L’Incroyable Histoire Du Vin

L’Incroyable Histoire Du Vin

Un voyage tout en plaisir à travers les mille paysages et les mille époques du vin… De la préhistoire à nos jours, l’Histoire du vin est une extraordinaire aventure… Humaine, religieuse… Et, surtout, une plongée profonde dans les délices du plaisir et du partage… Avec modération, bien évidemment (paraît-il…) !


L’incroyable histoire du vin © Les arènes bd

Depuis quelques années, le vin est devenu un thème souvent utilisé dans le monde de l’édition. Les romans qui parlent de ce breuvage, qui en usent comme moteur narratif ou comme simple décor, ne manquent pas. Ils n’ont jamais manqué, d’ailleurs, il faut le reconnaître ! Par contre, dans le monde de la bande dessinée, ce n’était pas le cas, le vin n’était présent que par hasard, et le plus souvent pour le  » gag « .

Mais les choses ont bien changé ! Et il serait presque fastidieux, aujourd’hui, de citer toutes les séries bd qui ont fait du vin l’élément moteur et principal de leurs intrigues.

On peut épingler quelques titres, malgré tout…  » Les Ignorants « , d’Etienne Davodeau, chez Futuropolis.  » Châteaux Bordeaux « ,  » Bodegas  » et  » In Vino Veritas  » chez Glénat, avec souvent Corbeyran aux commandes scénaristiques, ou encore quelques livres d’humour chez Bamboo.

Et sans doute était-il temps que quelqu’un dépasse le seul aspect anecdotique (tout en étant didactique…) du vin, pour nous dresser véritablement le portrait de cette boisson aimée des dieux avant d’être adorée par les hommes.

C’est chose faite, avec ce livre de quelque 120 pages, dans lequel Benoist Simmat et Daniel Casanave nous emmènent dans les méandres de l’Histoire de l’humanité, une Histoire qui se mêle intimement à celle du vin… Et le guide qui nous est proposé dans cet album allait de soi, puisqu’il s’agit de Bacchus !

Benoist Simmat: La BD

Benoist Simmat: Bacchus

L’incroyable histoire du vin © Les arènes bd

C’est avec les toutes premières civilisations qu’est né le vin. C’est avec les premières conquêtes (militaires ou marchandes…) qu’il s’est propagé à travers le monde.

Et Bacchus, demi-dieu, donc profondément humain, nous guide, de page en page, dans un périple qui, de siècle en siècle, de millénaire en millénaire, finit par couvrir la totalité du globe terrestre.

Alors que la bière est restée pendant très longtemps réservée à la classe populaire, le vin, quant à lui, mystérieux dans sa création, a jusqu’il y a peu (quelques siècles à peine) été destiné aux classes dominantes, et, mieux encore, aux membres du pouvoir religieux.

Cette prise de possession de la religion sur le vin s’explique, comme nous le dit Bacchus et nous le prouve l’histoire de tous les peuples de la terre, par l’ivresse qu’il provoque, une ivresse totalement étrangère à celle que peut provoquer la bière, une ivresse qui est restée inexplicable avant que la science s’y intéresse de près…

Et en l’absence de science, cette ivresse fut considérée comme le meilleur chemin à suivre pour parler et dialoguer avec les dieux, pour en devenir le messager sur terre.

Le vin est par exemple très présent aussi dans la religion musulmane, malgré l’interdit qui le frappe aujourd’hui, comme nous le montre et nous l’explique ce livre !


Benoist Simmat: Ivresse et religion

L’incroyable histoire du vin © Les arènes bd

Le vin est donc le signe de la lumière divine… Une lumière dont il doit se cacher, en même temps, pour ne pas se dégrader…

Ainsi, ce breuvage a été de tout temps et reste aujourd’hui empreint de bien des symbolismes! 

Et même la science, avec Pasteur entre autres, avec, aujourd’hui, les vins naturels, avec, de nos jours, la possibilité pour tout un chacun de faire du vin en connaissant les arcanes de sa fabrication et en ne laissant pas faire le seul hasard, même la science, oui, et ses inventions qui ont permis au vin de devenir  » courant « , laisse la première place au plaisir. Et ce plaisir à savourer un bon verre de vin, un Savigny-les-Beaune, un coteaux du Layon déniché chez un petit producteur, un Rioja ou un Barolo, semble même s’amplifier du fait de toutes ces avancées techniques, scientifiques, technologiques, qui permettent à la qualité du vin de s’épanouir de mieux en mieux… Il ne faut pas oublier, non plus, que le vin fut considéré dans plusieurs civilisations et plusieurs époques comme un moyen de médecine, également !…


Benoist Simmat: inventions et plaisir

L’incroyable histoire du vin © Les arènes bd

Cela dit, même si ce livre est passionnant de bout en bout, fouillé, même si, didactiquement, il permet à tout le monde de découvrir des réalités dont on ne se rendait pas compte (la différence entre les vins mutés et les vins liquoreux, par exemple…), l’essence même de son contenu est de rappeler à tous les lecteurs que le vin est d’abord et avant tout un plaisir de partage ! Loin de Noé, et de la première ivresse de la Bible, le vin appelle la conversation. Boire seul n’a que peu d’intérêt, la solitude n’amenant, en tout état de cause, que très peu de bonheur à l’âme comme à la chair.

Et c’est bien là la leçon et la morale de ce livre : le vin est un plaisir, depuis l’aube des temps ou presque, et tout plaisir ne peut s’épanouir que dans l’échange et le partage !


Benoist Simmat: plaisir du partage

L’incroyable histoire du vin © Les arènes bd

Jacques Schraûwen

L’Incroyable Histoire Du Vin (dessin : Daniel Casanave – scénario : Benoist Simmat – éditeur : Les Arènes BD)

Island: 1. Deus Ex Machina

Island: 1. Deus Ex Machina

Un livre pour jeune public, qui aborde, grâce à un bon récit d’aventure, des thèmes très actuels… Dans cette chronique, écoutez le scénariste!

 

Island – © rtbf

Oui, c’est une bédé tous publics, comme on dit, destinée, plus particulièrement même, aux jeunes lecteurs, à partir de 10 ans…
Ce que ça raconte ?… L’arrivée, sur une île, d’une bande de gamins…. Ils ne savent pas comment ils en sont arrivés là, ils se souviennent, tout au plus, d’un stage de voile, d’une brume épaisse, et puis, c’est le trou noir.
Et, sur cette île, ils sont confrontés à des monstres, à des événements bizarres : tremblement de terre, éruption volcanique, tornade…
On peut penser très vite, donc, à de la science fiction pour adolescents, et il faut reconnaître que, dans les premières pages, on a une impression de déjà lu, de déjà vu… Cela ressemble, oui, au début de l’histoire de  » Seuls « , excellente série bd de chez Dupuis.
C’est vrai qu’il y a les codes habituels au genre « littérature pour la jeunesse »: un groupe de gosses, un souffre-douleur, un empoté, une fille, un costaud qui se prend pour le nombril de l’univers…
Mais tout ce que vit cette bande de gosses obligés de s’unir pour survivre est totalement explicable, finalement ! Cette île appartient à un magnat du cinéma et de la télévision qui a compris que le public a besoin, en guise d’effets spéciaux, de réalités plutôt que de virtualités. Et cette île lui sert de laboratoire pour tester ses inventions, pour filmer, aussi…. Et s’il y a des blessés, réels, des mots même, tant mieux, cela se retrouvera dans des séries télé comme Lost, ou Prison Break, ou dans des films de Lucas ou de Spielberg !

Sébastien Mao: l’inspiration

 

Sébastien Mao: les explications

 

Sébastien Mao: les références cinématographiques

 

Island©Bamboo

 

Ce n’est donc pas uniquement de la  » distraction  » pour jeunes, vous l’aurez compris !…
Certes, ce n’est pas une « grande bd »… Le dessin est simple, passe-partout presque, dans la lignée de ce que produit l’éditeur Bamboo… La couleur, par contre, ajoute à ce dessin une lumière et une variation d’impressions et d’ambiances qui ne manquent vraiment pas d’intérêt!

Finalement, c’est un livre intelligent, avec un fond qui, sous couvert d’une bonne bd d’aventures, parle de vrais problèmes de société, et le fait en s’adressant aux adolescents sans mièvrerie !
Dans notre univers où la virtualité offre, en télé comme au cinéma, sur tablette ou téléphone, des images plus que percutantes, cet album dépasse les apparences, nous montre que la manipulation de l’image est aussi celle qui asservit les êtres humains… C’est fait de manière bon enfant, ce message, mais il est bien présent ! Et le propriétaire de cette île fait penser à ces magnats, des médias comme de la politique, qui croient avoir toutes les libertés pour assouvir leur soif de richesse et, donc, de pouvoir…  Mais, je le répète, c’est une bonne bédé tous publics, et qui, intelligemment, ne cherche pas à perdre ses lecteurs en cours de route…

Sébastien Mao: le dessin

 

Sébastien Mao: la couleur

Jacques Schraûwen

Island: 1. Deus Ex Machina (dessin: Pierre Waltch, scénario: Sébastien Mao, éditeur: Bamboo édition)

Interférences

Interférences

Les années 70, cheveux longs et esprit de rébellion, et les radios pirates… Une BD qui, au-delà de la nostalgie, parle de liberté de parole, et une chronique dans laquelle écouter Jeanne Puchol, une dessinatrice formidablement efficace !

 

Le dessin de Jeanne Puchol, en effet, sans besoin d’ostentation, est d’une belle efficacité. Souple, expressif, il réussit à la fois à s’attarder sur les personnages qu’elle met en scène, et leurs expressions, et à la fois à nous plonger dans des décors, lieux, vêtements, publicités, propres à une époque révolue, certes, mais porteuse de messages humanistes et libertaires évidents.

Tout commence, dans ce livre, par une interview, dans le studio d’une radio d’aujourd’hui, de l’auteur d’un livre consacré à ce qu’étaient les radios pirates.

Tout continue par l’aventure vécue, dans les années 70, par deux jeunes, Alban et Pablo, séduits par cette manière de prendre la parole, et se lançant dans la création d’une radio pirate,  » Radio Nomade « .

N’allez pas croire, cependant, que cet album se contente de nous montrer ce qu’était cette  » mode  » des radios pirates, donc interdites. Bien sûr, on en parle, et beaucoup, mais pour aborder, surtout, tout autre chose. Ce livre est le portrait de toute une époque, d’un moment du vingtième siècle, dans le post-mai 68, avec une jeunesse vivant d’amitié, d’amour, de révolte, de créativité aussi, et d’engagement idéologique, le tout dans un climat politique qui ne cherche à tirer les leçons de Mai 68 que pour en éviter des « répliques »…

 

Jeanne Puchol: le dessin

 

Jeanne Puchol: toute une époque…

Avec Laurent Galandon au scénario, on sait qu’on va se plonger dans un récit qui, au-delà de la simple narration d’événements précis, cherche à s’éloigner de l’anecdote pour nous parler de l’humain, de ses aspirations, de ses failles, de ses éblouissements.

C’est ainsi qu’on parle dans cet album plus des interférences entre les individus que de celles des ondes radio.

Tout commence avec une ambiance très  » A nous les petits anglaises « … Tout continue avec l’amitié improbable entre deux Jeunes issus de milieux sociaux totalement différents, tout se vit dans une ambiance de rêves corsaires se transformant en réalités de musiques et de mots partagés.

On passe aussi, au fil des pages, donc des mois et des années, d’un idéalisme révolutionnaire à un pragmatisme libéral.

Dans son scénario, Galandon n’évite aucune des contradictions propres à cette époque : l’utopie et la violence terroriste, la clandestinité et le besoin de reconnaissance, le combat et la politique, la lutte des classes et le mensonge idéologique…

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Ce livre n’a rien d’un pensum, et s’il nous parle de liberté de parole, c’est avec dynamisme, tout au long de ce qui se révèle en priorité comme une aventure humaine !

Jeanne Puchol: Galandon, le scénariste

 

Jeanne Puchol: liberté de parole

En se plongeant dans cette époque désormais révolue, en découvrant ce que fut la radio hier, en un aujourd’hui où les réseaux sociaux prennent le pouvoir, tous les pouvoirs avec l’illusion d’une vraie liberté de la parole, on ne peut que se poser des questions, bien entendu. Sur l’évolution de notre société, sur l’anarchie d’hier devenue le conformisme d’aujourd’hui, sur la capacité de révolte ou de simple résistance du monde qui est le nôtre…

Et le regard que posent les auteurs de ce livre sur l’amitié, la trahison, l’engagement, est un regard objectif, certes, mais qui s’ouvre, en l’aujourd’hui, sur des espérances en une jeunesse capable, elle aussi, de répondre à des enjeux essentiels et humanistes…

Galandon et Puchol sont optimistes… Puissent-ils avoir raison !

Jeanne Puchol: la jeunesse

Livre d’histoire et d’Histoire, livre humaniste, livre libertaire, livre engagé, livre d’amitié, livre tout en sourires, livre au dessin tout en souplesse et au scénario véritablement historique, mais à taille humaine, ce  » Interférences  » est passionnant, de bout en bout… Pour les lecteurs qui ont vécu cette époque, mais aussi pour les plus jeunes, ceux qui veulent savoir, simplement, d’où ils viennent pour mieux assumer leur présent…

Jacques Schraûwen

Interférences (dessin : Jeanne Puchol – scénario : Laurent Galandon – éditeur : Dargaud)