{"id":853,"date":"2017-07-11T10:15:51","date_gmt":"2017-07-11T08:15:51","guid":{"rendered":"http:\/\/bd-chroniques.be\/?p=853"},"modified":"2017-07-11T10:15:51","modified_gmt":"2017-07-11T08:15:51","slug":"lamour-est-une-haine-comme-les-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2017\/07\/11\/lamour-est-une-haine-comme-les-autres\/","title":{"rendered":"L\u2019Amour est une Haine comme les autres"},"content":{"rendered":"<p>Un titre en miroir pour une histoire sombre et lumineuse tout \u00e0 la fois\u2026 Un album \u00e9tonnant, \u00e0 la construction narrative originale, au dessin proche d\u2019une certaine forme d&rsquo;expressionnisme\u2026 Un excellent livre \u00e0 lire et \u00e0 faire lire\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-855\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour2.jpg?resize=768%2C1041\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1041\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour2.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour2.jpg?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour2.jpg?resize=768%2C1041&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour2.jpg?resize=756%2C1024&amp;ssl=1 756w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<p><em>L\u2019Amour est une Haine comme les autres\u00a9 Bamboo\/Grand Angle<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout commence dans les ann\u00e9es trente, au plus profond de l\u2019Am\u00e9rique \u2026<\/p>\n<p>Tout commence avec une amiti\u00e9 qui n\u2019aurait jamais d\u00fb na\u00eetre et se d\u00e9velopper, une amiti\u00e9 entre deux enfants, Will, le fils pas tr\u00e8s malin d\u2019un notable membre du Ku Klux Klan, et Abelard, un petit noir intellectuellement tr\u00e8s dou\u00e9. Et contre toute attente, malgr\u00e9 le milieu social dans lequel chacun de ces enfants vit, cette amiti\u00e9 va se d\u00e9velopper, elle va permettre \u00e0 Will d\u2019\u00e9voluer, elle va permettre \u00e0 Abelard de croire en autre chose qu&rsquo;en une forme larv\u00e9e d\u2019esclavage quotidien.<\/p>\n<p>Et cet album nous fait entrer pleinement dans les remous et les m\u00e9andres de cette amiti\u00e9 interdite, dans le secret qu&rsquo;elle doit cultiver pour ne pas s\u2019estomper, dans les \u00e9cueils auxquels elle doit se confronter pour continuer \u00e0 exister. A exister, et \u00e0 faire exister les\u00a0 deux protagonistes de ce r\u00e9cit, qu&rsquo;on voit grandir, vieillir au fil de la narration\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-856\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour3.jpg?resize=768%2C1042\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1042\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour3.jpg?w=898&amp;ssl=1 898w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour3.jpg?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour3.jpg?resize=768%2C1042&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour3.jpg?resize=755%2C1024&amp;ssl=1 755w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/p>\n<p><em>L\u2019Amour est une Haine comme les autres\u00a9 Bamboo\/Grand Angle<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette narration de St\u00e9phane Louis est tr\u00e8s particuli\u00e8re, quelque peu d\u00e9stabilisante \u00e0 certains moments, puisqu&rsquo;elle choisit comme fil conducteur non pas une ligne du temps normale, mais, tout au contraire, une \u00e9volution temporelle du r\u00e9cit au travers du souvenir, de la m\u00e9moire des deux h\u00e9ros mis en sc\u00e8ne. Ce qui fait qu&rsquo;on peut passer, dans une m\u00eame page, des ann\u00e9es quarante aux ann\u00e9es 50, revenir ensuite dans les ann\u00e9es trente\u2026<\/p>\n<p>Je disais que cela se r\u00e9v\u00e9lait quelque peu d\u00e9stabilisant comme construction, mais tr\u00e8s vite, pourtant, on se prend au jeu de vouloir, lecteur actif en quelque sorte, entrer dans l\u2019\u00e9volution de la souvenance de Will et Abelard.<\/p>\n<p>Ce livre, ce n\u2019est pas que le portrait d\u2019une \u00e9poque. C\u2019est celui de plusieurs \u00e9poques successives qui cr\u00e9ent la grande Histoire d\u2019un pays d\u00e9mocratique confront\u00e9 \u00e0 ses horreurs, le racisme entre autres, des horreurs qui, de nos jours, survivent toujours.<\/p>\n<p>Ce livre, c\u2019est aussi le reflet de deux mondes qui vivent en face \u00e0 face, celui des blancs, celui des noirs, un reflet que le sc\u00e9nariste a voulu en dehors de tout manich\u00e9isme. Le racisme est tout aussi pr\u00e9sent dans la famille et l\u2019entourage de Will que dans celui d\u2019Abelard\u2026<\/p>\n<p>Ce livre parle surtout d\u2019amiti\u00e9, donc d\u2019amour, au sens premier du terme. En lisant cet album, On ne peut que penser \u00e0 ce que disait Montaigne \u00e0 propos de la Bo\u00e9tie\u00a0: parce que c\u2019\u00e9tait lui, parce que c\u2019\u00e9tait moi\u2026 Toutes les formes de l\u2019amour y sont pr\u00e9sentes, l\u2019amour qui peut amener \u00e0 d\u2019\u00e9blouissantes renaissances, l\u2019amour qui ne peut d\u00e9boucher que sur le n\u00e9ant\u2026<\/p>\n<p>Ce livre est\u00a0 aussi un superbe r\u00e9cit d\u2019aventures humaines, avec des rebondissements qui permettent aux r\u00e9flexions humanistes de n\u2019\u00eatre \u00e0 aucun moment pesantes\u2026<\/p>\n<p>Ce livre est une abondance de regards, qui se voient, s\u2019\u00e9vitent, se reconnaissent, se refusent, ou s\u2019acceptent enfin\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-857\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour4.jpg?resize=590%2C800\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour4.jpg?w=590&amp;ssl=1 590w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour4.jpg?resize=221%2C300&amp;ssl=1 221w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/p>\n<p><em>L\u2019Amour est une Haine comme les autres\u00a9 Bamboo\/Grand Angle<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et puis, il y a le dessin de Lionel Marty, semi-r\u00e9aliste, prenant plaisir \u00e0 nous offrir des paysages et des d\u00e9cors extr\u00eamement pr\u00e9sents pour, soudain, ne plus s\u2019int\u00e9resser qu&rsquo;aux visages, aux expressions, aux mouvements, dans une absence d\u2019environnement ext\u00e9rieur\u2026<\/p>\n<p>Semi-r\u00e9aliste, oui\u2026 Mais d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 sans appr\u00eats dans certaines sc\u00e8nes, les sc\u00e8nes amoureuses, les sc\u00e8nes de violence pure aussi\u2026<\/p>\n<p>Graphiquement, le dessinateur \u00e9vite la caricature, celle des \u00eatres comme celle des sentiments. Son style, parfois tr\u00e8s riche, parfois \u00e9tonnamment d\u00e9pouill\u00e9, son sens de l\u2019ellipse narrative aussi, tout cela participe pleinement \u00e0 la force et \u00e0 la puissance du r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Tout comme, d\u2019ailleurs, la couleur de V\u00e9ra Daviet\u00a0: elle joue de bout en bout avec la lumi\u00e8re, les ombres port\u00e9es, les apparences trompeuses.<\/p>\n<p>L\u2019amour et la haine sont comme la vie et la mort\u00a0: totalement indissociables. Mais c\u2019est de leur affrontement que peut na\u00eetre l\u2019esp\u00e9rance et l\u2019humanisme\u2026 Et c\u2019est bien ce que ce livre nous raconte, en nous faisant p\u00e9n\u00e9trer dans les jeux de la m\u00e9moire d\u2019une enfance sans cesse r\u00e9invent\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jacques Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019Amour est une Haine comme les autres (dessin\u00a0: Lionel Marty \u2013 sc\u00e9nario\u00a0: St\u00e9phane Louis\u00a0 &#8211; couleurs\u00a0: V\u00e9ra Daviet \u2013 \u00e9diteur\u00a0: Bamboo\/Grand Angle)<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un titre en miroir pour une histoire sombre et lumineuse tout \u00e0 la fois\u2026 Un album \u00e9tonnant, \u00e0 la construction narrative originale, au dessin proche d\u2019une certaine forme d&rsquo;expressionnisme\u2026 Un excellent livre \u00e0 lire et \u00e0 faire lire\u00a0! &nbsp; L\u2019Amour est une Haine comme les autres\u00a9 Bamboo\/Grand Angle &nbsp; Tout commence dans les ann\u00e9es trente, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":854,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16,14],"tags":[],"class_list":["post-853","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a","category-bd-de-a-a-f"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/amour1.jpg?fit=1306%2C773&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8dqsu-dL","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=853"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":858,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853\/revisions\/858"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/854"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=853"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=853"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=853"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}