{"id":5198,"date":"2020-08-13T08:30:00","date_gmt":"2020-08-13T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=5198"},"modified":"2020-08-12T16:32:04","modified_gmt":"2020-08-12T14:32:04","slug":"anais-nin-sur-la-mer-des-mensonges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2020\/08\/13\/anais-nin-sur-la-mer-des-mensonges\/","title":{"rendered":"Ana\u00efs Nin : Sur La Mer Des Mensonges"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Un des meilleurs livres de l\u2019ann\u00e9e 2020 !&#8230;<\/em><\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Ana\u00efs Nin fait partie de ces \u00e9crivain(e)s sulfureux qui, en des \u00e9poques de morale omnipr\u00e9sente, ont os\u00e9 faire de la litt\u00e9rature sans aucun tabou. Mais Ana\u00efs Nin, c\u2019\u00e9tait bien plus que cela, et je vous invite \u00e0 naviguer, avec ce livre, sur la mer de ses mensonges et de ses v\u00e9rit\u00e9s\u2026 En \u00e9coutant, dans cette chronique, une interview in extenso de L\u00e9onie Bischoff, l\u2019autrice de cet excellent album\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1023\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/anais.jpg?resize=768%2C1023&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5199\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/anais.jpg?resize=769%2C1024&amp;ssl=1 769w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/anais.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/anais.jpg?resize=768%2C1022&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/anais.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>Ana\u00efs Nin \u00a9 Castrerman<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ce livre n\u2019est pas une biographie dessin\u00e9e. C\u2019est, plut\u00f4t, une tranche de vie de celle qui fut une des plus puissantes des \u00e9crivaines du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Ecrivaine, \u00e9g\u00e9rie aussi, femme f\u00e9ministe et f\u00e9minine, lib\u00e9r\u00e9e et libertine.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9onie Bischoff, l\u2019auteure de cet ouvrage, nous plonge dans l\u2019existence d\u2019Ana\u00efs Nin sans fioritures, sans en faire une ic\u00f4ne non plus. Ana\u00efs Nin, c\u2019\u00e9tait un monde d\u2019\u00e9criture, de talent, d\u2019amours, d\u2019amiti\u00e9, d\u2019amoralit\u00e9s totalement assum\u00e9es, d\u2019\u00e9rotisme, d\u2019angoisses. Ana\u00efs Nin, c\u2019\u00e9tait son mari, Hugo, c\u2019\u00e9tait le Paris de la f\u00eate et des soir\u00e9es bien arros\u00e9es, c\u2019\u00e9tait la danse et ses sensualit\u00e9s, c\u2019\u00e9tait aussi Henry Miller, probablement un des trois ou quatre \u00e9crivains essentiels du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Un \u00e9crivain qui devint, non le mentor, mais le compagnon litt\u00e9raire (et amoureux\u2026) d\u2019une Ana\u00efs Nin toujours \u00e0 la recherche d\u2019elle-m\u00eame au travers de ses mots.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin1.jpg?resize=768%2C1023&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5203\" width=\"768\" height=\"1023\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin1.jpg?w=768&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin1.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>Ana\u00efs Nin \u00a9 Castrerman<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, l\u2019\u00e9rotisme est pr\u00e9sent, parfois de fa\u00e7on tr\u00e8s froide, dans l\u2019\u0153uvre de cette femme \u00e9tonnante. Et le talent de L\u00e9onie Bischoff, dans ce roman graphique, c\u2019est de ne jamais tomber dans la facilit\u00e9, dans la vulgarit\u00e9, dans une certaine forme de voyeurisme. Cela ne signifie pas qu\u2019elle gomme le c\u00f4t\u00e9 le plus intime d\u2019Ana\u00efs Nin, que du contraire, mais elle le fait avec pudeur, m\u00eame dans des sc\u00e8nes ou des dialogues qui d\u00e9passent parfois des limites avouables. L\u00e9onie Bischoff ne fait pas \u0153uvre de moraliste, elle fait \u0153uvre d\u2019observatrice passionn\u00e9e par son sujet, et cherchant, sans cesse, \u00e0 \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 la lettre comme \u00e0 l\u2019esprit du personnage qu\u2019elle a choisi de nous faire (re)d\u00e9couvrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dessin de L\u00e9onie Bischoff est d\u2019une belle limpidit\u00e9, et sa colorisation, aux crayons de couleurs, apporte lumi\u00e8re et po\u00e9sie \u00e0 toutes ses planches, avec, de ci de l\u00e0, des envol\u00e9es pratiquement po\u00e9tiques, et symboliques aussi\u2026 La mer, tr\u00e8s pr\u00e9sente, n\u2019est-elle pas depuis Freud un des symboles les plus marquants de la sexualit\u00e9 ? Et elle aime, lorsqu\u2019elle s\u2019approche du plus pr\u00e8s possible des v\u00e9rit\u00e9s et contre-v\u00e9rit\u00e9s de cette \u00e9crivaine qui voulait \u00e9crire autrement que comme un homme, elle aime, oui, faire de son r\u00e9cit quelque chose de tr\u00e8s pictural, avec des planches muettes, par exemple. Avec un dessin qui, de Bellmer \u00e0 Klimt, avoue ses influences au travers d\u2019une sorte de po\u00e9sie graphique extr\u00eamement r\u00e9ussie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ninsite-online-audio-converter.com_.mp3\"><\/audio><figcaption>Ecoutez L\u00e9onie Bischoff vous parler avec passion de son livre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"762\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?resize=762%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5202\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?resize=762%2C1024&amp;ssl=1 762w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?resize=223%2C300&amp;ssl=1 223w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?resize=768%2C1032&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?resize=1143%2C1536&amp;ssl=1 1143w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?resize=1524%2C2048&amp;ssl=1 1524w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin4.jpg?w=1848&amp;ssl=1 1848w\" sizes=\"auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px\" \/><figcaption>L\u00e9onie Bischoff<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans ce livre, dans ce long et envo\u00fbtant voyage entre la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue au jour le jour et sa transformation par la magie de l\u2019\u00e9criture, L\u00e9onie Bischoff se lib\u00e8re et nous lib\u00e8re en m\u00eame temps de la vision id\u00e9alis\u00e9e de l\u2019amour que, toutes et tous, nous subissons.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aime tout particuli\u00e8rement, dans cet ordre d\u2019id\u00e9e, une phrase que L\u00e9onie met dans la bouche de son h\u00e9ro\u00efne : \u00ab je ne crois plus \u00e0 ma propre soumission \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019art, qu\u2019il soit celui de Miller, cru \u00e0 l\u2019extr\u00eame ou qu\u2019il soit celui de Nin, racontant ses amours incestueuses et ses pass\u00e9s quelque peu sordides, est toujours un miroir tronqu\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. Mais c\u2019est dans le reflet de ce miroir que chacun peut devenir soi-m\u00eame\u2026 Il ne s\u2019agit pas de r\u00e9conciliation avec qui on a \u00e9t\u00e9, mais de continuit\u00e9 dans la n\u00e9cessit\u00e9, pour Ana\u00efs Nin comme pour son mari, comme pour Miller, d\u2019assumer ses diff\u00e9rences, et de \u00ab cr\u00e9er \u00bb en se sachant et en se voulant impitoyable pour ne pas \u00eatre comme le monde voudrait qu\u2019on soit !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin3.jpg?resize=713%2C951&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-5204\" width=\"713\" height=\"951\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin3.jpg?w=308&amp;ssl=1 308w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nin3.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 713px) 100vw, 713px\" \/><figcaption>Ana\u00efs Nin \u00a9 Castrerman<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce qui transpara\u00eet vraiment, dans ce livre, c\u2019est la libert\u00e9, celle de vivre, celle de cr\u00e9er, revendiqu\u00e9e par une femme hors du commun ! Et la force de L\u00e9onie Bischoff, l\u2019autrice de cette bd, c\u2019est aussi la fid\u00e9lit\u00e9 qui est la sienne \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Ana\u00efs Nin, et l\u2019envie qu\u2019elle nous donne de lire son journal, ses romans, et de red\u00e9couvrir Henry Miller ! Femme de d\u00e9sir, Ana\u00efs Nin est une femme d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019hier, de demain\u2026 Une de ces rares artistes qui marquent bien plus que leur seule \u00e9poque ! Lisez L\u00e9onie Bischoff, et, ensuite, plongez-vous dans les \u0153uvres de Miller et de Ninn !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ana\u00efs Nin : Sur La Mer Des Mensonges (auteure : L\u00e9onie Bischoff \u2013 \u00e9diteur : Casterman \u2013 190 pages \u2013 ao\u00fbt 2020)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un des meilleurs livres de l\u2019ann\u00e9e 2020 !&#8230; Ana\u00efs Nin fait partie de ces \u00e9crivain(e)s sulfureux qui, en des \u00e9poques de morale omnipr\u00e9sente, ont os\u00e9 faire de la litt\u00e9rature sans aucun tabou. 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