Hanami – Toi, Moi, 19m² et le Japon

Hanami – Toi, Moi, 19m² et le Japon

Un voyage initiatique ?… L’aventure totale pour un jeune couple ?… Un rêve qui se réalise ?… Ce livre est un peu tout de cela…

copyrightboiteabulles

Il y a quelques années, Julia et Marc ont quitté l’Espagne pour aller vivre, des mois durant, au Japon, et réaliser ainsi un des buts de leur jeune existence passionnée par ce pays lointain, sa culture et, évidemment, ses mangas. Ce livre est une sorte de carnet de voyage de Julia Cejas, son autrice-actrice. Un carnet riche d’anecdotes construites comme des petites saynètes, un carnet qui mêle le regard vers la nature, l’introspection, et le farfelu d’aventures quotidiennes.

copyrightboiteabulles

Avec un dessin vif, rapide, parfois à la limite de l’esquisse, Julia Cejas nous montre que bien des différences existent entre le rêve et la réalité, entre ce qu’on apprend dans les livres et la vérité du quotidien, entre des cultures usant pourtant d’un même média, le dessin. Tranche de vie, souriante, tranches de vie plurielles, émerveillements et étonnements, ce livre tutoie à la fois l’humour et la tendresse, d’une façon graphique et narrative très actuelle.

Jacques et Josiane Schraûwen

Hanami – Toi, Moi, 19m² et le Japon (autrice : Julia Cejas – éditeur : La Boîte à Bulles – 2022 – 136 pages)

copyrightboiteabulles

Jeremiah – 41. Casino Céleste

Jeremiah – 41. Casino Céleste

Non, la bande dessinée ne vit pas que dans les salons de Paris, d’Angoulème ou de Bruxelles! Et c’est à Ath, tout simplement, que j’ai le plaisir de croiser la route, et les dessins, d’Hermann…

copyright schraûwen

Hermann appartient totalement, et le nier serait mensonger, à l’histoire du neuvième art. Son évolution graphique, son évolution au niveau de l’écriture, son caractère bien trempé, son mépris pour les modes imbéciles font de son œuvre, tout simplement, un chemin de liberté que très peu d’autres auteurs ont réussi à tracer !

copyright dupuis

Les « pisse-vinaigre », les bien-pensants « pisse-copies » ont pris l’habitude, depuis quelque temps, de dénigrer Hermann… Plus que de la jalousie, il s’agit de la preuve évidente que la triste connerie humaine devient de plus en plus une réalité…

On peut ne pas aimer tel ou tel album… On peut trouver, pourquoi pas, que le trait a changé, que la construction devient chaotique. Mais ces « posts », ces articles aussi qui se permettent de ne dire que du mal me font penser vraiment à une sorte de guerre ouverte de la part d’imbéciles parvenus vis-à-vis d’un talent qu’ils n’auront jamais !

copyright dupuis

Voilà qui est dit, n’en déplaise aux décérébrés qui se pensent experts et qui ne sont même pas amateurs !

Et donc, je peux reconnaître que ce 41ème opus de la saga « Jeremiah » est déconcertant à bien des niveaux… Mais le plaisir d’être déconcerté et de découvrir un album de ce que je pourrais appeler de la « bd-rythme », permet de dépasser cette première sensation. Hermann est un artiste qui a toujours évité, le plus possible, les habitudes et leurs routines, leurs tics. Et, oui, j’ai été déconcerté par ce « Casino céleste », et j’ai surtout été séduit…

Du côté du scénario, on retrouve Jeremiah et Kurdy, engagés pour une mission dont ils ne semblent pas plus que les lecteurs connaître le sens, perdus dans un lieu de violence, de haine, de pouvoirs, et aussi de révolte contre deux frères psychopathes…

Ce qui me frappe, en fait, dans ce scénario, c’est qu’il semble suivre le rythme du dessin et de la couleur, s’écrire, en quelque sorte, automatiquement, emporté non par l’imagination de son auteur, mais par celle du dessin, de la lumière, de la couleur.

copyright dupuis

« Jeremiah » est une série étrange… On encense, et on a mille fois raison de le faire, l’époustouflant « La Route » de Larcenet… Un album « postapocalyptique » comme l’est toute la saga de « Jeremiah », une série qui se révèle être une véritable fresque « du hasard ». Et d’un côté comme de l’autre, au travers de cette route et de ce casino céleste, ce sont d’identiques points de fuite qui se dessinent… La nécessité d’une révolte, la lutte constante contre l’horreur, la petitesse de tant et tant d’humains… Larcenet déploie un génie graphique sublime pour pénétrer dans cet univers glauque, Hermann se laisse porter par des ambiances crépusculaires, par des couleurs omniprésentes et estompant le réel pour mieux en dessiner les turpitudes et les violences… Il y a chez lui une certaine forme littéraire, visuelle, proche parfois des illuminations d’un Tarentino… Ou du sens des regards que Leone avait…

copyright dupuis

Hermann s’amuse à touiller dans toutes les nostalgies qu’il croise… Il aime aussi, de ci de là, agrémenter son livre de quelques références, parfois humoristiques… Par une forme d’amitié entre « confrères », puisqu’on retrouve, dans un personnage terriblement ambigu, l’ami Walthéry. Il a besoin aussi, et Larcenet ne fait pas autre chose d’ailleurs, de garder une forme d’espérance… L’ultime planche de ce « Casino céleste » n’est-elle pas, à ce titre, l’espoir infini que l’Amour puisse rester, finalement, la seule valeur véritablement humaine…

copyright schraûwen

J’ai eu le plaisir de rencontrer Hermann, au sujet de ce livre, et de le laisser parler… J’ai eu le plaisir de retrouver, une fois encore, un homme droit, un homme sans compromissions, un artiste complet… Oui, je l’ai laissé parler, et je vous propose donc de l’écouter, in extenso… Fidèle à ce qu’il a toujours été !… Un ours à moitié léché, comme le disait La Fontaine !…

Hermann

Jacques et Josiane Schraûwen

Jeremiah – 41. Casino Céleste (auteur : Hermann – éditeur : Dupuis – octobre 2024 – 48 pages)

Histoire De L’Art Au Féminin

Histoire De L’Art Au Féminin

Une bande dessinée documentaire, scénarisée par Marion Augustin et dessinée par Sara Colaone, qui replace dans la réalité de l’histoire de l’art la femme et ses réalisations.

copyright casterman

Au départ du projet de ce livre, il y a ce constat très simple : dans les musées, on ne peut pas dire que les femmes autrices sont particulièrement représentées… Pourquoi ? Parce que, force est de le reconnaître, l’histoire de l’art, pendant des siècles, a été écrite par des hommes, à l’intention d’autres hommes ! Même s’il est vrai qu’on connaît Frida Kahlo, Marie Laurencin, Tamara De Lempicka…

copyright casterman

Ce sont des femmes qui sont parvenues à s’imposer dans un univers presque exclusivement mâle, le monde de l’art, au sens large du terme, parce que c’est bien d’arts variés, finalement, que nous parle ce livre.

copyright louise bourgeois

Et les autrices de cet album ont ainsi fait le pari de nous présenter, d’époque en époque, des femmes qui ont occupé une véritable place dans le monde de l’art, souvent pictural, mais pas uniquement. Et c’est un pari gagné, avec un texte et un dessin parfaitement en accord, presque virevoltants, et des personnages féminins hauts en couleur dont on ne peut qu’avoir envie de découvrir les œuvres, ce livre refermé…

copyright casterman

Des femmes artistes qui ont utilisé la peinture, la sculpture, la photographie comme moyens de s’affirmer, mais aussi d’affirmer une forme évoluant sans cesse du féminisme. Sans culture, pas de civilisation, sans peinture, pas de culture.

copyright casterman

Et c’est ainsi que, par petites touches narratives, on part à la rencontre, dans ce livre, de Rosa Bonheur, de Gabrielle Münter, d’Artemissia Gentileschi, et de bien d’autres encore… Avec une narration en bd vive et souple, avec aussi des portraits plus concis de certaines de ces héroïnes de la grande Histoire de l’Art, écrits par Sophie Caron et illustrés par Louise Nelson, et dont la fidélité historique permet de rendre cet album véritablement didactique également.

copyright casterman

On dit souvent que derrière chaque grand homme, il y a une femme… On peut dire qu’aux côtés des hommes « créateurs artistiques », il y de grandes artistes féminines qui ne demandent qu’à être redécouvertes ! De siècle en siècle, ce sont ces femmes, bien souvent, qui ont réussi à faire évoluer le monde de la peinture ! Grâce à leur regard, grâce à leur façon hors des chemins battus de rendre vivante une réalité qui leur appartenait et leur appartient toujours!

copyright casterman

Un livre sérieux, traité avec une sorte de légèreté bien agréable, et qui parvient à nous ouvrir les yeux sur ce qu’ils ne voulaient peut-être pas voir…

Jacques et Josiane Schraûwen

Histoire De L’Art Au Féminin (dessin : Sara Colaone – scénario : Marion Augustin – éditeur : Casterman – septembre 2024 – 144 pages)