{"id":9318,"date":"2024-09-06T07:52:59","date_gmt":"2024-09-06T05:52:59","guid":{"rendered":"https:\/\/bd-chroniques.be\/?p=9318"},"modified":"2024-10-23T11:47:13","modified_gmt":"2024-10-23T09:47:13","slug":"ligne-de-fuite-trois-recits-trois-destins-trois-moments-dexistence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/2024\/09\/06\/ligne-de-fuite-trois-recits-trois-destins-trois-moments-dexistence\/","title":{"rendered":"Ligne De Fuite \u2013 trois r\u00e9cits, trois destins, trois moments d\u2019existence"},"content":{"rendered":"\n<p>Robert Cullen, l\u2019auteur de ce livre, de ces trois histoires dessin\u00e9es, m\u00e9lange les genres\u00a0: r\u00e9alisateur dans le monde de l\u2019animation, sc\u00e9nariste, illustrateur et, ici, dessinateur de bd\u2026 Avec un ind\u00e9niable talent\u00a0!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"384\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=768%2C384&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9320\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?w=980&amp;ssl=1 980w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=300%2C150&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=768%2C384&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright blueman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Un talent dans la construction graphique, d\u00e9j\u00e0, de ses trois r\u00e9cits\u2026 Venant du monde de l\u2019animation, Robert Cullen aime \u00e0 faire de ses planches des vrais lieux unitaires dans lesquels le mouvement existe, se fait presque palpable, sans pour autant d\u00e9laisser l\u2019expressionnisme des visages et la gestuelle des personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>Un talent \u00e9galement dans la r\u00e9ussite de cet album qui, au travers de trois histoires diff\u00e9rentes, de trois \u00e9poques diff\u00e9rentes aussi, rev\u00eat une v\u00e9ritable unit\u00e9 de ton qui fait de ce livre une approche extr\u00eamement r\u00e9ussie de la destin\u00e9e humaine. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"749\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?resize=749%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9321\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?resize=749%2C1024&amp;ssl=1 749w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?resize=219%2C300&amp;ssl=1 219w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?resize=768%2C1050&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?w=800&amp;ssl=1 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 749px) 100vw, 749px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright blueman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Une ligne de fuite, c\u2019est ce qui conduit, de mani\u00e8re imaginaire et uniquement visuelle, \u00e0 la jonction de toutes les routes qui forment un tableau, ou, ici, un r\u00e9cit\u2026 C\u2019est un terme \u00e9minemment artistique qui explique bien, d\u00e8s l\u2019abord de ce livre, qu\u2019on va entrer dans un album dans lequel le trait va avoir une importance capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Robert Cullen, s\u2019appropriant le langage du neuvi\u00e8me art, sait \u00e9galement l\u2019importance de raconter une histoire, DES histoires qui puissent s\u2019adresser \u00e0 tout un chacun. Et les trois narrations qui emplissent ce livre ne mettent en sc\u00e8ne, d\u00e8s lors, que des gens normaux, ordinaires, des humains comme vous et moi dont la vie, un jour, se brise, se dirige insensiblement vers un point de plus en plus proche o\u00f9 l\u2019existence se r\u00e9sume \u00e0 une fuite infinie.<\/p>\n\n\n\n<p>Je le disais, trois r\u00e9cits font toute l\u2019unit\u00e9 de ce livre. Il y a d\u2019abord \u00ab&nbsp;le tour de la disparition&nbsp;\u00bb, qui met en sc\u00e8ne un magicien, une assistante, et des disparitions qui ouvrent une br\u00e8che de fantastique dans la grisaille du quotidien\u2026 Une br\u00e8che de laquelle jaillissent des amours et des \u00e9go\u00efsmes terriblement humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a ensuite \u00ab\u00a0perdre corps\u00a0\u00bb, qui m\u00eale aussi le fantastique \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, mais avec une th\u00e9matique extr\u00eamement puissante, et qui ne peut que parler \u00e0 tout le monde, celle de la mort d\u2019un \u00eatre aim\u00e9 qu\u2019une femme continue, pour survivre, \u00e0 imaginer \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s\u2026 Un r\u00e9cit bref qui ne nous dit pas comment faire son deuil, mais qui nous montre que le deuil est une d\u00e9rive exclusivement personnelle\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a enfin \u00ab\u00a0Sir\u00e8ne\u00a0\u00bb, qui nous montre un homme vieillissant, sourd, portant en lui une d\u00e9chirure terrible, celle de la mort, au cours d\u2019un cambriolage, dont il est -ou se sent- responsable\u2026 <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"767\" height=\"454\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?resize=767%2C454&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9322\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?w=767&amp;ssl=1 767w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?resize=300%2C178&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 100vw, 767px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright blueman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Les points communs entre ces trois r\u00e9cits sont assez nombreux. Il y a d\u2019abord, comme dans les meilleurs r\u00e9cits de Pr\u00e9vot, Thiry, l\u2019inversion soudaine de la r\u00e9alit\u00e9 face \u00e0 l\u2019\u00e9vidence d\u2019un monde qui ne se contente pas d\u2019\u00eatre lisse et fait d\u2019habitudes. Il y a ensuite le poids de l\u2019absence\u2026 Absence humaine\u2026 Absence d\u2019amour\u2026 Absence d\u2019\u00e9motion\u2026 Absence \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 soi-m\u00eame, en m\u00eame temps\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, autre point commun, la force du dessin de Cullen\u2026 Un noir et blanc profond pour le premier r\u00e9cit, avec une lumi\u00e8re sombre omnipr\u00e9sente\u2026 Un dessin aux couleurs d\u00e9licates, pastel, se transformant peu \u00e0 peu en une colorisation presque horrifique pour le deuxi\u00e8me r\u00e9cit\u2026 Un noir et blanc puissant m\u00eal\u00e9 d\u2019\u00e9clairs de couleurs vives qui montrent sans devoir l\u2019expliquer la surdit\u00e9 du personnage, un noir et blanc qui, superbement, devient pratiquement abstrait\u2026 Tant il est vrai que l\u2019existence, celle de tous les personnages de ce livre \u00e9tonnant, la n\u00f4tre aussi, ne se r\u00e9sume jamais par la seule raison\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"748\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png?resize=748%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9324\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png?resize=748%2C1024&amp;ssl=1 748w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png?resize=219%2C300&amp;ssl=1 219w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png?resize=768%2C1051&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-3.png?w=877&amp;ssl=1 877w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">copyright blueman<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ce livre est une \u0153uvre rare, \u00e0 sa mani\u00e8re\u2026 Un album d\u00e9routant, un album \u00ab&nbsp;beau&nbsp;\u00bb \u00e0 voir, dans lequel se balader \u00e0 son propre rythme, aussi\u2026 Une de ces bandes dessin\u00e9es dans lesquelles le trait raconte autant l\u2019histoire que ce que les dessins nous montrent\u2026 Un album dans lequel les mots et leurs repr\u00e9sentations participent aussi \u00e0 l\u2019\u00e9motion des planches\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une belle d\u00e9couverte, qui prouve, si besoin en \u00e9tait encore, que le neuvi\u00e8me art est v\u00e9ritablement un art \u00e0 part enti\u00e8re&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques et Josiane Schra\u00fbwen<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ligne De Fuite (auteur&nbsp;: Robert Cullen \u2013 \u00e9diteur&nbsp;: \u00e9ditions blueman \u2013 ao\u00fbt 2024 \u2013 127 pages)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Cullen, l\u2019auteur de ce livre, de ces trois histoires dessin\u00e9es, m\u00e9lange les genres\u00a0: r\u00e9alisateur dans le monde de l\u2019animation, sc\u00e9nariste, illustrateur et, ici, dessinateur de bd\u2026 Avec un ind\u00e9niable talent\u00a0! Un talent dans la construction graphique, d\u00e9j\u00e0, de ses trois r\u00e9cits\u2026 Venant du monde de l\u2019animation, Robert Cullen aime \u00e0 faire de ses planches [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9319,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[22,35],"tags":[],"class_list":["post-9318","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bd-de-g-a-l","category-l"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/bd-chroniques.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/lignejpg.jpg?fit=850%2C1168&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8dqsu-2qi","jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9318"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9318\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9325,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9318\/revisions\/9325"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9319"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bd-chroniques.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}