{"id":6097,"date":"2021-03-31T13:00:00","date_gmt":"2021-03-31T11:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=6097"},"modified":"2021-03-31T11:09:25","modified_gmt":"2021-03-31T09:09:25","slug":"ed-kemper-dans-la-peau-dun-serial-killer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2021\/03\/31\/ed-kemper-dans-la-peau-dun-serial-killer\/","title":{"rendered":"Ed Kemper \u2013 dans la peau d\u2019un serial killer"},"content":{"rendered":"\n<p>Une sombre plong\u00e9e dans l\u2019auto-analyse d\u2019un tueur en s\u00e9rie\u2026 L\u2019autoportrait, au quotidien, d\u2019un assassin mythique !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed0.jpg?resize=700%2C929&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6098\" width=\"700\" height=\"929\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed0.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed0.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption>Ed Kemper \u00a9 Robinson<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Ed Kemper<\/strong> n\u2019est pas un personnage de fiction.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 en 1948, condamn\u00e9 \u00e0 la perp\u00e9tuit\u00e9, il fait partie de ces tueurs qui ont permis au FBI de peaufiner un travail de profilage, tellement \u00e0 la mode dans les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9 de toutes sortes depuis quelques ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Responsable d\u2019une dizaine d\u2019assassinats, n\u00e9crophile, cannibale, il a quelque peu inspir\u00e9 le personnage d\u2019Hannibal Lecter.<\/p>\n\n\n\n<p>Ed Kemper est, sans aucun doute possible, un des criminels les plus repoussants qui soient. Et il est vrai qu\u2019on peut se demander ce qui, dans l\u2019\u00e2me humaine, pousse les gens \u00e0 aimer lire et regarder les anti-exploits de ces \u00eatres qui, ouvertement, consciemment, se placent d\u2019eux-m\u00eames aux entr\u00e9es des enfers les plus incompr\u00e9hensibles, les plus r\u00e9pugnants, les plus inacceptables !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed1.jpg?resize=726%2C964&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6099\" width=\"726\" height=\"964\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed1.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed1.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 726px) 100vw, 726px\" \/><figcaption>Ed Kemper \u00a9 Robinson<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Oui, qu\u2019est-ce qui nous pousse, lecteurs, spectateurs, \u00e0 vouloir frissonner de d\u00e9go\u00fbt devant ces existences dans lesquelles tout sens moral a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette bd n\u2019y r\u00e9pond pas, bien entendu, puisqu\u2019elle participe pleinement \u00e0 cette sorte peu rago\u00fbtante mais tellement humaine de voyeurisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle n\u2019y r\u00e9pond pas, mais, \u00e9trangement, elle nous place, lecteurs, en face de nos propres r\u00e9alit\u00e9s et, ce faisant, nous permet de comprendre que chaque portrait d\u2019un \u00eatre de cette sorte nous offre en m\u00eame temps le portrait d\u00e9form\u00e9 de nos propres hantises, de nos propres fantasmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Fantasme : le mot est l\u00e2ch\u00e9 ! Parce ce livre est d\u2019abord et avant tout l\u2019approche d\u2019un individu irr\u00e9m\u00e9diablement marginal au travers de ses envies, de ses r\u00eaves, de ses fantasmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce faire, les auteurs de cet album ont choisi une voie presque chaotique, celle des confidences et aveux m\u00eames d\u2019Ed Kemper.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sa m\u00e9moire et sa vision de la vie, de SA vie, qui sont au centre de ce livre, qui, d\u00e8s lors, se r\u00e9v\u00e8le extr\u00eamement d\u00e9rangeant.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"764\" height=\"1014\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed2.jpg?resize=764%2C1014&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6102\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed2.jpg?w=764&amp;ssl=1 764w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed2.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 764px) 100vw, 764px\" \/><figcaption>Ed Kemper \u00a9 Robinson<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, comme dans bien des affaires criminelles, on comprend que le tueur, le centre m\u00eame de ce livre, se cherche des excuses, ou, mieux, des explications. Ne dit-il pas, par exemple, \u00ab j\u2019avais besoin d\u2019un guide et j\u2019\u00e9tais livr\u00e9 \u00e0 moi-m\u00eame \u00bb, un leitmotiv qui rythme le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, en m\u00eame temps, ce tueur ouvre pour nous le tiroir de ses fantasmes meurtriers, tout en nous disant, les yeux dans les yeux, que de tels fantasmes appartiennent \u00e0 tout un chacun. Tout est affaire, nous affirme-t-il, de temps qui passe, d\u2019occasion, de passage \u00e0 l\u2019acte, enfin, un passage \u00e0 l\u2019acte qui laisse l\u2019\u00e2me inassouvie\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intelligence de ce livre est multiple.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Thomas Mosdi<\/strong>, le sc\u00e9nariste, a fait le choix, en prenant comme pr\u00e9texte un interrogatoire sous l\u2019effet de drogues, de suivre le fil de la m\u00e9moire de Kemper. Sans utiliser vraiment les codes des flash-backs, cette m\u00e9thode a le don d\u2019humaniser le propos, tant il est vrai que les souvenances nous viennent, \u00e0 nous aussi, au seul rythme qu\u2019elles se choisissent elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"676\" height=\"361\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed3.jpg?resize=676%2C361&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6101\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed3.jpg?w=676&amp;ssl=1 676w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed3.jpg?resize=300%2C160&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 676px) 100vw, 676px\" \/><figcaption>Ed Kemper \u00a9 Robinson<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ed Kemper se regarde vivre, tout comme il regarde passer les ann\u00e9es, autour de lui, sans s\u2019y int\u00e9resser\u2026 Mosdi, ainsi, nous donne \u00e0 voir un panorama \u00ab en absence \u00bb des ann\u00e9es 70\u2026 En absence, oui, parce que l\u2019existence de Kemper n\u2019a, \u00e0 aucun moment, cherch\u00e9 \u00e0 s\u2019enfouir dans la vraie vie\u2026 Oui, je le r\u00e9p\u00e8te, le moteur du r\u00e9cit comme des folies de Kemper, c\u2019est le fantasme, sous toutes ses formes, m\u00eame et surtout les plus paroxystiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intelligence de ce livre r\u00e9side aussi dans le dessin. L\u2019horreur est en rendez-vous, certes, mais elle ne se montre vraiment que progressivement\u2026 Bien s\u00fbr, il y a des meurtres, et ce serait mentir de dire que le dessinateur <strong>David Jouvent<\/strong> est rest\u00e9 pudique pour les montrer. Mais ils ne forment, ces crimes, que des moments qui, tout compte fait, s\u2019effacent derri\u00e8re l\u2019autoportrait du tueur en s\u00e9rie, son cheminement depuis son premier meurtre, son passage en h\u00f4pital psychiatrique, son enfance, et, surtout, l\u2019incapacit\u00e9 que Kemper a de se culpabiliser !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed4.jpg?resize=632%2C836&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6100\" width=\"632\" height=\"836\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed4.jpg?w=378&amp;ssl=1 378w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ed4.jpg?resize=227%2C300&amp;ssl=1 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 632px) 100vw, 632px\" \/><figcaption>Ed Kemper \u00a9 Robinson<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le dessin est r\u00e9aliste, sombrement r\u00e9aliste ai-je envie de dire, il \u00e9vite le pi\u00e8ge de se laisser influencer par le style des comics am\u00e9ricains, il ne cache pas ses influences franco-belges (Hulet, par exemple) parfaitement assum\u00e9es. Il y a un rythme, un vrai rythme qui \u00e9vite de se perdre dans les m\u00e9andres des souvenirs de Kemper, un rythme en outre soutenu par la couleur d\u2019<strong>Axel Gonzalbo<\/strong>, une couleur qui, elle, se fait lumineuse et, ainsi, elle, v\u00e9ritablement pudique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Un livre \u00e9tonnant, un personnage r\u00e9el qui n\u2019a rien d\u2019attachant mais que l\u2019on finit par un peu comprendre\u2026 A d\u00e9couvrir, sans pour autant, justement, se vouloir voyeur !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ed Kemper \u2013 dans la peau d\u2019un serial killer (dessin : David Jouvent \u2013 sc\u00e9nario : Thomas Mosdi \u2013 \u00e9diteur : Robinson \u2013 48 pages \u2013 ao\u00fbt 2020)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une sombre plong\u00e9e dans l\u2019auto-analyse d\u2019un tueur en s\u00e9rie\u2026 L\u2019autoportrait, au quotidien, d\u2019un assassin mythique ! Ed Kemper n\u2019est pas un personnage de fiction. 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