{"id":4668,"date":"2020-02-06T08:30:00","date_gmt":"2020-02-06T07:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=4668"},"modified":"2020-02-05T17:21:36","modified_gmt":"2020-02-05T16:21:36","slug":"wild-west-1-calamity-jane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2020\/02\/06\/wild-west-1-calamity-jane\/","title":{"rendered":"Wild West : 1. Calamity Jane"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les temps semblent venus d\u2019un retour en force du style western dans la bande dessin\u00e9e. Il est vrai que les aventures v\u00e9cues dans l\u2019Ouest am\u00e9ricain usent des m\u00eames codes, bien souvent, que la trag\u00e9die grecque ! Et, d\u00e8s lors, c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e2me humaine que de tels r\u00e9cits, souvent, parlent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild0bis.jpg?resize=573%2C287\" alt=\"\" class=\"wp-image-4670\" width=\"573\" height=\"287\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild0bis.jpg?w=318&amp;ssl=1 318w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild0bis.jpg?resize=300%2C150&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 573px) 100vw, 573px\" \/><figcaption>Wild West 1 \u00a9 Dupuis<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Calamity Jane\u2026 Une des ic\u00f4nes de l\u2019Histoire de l\u2019Ouest am\u00e9ricain, sans aucun doute, la seule femme, pratiquement qui, faisant jeu \u00e9gal avec les hommes, a r\u00e9ussi \u00e0 imposer son nom jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. C\u2019est un personnage symbolique d\u2019une \u00e9poque, c\u2019est aussi un personnage symbolique d\u2019une certaine lutte de la femme pour qu\u2019elle prenne sa place dans un monde d\u2019hommes, de m\u00e2les.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certes, ce western n\u2019est pas uniquement ax\u00e9 autour d\u2019elle. On pourrait m\u00eame croire, dans les premi\u00e8res pages, que c\u2019est une autre des gloires du western qui est l\u2019axe central du r\u00e9cit : Wild Bill Hickok. Et l\u2019histoire de \u00ab Wild West \u00bb est celle, en fait, de la rencontre entre ce chasseur de primes et une jeune fille de 16 ans, orpheline, et pouss\u00e9e \u00e0 la prostitution, dans une petite ville o\u00f9 vient s\u2019installer le chemin de fer. Martha Cannary est une adolescente, dans un monde de violence, de haine, d\u2019ambition, de pouvoir, de trahison. Et c\u2019est avec cet homme rude qu\u2019elle va apprendre \u00e0 devenir Calamity Jane, \u00e0 comprendre le pouvoir des armes, \u00e0 cultiver une volont\u00e9 in\u00e9branlable et vengeresse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela dit, on a de Calamity Jane quelques photos qui, reconnaissons-le, ne ressemblent pas du tout \u00e0 l\u2019image qu\u2019en donnent les auteurs, dans cet album. Mais c\u2019est bien elle qu\u2019ils nous montrent, \u00e0 l\u2019aube d\u2019une existence qui ne peut que la vieillir, physiquement et moralement !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild6.jpg?resize=593%2C787\" alt=\"\" class=\"wp-image-4671\" width=\"593\" height=\"787\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild6.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild6.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 593px) 100vw, 593px\" \/><figcaption> Wild West 1 \u00a9 Dupuis <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wildscencalamity.mp3\"><\/audio><figcaption> Thierry Gloris : Calamity Jane <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wildles2calamity.mp3\"><\/audio><figcaption> Thierry Gloris et Jacques Lamontagne : Calamity Jane <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je le disais en pr\u00e9ambule, le western est \u00e0 la mode. Avec l\u2019excellent \u00ab Jusqu\u2019au dernier \u00bb et le tristounet \u00ab Blueberry \u00bb. Je le disais aussi, il s\u2019agit d\u2019un genre litt\u00e9raire, artistique, qui permet bien des digressions, \u00e0 condition, toutefois, de respecter ce qu\u2019on appelle la grande Histoire. Et Thierry Gloris, sc\u00e9nariste par ailleurs des d\u00e9tectives de l\u2019\u00e9trange, des reines de sang, d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration fran\u00e7aise (entre autres), sait jouer avec cette Histoire. Il l\u2019utilise ici comme toile de fond, comme r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019un monde en mutation qui a donn\u00e9 vie aux Etats-Unis d\u2019aujourd\u2019hui et \u00e0 leurs \u00ab mythologies \u00bb toujours un peu guerri\u00e8res !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild7.jpg?fit=768%2C432\" alt=\"\" class=\"wp-image-4674\" width=\"591\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild7.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild7.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild7.jpg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild7.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 591px) 100vw, 591px\" \/><figcaption> Wild West 1 \u00a9 Dupuis <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wildscenhistoire.mp3\"><\/audio><figcaption> Thierry Gloris : les bases historiques <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des mythologies, donc, que Thierry Gloris utilise en faisant r\u00e9f\u00e9rence, surtout, au cin\u00e9ma, plus qu\u2019aux livres d\u2019histoire, c\u2019est \u00e9vident. De Ford \u00e0 Arthur Penn, en passant, un peu, par Sergio Leone, les clins d\u2019\u0153il de son sc\u00e9nario sont nombreux, lanc\u00e9s \u00e0 un genre cin\u00e9matographique qui a offert au septi\u00e8me art bien des chefs d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et on peut d\u2019ailleurs dire qu\u2019en cela il a \u00e9t\u00e9 suivi par l\u2019art de la composition du dessinateur qu\u00e9b\u00e9cois Jacques Lamontagne. Entre la premi\u00e8re et la derni\u00e8re planche, qui nous montrent la nature, c\u2019est en metteur en sc\u00e8ne presque intimiste qu\u2019il agit. Et pour donner vie \u00e0 ses personnages, il op\u00e8re en changeant l\u00e9g\u00e8rement le bon ordre des perspectives, en d\u00e9formant l\u00e9g\u00e8rement les proportions, de mani\u00e8re \u00e0 dramatiser la narration graphique, mais, aussi, \u00e0 lui donner du rythme.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild8.jpg?fit=768%2C1020\" alt=\"\" class=\"wp-image-4676\" width=\"595\" height=\"790\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild8.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild8.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild8.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild8.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><figcaption> Wild West 1 \u00a9 Dupuis <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wildscencinemacodes.mp3\"><\/audio><figcaption> Thierry Gloris : les r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wilddessincomposition.mp3\"><\/audio><figcaption> Jacques Lamontagne : la composition <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sc\u00e9nario de Thierry Gloris parvient \u00e0 la fois \u00e0 ne rien gommer des plaisirs traditionnels du western, avec duels, morts, m\u00e9chants plus vrais que nature. Avec aussi des liens, esquiss\u00e9s ou assum\u00e9s, avec le monde d\u2019aujourd\u2019hui et ses d\u00e9rives qui ressemblent \u00e0 celles de l\u2019Ouest Sauvage. Avec un sens du dialogue qu\u2019il faut absolument souligner. On entend les protagonistes parler, et chacun a un ton diff\u00e9rent !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dessin de Jacques Lamontagne, lui, d\u2019un r\u00e9alisme puissant, travaille sur deux axes bien pr\u00e9cis, me semble-t-il, deux axes qui, sans cesse confondus, donnent une vraie profondeur \u00e0 son d\u00e9coupage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019une part, il y a la couleur, presque cr\u00e9pusculaire\u2026 A l\u2019image du destin de cette gamine qui va devenir, tr\u00e8s vite, Calamity Jane.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019autre part, l\u00e0 o\u00f9, pour exprimer un sentiment, une impression, une sensation, une r\u00e9action, la plupart des dessinateurs jouent (ou essaient de jouer\u2026) sur le regard et ses intensit\u00e9s, Lamontagne a fait le choix de peaufiner les visaes de tous ses personnages. Il y a des trognes, des vraies, parfois proches de la caricature, il y a des rides, des sourcils qui se soul\u00e8vent \u00e0 peine, des l\u00e8vres qui s\u2019\u00e9tirent sur des sourires qui n\u2019apparaissent jamais\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild9.jpg?fit=768%2C1020\" alt=\"\" class=\"wp-image-4679\" width=\"596\" height=\"791\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild9.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild9.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild9.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild9.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px\" \/><figcaption> Wild West 1 \u00a9 Dupuis <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wilddessinvisages.mp3\"><\/audio><figcaption> Jacques Lamontagne : les visages <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/1wildwdessincouleur.mp3\"><\/audio><figcaption> Jacques Lamontagne : la couleur <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce livre est passionnant, il se lit d\u2019une traite, en s\u2019arr\u00eatant parfois sur certaine pages, sur certaines cases, pour en savourer toute l\u2019intensit\u00e9, toute la prouesse technique aussi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gen\u00e8se d\u2019une (anti-) h\u00e9ro\u00efne, ce premier volume ne donne qu\u2019un regret : celui d\u2019attendre quelques mois avant d\u2019en d\u00e9couvrir la suite, avant de voir comment Calamity et Hickok vont continuer leurs chemins !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques Scha\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Wild West : 1. Calamity Jane (dessin : Jacques Lamontagne \u2013 sc\u00e9nario : Thierry Gloris \u2013 \u00e9diteur : Dupuis \u2013 56 pages \u2013 date de parution : janvier 2020)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild2.jpg?resize=594%2C584\" alt=\"\" class=\"wp-image-4682\" width=\"594\" height=\"584\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild2.jpg?w=488&amp;ssl=1 488w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/wild2.jpg?resize=300%2C295&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 594px) 100vw, 594px\" \/><figcaption>Thierry Gloris et Jacques Lamontagne \u00a9 J.J. Procureur<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les temps semblent venus d\u2019un retour en force du style western dans la bande dessin\u00e9e. 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