{"id":5037,"date":"2020-06-13T08:30:00","date_gmt":"2020-06-13T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=5037"},"modified":"2020-06-12T16:25:39","modified_gmt":"2020-06-12T14:25:39","slug":"les-enquetes-de-lord-harold-douzieme-du-nom-1-blackchurch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2020\/06\/13\/les-enquetes-de-lord-harold-douzieme-du-nom-1-blackchurch\/","title":{"rendered":"Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1. Blackchurch"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce que j\u2019aime chez <strong>Xavier Fourquemin<\/strong>, c\u2019est que chacun de ses albums s\u2019inscrit dans une d\u00e9marche artistique et humaine \u00e0 la fois simple et ambitieuse : s\u2019inscrire dans la filiation de la bd dite classique et r\u00e9ussir \u00e0 innover par le ton et le regard critique qu\u2019il porte sur les histoires qu\u2019il nous raconte.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"800\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold0.jpeg?resize=600%2C800&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5038\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold0.jpeg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold0.jpeg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1 \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lord Harold est un noble pour qui les soucis d\u2019argent n\u2019existent pas. Il pourrait vivre des jours tranquilles dans sa belle maison, en compagnie de ses tantes. Mais ce grand lecteur a d\u00e9couvert un livre qui l\u2019accompagne partout : \u00ab La myst\u00e9rieuse de Blackchurch \u00bb. Et c\u2019est pour tenter de suivre les traces de ce livre que ce jeune homme s\u2019engage dans la police, et demande une affectation dans un des quartiers les plus mal fam\u00e9s de Londres, Blackchurch.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert ses coll\u00e8gues, peu motiv\u00e9s il faut bien le dire, il va commencer une premi\u00e8re enqu\u00eate qui va lui faire d\u00e9couvrir ce que sont vraiment les bas-fonds de Londres, ce que sont leurs r\u00e8gles, des r\u00e8gles toujours en dehors de la loi. Et rencontrer ainsi les trois femmes qui sont au pouvoir dans l\u2019univers glauque de cette p\u00e8gre dont il n\u2019avait qu\u2019une connaissance livresque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Philippe Charlot et Xavier Fourquemin ont construit leur sc\u00e9nario ensemble. Un sc\u00e9nario qui est un peu une mise en abyme, puisque le fil conducteur en est un livre, un livre qui cr\u00e9e un autre livre, en quelque sorte. Un livre qui parle d\u2019un lieu, l\u2019\u00e9glise noire, et qui nous dit que tous les pass\u00e9s sont des placards aux squelettes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/haroldscenariolivre.mp3\"><\/audio><figcaption>Xavier Fourquemin : le sc\u00e9nario<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold1.jpg?fit=768%2C1020&amp;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5039\" width=\"598\" height=\"794\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold1.jpg?w=895&amp;ssl=1 895w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold1.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold1.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold1.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 598px) 100vw, 598px\" \/><figcaption>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1 \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">IL y a toujours eu chez Fourquemin une volont\u00e9 de m\u00ealer aux r\u00e9alit\u00e9s les plus sordides, les plus m\u00e9lodramatiques m\u00eame, osons le dire, un humour d\u00e9brid\u00e9. Et ici, avec Harold, il s\u2019en donne \u00e0 c\u0153ur joie, indubitablement. On se retrouve pratiquement en face d\u2019une sorte de Tintin au pays d\u2019Oscar Wilde. Avec des mots d\u2019auteur qui auraient pu aussi \u00eatre \u00e9crits par Janson, avec un r\u00e9cit qui lance des clins d\u2019\u0153il vers Jean Ray et ses contes du whisky. Et ce m\u00e9lange particuli\u00e8rement r\u00e9ussi donne \u00e0 cet album une v\u00e9ritable originalit\u00e9, une belle prestance, une belle pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/haroldtintinwilde.mp3\"><\/audio><figcaption>Xavier Fourquemin : Tintin au pays d\u2019Oscar Wilde\u2026<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold2.jpg?resize=594%2C810&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5040\" width=\"594\" height=\"810\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold2.jpg?w=586&amp;ssl=1 586w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold2.jpg?resize=220%2C300&amp;ssl=1 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 594px) 100vw, 594px\" \/><figcaption>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1 \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Philippe Charlot, plus habitu\u00e9 \u00e0 d\u2019autres lieux qu\u2019\u00e0 Londres, s\u2019est totalement immerg\u00e9 dans son r\u00e9cit, un r\u00e9cit qu\u2019il peuple de r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires, historiques qui rythment l\u2019histoire racont\u00e9e. Dickens n\u2019est pas loin, c\u2019est vrai, de par la caricature qui est faite d\u2019un monde dont l\u2019opposition entre richesse et pauvret\u00e9 extr\u00eames annonce des r\u00e9volutions qui ne seront pas qu\u2019industrielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et pour donner vie \u00e0 cette opposition d\u2019humanit\u00e9s plurielles dans un m\u00eame cloaque, le dessin de Fourquemin est d\u2019une totale r\u00e9ussite. Le personnage central a le visage poupon, les yeux amus\u00e9s, et une esp\u00e8ce de pr\u00e9sence au-dessus de la m\u00eal\u00e9e, alors que tous les personnages qu\u2019il croise, qu\u2019il rencontre, ont des trognes vivantes, des visages et des attitudes qui les rendent pr\u00e9sents, des gestuelles qui en font des \u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/haroldpesonnagestrognes-online-audio-converter.com_.mp3\"><\/audio><figcaption>Xavier Fourquemin : les personnages, les trognes<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold3.jpg?resize=591%2C601&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5041\" width=\"591\" height=\"601\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold3.jpg?w=477&amp;ssl=1 477w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold3.jpg?resize=295%2C300&amp;ssl=1 295w\" sizes=\"auto, (max-width: 591px) 100vw, 591px\" \/><figcaption>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1 \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et ce faisant, r\u00e9alisateur presque cin\u00e9matographique d\u2019une aventure de chair, de sang, de sueur et de r\u00eave, Xavier Fourquemin joue avec les st\u00e9r\u00e9otypes, avec certains des codes de la bd, aussi\u2026 La pr\u00e9sence des animaux, par exemple, symboles muets mais jamais inactifs des sentiments de leurs \u00ab ma\u00eetres \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et ces codes et st\u00e9r\u00e9otypes laissent ainsi la place, par petites touches, \u00e0 l\u2019analyse souriante (ou moins\u2026) de sentiments humains comme la vengeance, l\u2019amour, la libert\u00e9, la haine et, bien s\u00fbr le pouvoir. Avec le hasard comme acteur de l\u2019intrigue, avec un dessin qui d\u00e9crit et donne vie aux physionomies de tous les personnages, ce Lord Harold est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, m\u00eame si ce livre est \u00e0 suivre, un des h\u00e9ros les plus attachants de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, au sein de la bande dessin\u00e9e \u00ab tous publics \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/haroldsterotypeschien.mp3\"><\/audio><figcaption>Xavier Fourquemin : les st\u00e9r\u00e9otypes<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold4.jpg?resize=592%2C463&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5042\" width=\"592\" height=\"463\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold4.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold4.jpg?resize=300%2C235&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px\" \/><figcaption>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1 \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les grands oubli\u00e9s des bandes dessin\u00e9es, ce sont souvent les auteurs des couleurs. Je dis \u00ab\u00a0auteurs\u00a0\u00bb, oui, parce que, souvent, leur collaboration \u00e0 un livre s\u2019av\u00e8re essentielle, pour l\u2019ambiance, d\u2019abord, pour le mouvement, ensuite, pour la lumi\u00e8re enfin. Et le travail de Simon Canthelou est absolument fabuleux, dans ce livre. Il a pris le parti de ne pas travailler sur les clairs-obscurs habituels quand on aborde des lieux comme les bas-fonds d\u2019une ville, pr\u00e9f\u00e9rant utiliser des lumi\u00e8res pleines de relief, souvent rasantes, parfois comme n\u00e9es de lampes \u00e0 huile approch\u00e9es des visages.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/haroldcouleur.mp3\"><\/audio><figcaption>Xavier Fourquemin : la couleur<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold5.jpg?resize=592%2C785&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5043\" width=\"592\" height=\"785\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold5.jpg?w=650&amp;ssl=1 650w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/harold5.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px\" \/><figcaption>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1 \u00a9 Gl\u00e9nat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais quand m\u00eame ajouter un tout petit b\u00e9mol \u00e0 cette chronique : une horrible faute d\u2019orthographe sur la quatri\u00e8me de couverture ! Mais cela n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la grande qualit\u00e9 de cet album.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Premier tome d\u2019une s\u00e9rie, ce Lord Harold s\u00e9duit, \u00e9norm\u00e9ment. De livre en livre, Fourquemin et Charlot construisent vraiment un univers qui leur est propre, un monde dans lequel vous trouverez, toutes et tous, votre place !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les Enqu\u00eates de Lord Harold douzi\u00e8me du nom : 1. Blackchurch (dessin : Xavier Fourquemin \u2013 sc\u00e9nario : Philippe Charlot \u2013 couleurs : Simon Canthelou \u2013 \u00e9diteur : Gl\u00e9nat \u2013 54 pages \u2013 janvier 2020)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce que j\u2019aime chez Xavier Fourquemin, c\u2019est que chacun de ses albums s\u2019inscrit dans une d\u00e9marche artistique et humaine \u00e0 la fois simple et ambitieuse : s\u2019inscrire dans la filiation de la bd dite classique et r\u00e9ussir \u00e0 innover par le ton et le regard critique qu\u2019il porte sur les histoires qu\u2019il nous raconte. 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