La Grande Histoire De Rouen – Dix-neuf chapitres pour raconter la capitale de la région Normandie

La Grande Histoire De Rouen – Dix-neuf chapitres pour raconter la capitale de la région Normandie

Les éditions « petit à petit » ont fait le choix, depuis plusieurs années, de faire découvrir aux lecteurs « l’Histoire de France à travers l’histoire des villes », et de choisir, pour ce faire, de mêler à des articles de fond des « nouvelles » en bd…

copyright petit à petit

Pour la ville de Rouen, joyau historique d’une région qui a connu, au cours de son histoire, bien des déboires, l’éditeur a édité quatre albums… Dont il a retiré la substantifique moëlle, à sa manière, pour nous offrir aujourd’hui une « intégrale ». Ou, plutôt, un choix subjectif parmi tous les récits déjà publiés par ses soins. Un choix qui, ma foi, ne manque ni de qualité, ni d’élégance.

La particularité de cette collection, c’est de laisser des scénaristes, des coloristes et des dessinateurs, variés, nombreux, raconter en quelques pages quelques quotidiens historiques d’une cité, et entrecouper ces bandes dessinées de pleines pages plus sérieuses, plus résolument historiques. Dans ce « Rouen », il en va de même, avec, au niveau des récits graphiques, un fil rouge mêlant à la grande Histoire une forme de légende nourrie d’ésotérisme et de fantastique.

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Reconnaissons que ce fil rouge manque parfois de consistance, semble être là de manière artificielle pour donner un semblant d’unité à l’album. Mais, petit à petit (et ce n’est pas un jeu de mots…), par le biais de ce fil rouge, la narration se construit de manière quelque peu ludique, tout en respectant, aussi, la trame vécue, donc Historique, des différentes histoires racontées.

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Parce que, finalement, c’est de cela qu’il s’agit dans ce livre : nous raconter l’histoire d’une ville au cours des siècles, et le faire avec une simplicité qui n’a rien de simpliste, et le faire en s’amusant, et, donc, en nous amusant, lecteurs redécouvrant le plaisir de picorer au fil des pages, dessinées ou écrites, des éléments d‘un patchwork qui finissent par former les contours d’un portrait humain, complexe et le plus complet possible, le portrait d’une cité, donc des hommes et des femmes qui en ont fait leur capitale.

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Rouen s’est d’abord appelé Rotomagus… On a vu s’y faire assassiner Crixius, un gladiateur pourtant invincible… On y a vu l’empire romain s’effilocher, et la religion catholique y prendre une place de plus en plus importante, avec Saint Ouen, par exemple, ou Rollon. On y a vu briller un certain Guillaume devenu conquérant… On y a vu régner la faucheuse et sa peste noire. On y a vu Jeanne d’Arc s’y faire juger, s’y faire brûler, s’y faire rejuger et devenir sainte.

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On y a vu toutes les affres de l’Histoire prendre vie et mort, jusqu’aux guerres qui ont fait du vingtième siècle, en finalité, la suite logique d’une histoire humaine, donc horrible de toute façon. On y a vu fleurir l’art, naître madame Bovary, on y a vu la science y partager ses modernités avec force. Rouen, comme toutes les grandes villes, peut sans aucun se doute se définir et se découvrir comme un puzzle dans lequel les différentes pièces ne prennent sens que l’œuvre terminée. Et ce livre est un puzzle… Mais un puzzle suivant une chronologie précise… Un puzzle dans lequel, en 19 chapitres, en dix-neuf bd, en dix-neuf articles, s’éveillent les curiosités de celles et ceux qui s’y plongent, s’y laissent guider. Et la curiosité est et restera toujours le premier des signes de l’intelligence, comme aurait pu le dire Flaubert…

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Comme dans toute œuvre dessinée collective, les styles s’avèrent très différents les uns des autres, parfois. La couleur, elle, parvient à créer, même sous la main de plusieurs coloristes, une sorte d’unité visuelle de l’album. J’aime la bande dessinée, j’aime plusieurs des récits qui émaillent celle-ci, mais je pense aussi, le livre refermé, que sa qualité première se situe d’abord dans les textes explicatifs… Ce qui, finalement, réconcilie les mots et les petits mickeys, la réalité et l’imaginaire, sans besoin d’alibi cher aux pratiquant de « romans graphiques ». C’est, ici, une bd agréable à lire, à regarder… Et qui donne l’envie d’aller découvrir, ou revoir, cette cité dans laquelle l’humanité s’est en partie construite, comme dans toutes les villes à taille humaine…

Jacques et Josiane Schraûwen

La Grande Histoire De Rouen (auteurs : divers – éditeur : petit à petit – avril 2025 – 159 pages)

Jésus Aux Enfers – Trois jours de la vie du Christ dont les Evangiles « officiels » ne disent rien !

Jésus Aux Enfers – Trois jours de la vie du Christ dont les Evangiles « officiels » ne disent rien !

Un livre étonnant, un livre original, un livre à découvrir !

copyright soleil

En une époque où il est souvent de très bon ton de se moquer de la religion, des religions même, voire de les fustiger, on ne peut que s’étonner de voir apparaître un livre comme celui-ci ! On pourrait aussi croire, alors, que l’auteur d’un tel ouvrage fait là œuvre de croyant. Mais il n’en est rien… Thierry Robin, l’auteur de cet album, s’est bien plus intéressé à ce que sont les évangiles… A la façon qu’ils ont eue d’aider à la propagation d’une religion.

Thierry Robin

Thierry Robin, ainsi, a décidé de s’inspirer des évangiles que l’on connaît, du Credo également, cette prière catholique qui dit : « Jésus est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ».

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Et d’un évangile, celui de Nicodème, un évangile qui était présent dans l’Eglise jusqu’aux années 300, et qui parle justement de ces trois jours aux enfers…

Thierry Robin

C’est à partir de ce texte que Thierry Robin a décidé de parler de ces trois journées, en une bande dessinée qui s’enfouit résolument dans une forme de fantastique… Une vraie gageure…

Thierry Robin

Et c’est par ce biais du fantastique, incontestablement, que Thierry Robin crée une œuvre originale, qu’il transforme une histoire qui a donné vie à la religion catholique et qu’il en fait quelque chose de résolument humain… Le fantastique, en littérature, peut prendre bien des formes… Celle que choisit Thierry Robin est dans la continuité graphique de quelques anciens, comme Druillet… Dans la continuité littéraire de quelques textes du dix-neuvième siècle, également. Il s’agit bien d’une touche personnelle, sans aucun doute possible, d’un regard non formaté, aussi, sur l’histoire de cet évangile de Nicodème.

Thierry Robin

Thierry Robin a totalement réussi son pari de nous offrir un livre passionnant, tous publics, non engagé, ni religieusement, ni philosophiquement. Certes, cet album s’inscrit dans ce que notre culture a de judéo-chrétien comme on dit… Il n’a rien d’une œuvre « catho », mais, en même temps, il n’a rien d’agressif, rien de provocateur vis-à-vis de la religion chrétienne… Et il y a une vraie touche personnelle, dans la rencontre avec Satan par exemple, empreinte d’humour, de jeux de mots, même.

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Et on ne peut que savourer les dialogues de Jésus avec les âmes qu’il vient libérer, avec David, avec Noé, traumatisé d’avoir dû sauver des animaux et laisser mourir des humains, avec le couple Adam et Eve, tout cela est passionnant, souriant, intelligent aussi, et agrémenté de bien des notes venant des évangiles…

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Le dessin et ses couleurs font de cet album un ouvrage qui peut parfois faire penser à la bd sud-américaine, par son travail soigné des aplats noirs, font surtout de ce livre une œuvre originale, avec un superbe sens de la mise en scène. Avec, également, des références cinématographiques, à Cocteau ou à Bergmann, par exemple. Un livre étonnant, donc, et qui mérite le détour !

Thierry Robin

C’est un livre étonnant, oui ! Et à quoi servirait l’art, dites-moi, le neuvième en l’occurrence, s’il n’était pas capable de nous surprendre ! Et, ce faisant, de nous faire réfléchir à cette société dans laquelle nous vivons et dans laquelle, finalement, le « fantastique » occupe une vraie place souvent prépondérante ! Bien plus « humaine » que la sacro-sainte raison qui occupe, de nos jours, le haut du pavé !

Jacques et Josiane Schraûwen

Jésus Aux Enfers (auteur : Thierry Robin – éditeur : Soleil/Quadrants – avril 2025 – 120 pages)

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Grand prix d’Angoulème

Grand prix d’Angoulème

« L’illustratrice et autrice de BD Anouk Ricard a reçu ce mercredi 29 janvier la récompense suprême du 9e Art: le Grand Prix du Festival International de la BD d’Angoulême.

Une consécration pour une artiste discrète dont le travail est pourtant connu de tous sur les réseaux sociaux. » (sic)

copyright anouk ricard

Et donc, c’est à une extraordinaire dessinatrice, à la technique sans faille, que ce prix, censé récompenser un(e) artiste pour l’ensemble de son oeuvre, pour l’apport, donc, que cette oeuvre a offert au neuvième art! Mon avis personnel est aussi simpliste que l’art de cette gagnante: Angoulème est vraiment descendu(e) bien bas! A force de suivre les modes, on finit par précéder une mort annoncée… Tel est en tout cas mon désir, et devrait, je pense, être celui de bien des vrais auteurs, femmes et hommes de la bande dessinée!

Les images sont, bien évidemment, copyright Anouk Ricard…

copyright anouk ricard

Jacques Schraûwen