{"id":5071,"date":"2020-06-21T08:30:00","date_gmt":"2020-06-21T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=5071"},"modified":"2020-08-31T09:21:21","modified_gmt":"2020-08-31T07:21:21","slug":"le-miroir-des-ames","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2020\/06\/21\/le-miroir-des-ames\/","title":{"rendered":"Le Miroir des \u00c2mes"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Un polar suisse.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le roman policier n\u2019a pas de fronti\u00e8res, il n\u2019a pas non plus de codes in\u00e9branlables. La preuve avec ce livre \u00e0 la construction tr\u00e8s particuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1110\" height=\"1466\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/miroir.jpg?fit=768%2C1015&amp;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5072\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/miroir.jpg?w=1110&amp;ssl=1 1110w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/miroir.jpg?resize=227%2C300&amp;ssl=1 227w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/miroir.jpg?resize=775%2C1024&amp;ssl=1 775w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/miroir.jpg?resize=768%2C1014&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>A presque cinquante ans, Nicolas Feuz, l\u2019auteur de ce \u00ab Miroir des \u00e2mes \u00bb, a un trajet de vie \u00e9tonnant. Ce Suisse de presque 50 ans, avocat de formation, juge d\u2019instruction et enfin procureur, a choisi, en parall\u00e8le de son m\u00e9tier, de s\u2019exprimer tr\u00e8s librement au travers d\u2019un style litt\u00e9raire bien pr\u00e9cis, celui de l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet univers appartient, certes, \u00e0 ses quotidiens, et cela se sent : de page en page, au travers du vocabulaire, des acronymes, on se rend bien compte que rien n\u2019est totalement invent\u00e9, que les dialogues ne souffrent d\u2019aucune recherche litt\u00e9raire, mais se contentent de reproduire la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette v\u00e9racit\u00e9 de l\u2019ambiance, du canevas g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est l\u2019imaginaire qui prend le pouvoir au bout de la plume (ou du clavier d\u2018ordinateur\u2026) de Nicolas Feuz.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intrigue de ce roman n\u2019est d\u2019ailleurs pas des plus simples. Il y a un attentat, dans les rues de Neufch\u00e2tel. Parmi les victimes peu touch\u00e9es, le procureur Jemsen, dont la m\u00e9moire, \u00e0 son r\u00e9veil, se r\u00e9v\u00e8le ne plus fonctionner que par bribes. Il y a un tueur en s\u00e9rie qui utilise le verre de Murano comme arme presque surr\u00e9aliste. Il y a des politiciens haut plac\u00e9s qui se sentent investis d\u2019une mission de bien public et, de ce fait, glissent sur les pentes de l\u2019extr\u00e9misme id\u00e9ologique. Il y a un bordel, ses pensionnaires, une femme venue de l\u2019Est, Alba, personnage esclave et terriblement trouble.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi, et surtout peut-\u00eatre, une vision de la soci\u00e9t\u00e9 suisse d\u2019aujourd\u2019hui, avec ses contradictions.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il y a une construction narrative presque d\u00e9stabilisante, au d\u00e9but en tout cas. Ce sont des petits chapitres, deux pages, ou trois. Ce sont des allers-retours entre le pr\u00e9sent et le pass\u00e9. Ce sont des angles de vue diff\u00e9rents, celui du procureur, de sa greffi\u00e8re, de la prostitu\u00e9e, des flics. Et c\u2019est cette construction, presque comme un d\u00e9coupage en bande dessin\u00e9e, qui rend ce roman palpitant, malgr\u00e9 quelques improbabilit\u00e9s, quelques raccourcis trop rapides.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui rend \u00e9galement ce livre passionnant, c\u2019est le fait que, et son titre le montre bien, les histoires qui nous y sont racont\u00e9es, pour horribles qu\u2019elles soient, ne sont jamais que des miroirs. Miroirs des personnages, miroirs de la pens\u00e9e, de la politique, de la peur\u2026 Des miroirs d\u00e9formants, pour des \u00eatres d\u00e9form\u00e9s, en quelque sorte. Jusqu\u2019\u00e0 la \u00ab chute \u00bb qui nous montre que m\u00eame les \u00e2mes peuvent se r\u00e9v\u00e9ler interchangeables \u00e0 la lumi\u00e8re des souvenirs, des l\u00e2chet\u00e9s, des angoisses, et du hasard\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Miroir des \u00c2mes (auteur : Nicolas Feuz \u2013 \u00e9diteur : Le Livre de Poche num\u00e9ro 35474 \u2013 262 pages \u2013 2018)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un polar suisse. Le roman policier n\u2019a pas de fronti\u00e8res, il n\u2019a pas non plus de codes in\u00e9branlables. La preuve avec ce livre \u00e0 la construction tr\u00e8s particuli\u00e8re. A presque cinquante ans, Nicolas Feuz, l\u2019auteur de ce \u00ab Miroir des \u00e2mes \u00bb, a un trajet de vie \u00e9tonnant. 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