{"id":6526,"date":"2021-07-22T08:45:00","date_gmt":"2021-07-22T06:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=6526"},"modified":"2021-07-22T08:43:52","modified_gmt":"2021-07-22T06:43:52","slug":"celine-en-fuite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2021\/07\/22\/celine-en-fuite\/","title":{"rendered":"C\u00e9line En Fuite"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Un portrait intelligemment constru<\/em>it d\u2019un \u00e9crivain essentiel et maudit\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Louis-Ferdinand C\u00e9line est un \u00e9crivain\u2026 Un m\u00e9decin\u2026 Un antis\u00e9mite\u2026 Un \u00eatre humain ambigu que Didier Marinesque nous raconte en parall\u00e8le des propres mots de l\u2019auteur du \u00ab Voyage au bout de la nuit \u00bb. Un livre \u00e0 d\u00e9nicher, \u00e0 lire, pour d\u00e9couvrir un personnage derri\u00e8re son \u0153uvre et les haines qu\u2019elle a provoqu\u00e9es !<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"666\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine1.jpg?resize=666%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6529\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine1.jpg?resize=666%2C1024&amp;ssl=1 666w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine1.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine1.jpg?resize=768%2C1181&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine1.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption>C\u00e9line \u00a9 Editions Jourdan<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le terme de \u00ab maudit \u00bb fut utilis\u00e9 par Verlaine \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Un terme qui englobait les cr\u00e9ateurs en rupture de soci\u00e9t\u00e9, de reconnaissance, d\u2019acceptation, un terme g\u00e9n\u00e9rique, \u00e0 sa mani\u00e8re, pour d\u00e9nommer les artistes s\u2019opposant, avec provocation, aux diktats et aux normes, aux normalisations m\u00eame, de la soci\u00e9t\u00e9 qui, de ce fait, les refuse en tant qu\u2019artistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, la psychologie et la psychiatrie se sont pench\u00e9s sur cette r\u00e9alit\u00e9 artistique, y trouvant des origines dans l\u2019enfance et ses traumatismes. Comme de bien convenu, ai-je envie de dire\u2026 Parce que l\u2019art ne peut jamais se r\u00e9sumer \u00e0 une simple analyse plus ou moins scientifique ! La \u00ab mal\u00e9diction \u00bb de ces artistes qui refusent d\u2019appartenir \u00e0 un formatage culturel peut sans doute se r\u00e9sumer au travers de la phrase c\u00e9l\u00e8bre de Rimbaud : \u00ab Je est un autre \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis-Ferdinand C\u00e9line, de par son existence, de par son \u0153uvre aussi, est double\u2026 Maudit, dans le sens premier du terme, par la foule comme par l\u2019intelligentsia pour son \u0153uvre, ses mots, et une partie de ses engagements.<\/p>\n\n\n\n<p>Par une partie de la foule, plut\u00f4t, et par une partie du monde intellectuel, \u00e9galement ! De Henry Miller \u00e0 Jack Kerouac, nombreux furent ceux qui d\u00e9fendirent C\u00e9line, m\u00eame en n\u2019appr\u00e9ciant pas l\u2019homme, pour le g\u00e9nie de son \u0153uvre \u00e9crite.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine2.jpg?resize=516%2C852&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6530\" width=\"516\" height=\"852\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine2.jpg?w=422&amp;ssl=1 422w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine2.jpg?resize=182%2C300&amp;ssl=1 182w\" sizes=\"auto, (max-width: 516px) 100vw, 516px\" \/><figcaption>C\u00e9line \u00a9 Gallimard<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Il est vrai que C\u00e9line, auteur de pamphlets r\u00e9solument et presque violemment antis\u00e9mites, de \u00ab Mea Culpa \u00bb en 1936 aux \u00ab Beaux Draps \u00bb en 1941, devait bien, apr\u00e8s la guerre, \u00eatre d\u00e9fendu vis-\u00e0-vis de la justice fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1944, C\u00e9line quitte Paris, sachant la victoire alli\u00e9e proche, sachant aussi que sa personne ne risquait, au moment de la lib\u00e9ration, qu\u2019une seule chose : la mort, pour ces \u00e9crits qui allaient dans le sens du nazisme, qui donnaient de lui l\u2019image d\u2019un collaborateur plus qu\u2019id\u00e9ologique. Il n\u2019avait sans doute pas tort, puisque l\u2019\u00e9crivain Brasillach fut ex\u00e9cut\u00e9, comme d\u2019autres intellectuels, \u00e0 la suite de proc\u00e8s d\u2019\u00e9puration rondement men\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc, de juin 1944 jusqu\u2019en 1951, C\u00e9line va \u00eatre en fuite\u2026 Au travers de l\u2019Allemagne, dans une ville de Sigmaringen devenue lieu de gouvernance d\u2019un pouvoir de plus en plus inexistant, \u00e0 Berlin, et puis au Danemark.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est cette longue aventure de sept ans que nous raconte, dans ce livre, Didier Marinesque.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ne nous y trompons pas, ce r\u00e9cit est un r\u00e9cit choral.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, il y a le texte de Marinesque, mais il y a surtout des extraits de C\u00e9line, de ses livres, de ses lettres, nombreuses, souvent proches d\u2019une esp\u00e8ce de diarrh\u00e9e verbale, il y a des extraits de t\u00e9moignages recueillis par des auteurs repris dans une bibliographie importante, en fin de volume.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en r\u00e9sulte, outre l\u2019aspect historique de ce r\u00e9cit, de ce portrait, une mani\u00e8re \u00e9clat\u00e9e de nous faire approcher, lecteurs passionn\u00e9s ou curieux, de la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un \u00eatre humain hors du commun. Ce livre n\u2019est ni un livre d\u2019hommage ni un livre de d\u00e9nigrement, et c\u2019est sa grande force, sa grande intelligence. Il s\u2019agit presque d\u2019un travail d\u2019universitaire ayant compil\u00e9 des centaines de documents et d\u2019avis diff\u00e9rents, les organisant pour rester, tant que faire se peut, objectif, pour ne rien cacher des parts d\u2019ombre de C\u00e9line, mais aussi de son g\u00e9nie litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine3.jpg?resize=768%2C466&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6531\" width=\"768\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine3.jpg?resize=1024%2C622&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine3.jpg?resize=300%2C182&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine3.jpg?resize=768%2C467&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine3.jpg?resize=1536%2C933&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine3.jpg?w=1600&amp;ssl=1 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption> C\u00e9line \u00a9 Futuropolis<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>J\u2019ai lu C\u00e9line\u2026 Je l\u2019ai d\u00e9couvert, il y a bien longtemps, gr\u00e2ce \u00e0 Luchini, gr\u00e2ce, ensuite, \u00e0 Tardi\u2026 J\u2019avoue avoir lu pour la premi\u00e8re fois, dans ce livre-ci, des extraits de ses pamphlets inacceptables, mais, \u00e9galement, r\u00e9v\u00e9lateurs d\u2019un \u00e9tat d\u2019esprit qui, depuis la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, s\u2019\u00e9tait multipli\u00e9 dans le monde dit intellectuel\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Maudit, C\u00e9line l\u2019a \u00e9t\u00e9 et l\u2019est toujours, incontestablement. Sa pens\u00e9e et ses \u00e9crits le placent en marge, totalement, de la soci\u00e9t\u00e9 et de ses r\u00e8gles. Ses livres, je parle de tout sauf de ses pamphlets, sont et restent des chefs d\u2019\u0153uvre de musique litt\u00e9raire, d\u2019inventivit\u00e9 de langage, de rythme tellement de fois, depuis, imit\u00e9 avec pauvret\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai lu C\u00e9line, avec passion, avec plaisir, avec \u00e9motion aussi, tant sa fa\u00e7on de raconter, et de se raconter, est d\u2019une puissance presque charnelle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"589\" height=\"808\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine4.jpg?resize=589%2C808&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-6532\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine4.jpg?w=589&amp;ssl=1 589w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/celine4.jpg?resize=219%2C300&amp;ssl=1 219w\" sizes=\"auto, (max-width: 589px) 100vw, 589px\" \/><figcaption> C\u00e9line \u00a9 Gallimard <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Jai lu C\u00e9line, et en lisant ce livre de Didier Marinesque, j\u2019ai d\u00e9couvert une vue d\u2019ensemble du \u00ab personnage \u00bb plus que de l\u2019artiste, une mosa\u00efque de mots, de sentiments, de sensations qui nous d\u00e9voile un \u00eatre aux ambigu\u00eft\u00e9s \u00e9videntes, peu sympathique, amoureux, m\u00e9decin des pauvres, ha\u00ef par les uns, adul\u00e9 par les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre nous r\u00e9v\u00e8le, oui, un C\u00e9line qu\u2019il ne faut ni ha\u00efr, ni aduler\u2026 Sauf, dans un cas comme dans l\u2019autre, pour certains de ses \u00e9crits\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p> <strong>C\u00e9line En Fuite (auteur : Didier Marinesque &#8211; \u00e9diteur : Jourdan \u2013 249 pages \u2013 2013)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A lire aussi : Le Chien de Dieu<\/strong>, <strong>de Terpant et Dufaux <\/strong>:<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/01\" target=\"_blank\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/01\"> <\/a><a href=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/01\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/01\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/01\/23\/le-chien-de-dieu\/\" target=\"_blank\">https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2018\/01\/23\/le-chien-de-dieu\/<\/a><\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un portrait intelligemment construit d\u2019un \u00e9crivain essentiel et maudit\u2026 Louis-Ferdinand C\u00e9line est un \u00e9crivain\u2026 Un m\u00e9decin\u2026 Un antis\u00e9mite\u2026 Un \u00eatre humain ambigu que Didier Marinesque nous raconte en parall\u00e8le des propres mots de l\u2019auteur du \u00ab Voyage au bout de la nuit \u00bb. 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