiquement correct !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jeremiah &#8211; 37. La B\u00eate (auteur : Hermann \u2013 \u00e9diteur : Dupuis \u2013 48 pages : date de parution : septembre 2019)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019album pr\u00e9c\u00e9dent de cette s\u00e9rie, je l\u2019avoue, m\u2019avait quelque peu d\u00e9\u00e7u. Mais ici, Hermann, \u00e0 partir d\u2019un th\u00e8me r\u00e9current dans l\u2019histoire du western, parvient \u00e0 \u00e9tonner, \u00e0 mettre en sc\u00e8ne avec originalit\u00e9, par petits \u00e0-coups tranquilles, les personnalit\u00e9s de ses deux h\u00e9ros. 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