Lynx

Lynx

Une série de science-fiction et d’écologie, au sens large du terme !

On pourrait croire à une bd de plus surfant sur des thématiques à la mode, mais il n’en est rien. LYNX, c’est de la bonne bande dessinée d’aventures futuristes !

Lynx © Paquet

Le neuvième art a toujours aimé la science-fiction. Valérian, Blake et Mortimer, Le vagabond des limbes en sont des exemples européens parfaitement réussis.

Et ici, avec la série LYNX, dont deux albums sont déjà parus, la réussite est aussi au rendez-vous. Et si on y parle d’écologie, j’insiste sur le fait qu’il s’agit surtout d’une histoire qui tient la route, qui privilégie l’aventure, et qui s’intéresse d’abord à ses personnages. Des personnages qui ont une histoire, un passé, des personnages qui évoluent, des personnages qui parlent, et qui « sonnent » juste.

Serge Perrotin : les personnages

Résume le thème central de cette série dont deux volumes sont déjà parus est assez simple.

Lynx © Paquet

Dans un futur plus ou moins lointain, il existe un département interplanétaire de prévention des catastrophes écologiques. Les agents de ce département sont appelés les Lynx, ces animaux qu’on a réintroduits sur Terre, au vingt-et-unième siècle, pour rétablir un équilibre écologique mis en danger dans les forêts.

Un de ces agents, Bor, se voit obligé d’accepter une jeune collègue, la jolie et tempétueuse Annet Pyriev, dont le père est un des grands entrepreneurs qui sont à la source de bien des dérèglements écologiques. Leurs enquêtes vont donc unir leurs destinées, de planète en planète.

Lynx © Paquet

Et chaque planète, donc chaque enquête, va dévoiler une dérive écologique bien précise, une dérive qui ressemble à celles que nous vivons, de nos jours, sur notre vieille planète. Serge Pwerrotin, le scénariste, a voulu, ainsi, dès le premier album, nous mettre dans cette ambiance de sauvetage de notre univers, et cela rend parfois le scénario trop plein, trop touffu… En tout cas dans le premier album. Le deuxième est plus linéaire…

Serge Perrotin : les thématiques

Cela dit, ce duo est un duo solide, dans la grande tradition des vais duos de bd, ou de cinéma : deux personnages qui ne se disputent pas la première place et qui, tout au contraire, apprennent à s’apprivoiser. Le tout, également, dans une ambiance de polar futuriste, puisque Bor est à la recherche de sa fille…

Un polar, oui, mais qui laisse cependant à l’avant-plan des préoccupations qui sont celles de notre temps. Comme le climat, par exemple… Et en abordant cet thème « par la bande », Perrotin nous parle de la différence entre changement et réchauffement, entre bouleversement écologique et bouleversement technologique, ces réalités ambivalentes se complétant les unes les autres dans la gravité de la folie humaine…

Serge Perrotin : le climat
Lynx © Paquet

Et la sf et l’écologie réussissent à faire bon ménage ! Parce que le scénario de Serge Perrotin est surtout l’occasion de parler de notre monde. Chaque album peut se lire comme un one-shot, et les thèmes qui nous sont proches y sont nombreux : on y parle de l’eau, élément essentiel à toute existence, on y parle de climat, de problèmes sanitaires, de pollution, de compromissions, d’industrie et de pouvoir, de corruption et de politique. Et le tout sans manichéisme.

Serge Perrotin : un scénario sans aucun militantisme

Le dessinateur, Alexandre Eremine, est d’un vrai classicisme réaliste. Il aime la mise en scène, c‘est évident, et c’est pourquoi il attache beaucoup d‘importance aux décors. Ce sont eux, de planète en planète, mais aussi dans les bureaux et dans les habitations, qui créent les ambiances, qui rythment en quelque sorte le récit. Eremine ne perd pas son temps à dessiner des éléments technologiques de toutes sortes et c’est ce qui rend sa science-fiction très proche, finalement, de nos quotidiens, c’est ce qui permet à ce livre de parler aussi de nous, de nos vécus, de nos présents, de religion, de la lutte contre le vieillissement, de la santé. C’est une belle symbiose, en fait, qui réunit les deux auteurs de cette série.

Lynx © Paquet
Serge Perrotin : le dessin

Une série intéressante, donc, pour mieux penser, aussi, peut-être, à la fragilité de toute existence…

Jacques Schraûwen

Lynx, deux albums déjà parus (dessin : Alexandre Eremine – scénario : Serge Perrotin – éditeur : Paquet)

Serge Perrotin
Les Prix Atomium 2021

Les Prix Atomium 2021

Le prix Raymond Leblanc couronne un projet au graphisme puissant : « Vents de Montagne, pluies d’océan » de Shih-hung Wu. Cet auteur qui va donc bientôt être publié semble posséder un sens du dessin extrêmement personnel. Un auteur à suivre très certainement !

Le prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles couronne l’œuvre de José Parrondo, auteur « alternatif », au dessin simple, voire simpliste, qu’on peut aimer ou détester…

Prix Atomium de Bruxelles : « Béatrice » de Joris Mertens (éditeur : Rue de Sèvres). Un dessin extraordinaire, un sens de la couleur exceptionnel. Une visite dans différentes villes, silencieuse, un regard sur la cité, sa vie, ses existences, ses rencontres… Bruxelles s’y trouve, s’y laisse découvrir d’un œil neuf…

Béatrice © Rue de Sèvres

Le Prix Prem1ère du roman graphique est donné à une vraie bande dessinée, intelligente, puissante, « Incroyable ! » de Zabus & Hippolyte (paru aux éditions Dargaud). Sans cet intellectualisme très à la mode dans la pédanterie actuelle des « romans graphiques », ce livre nous parle de l’enfance, de ses possibles… Poésie, tolérance, tendresse, réflexion, il s’agit d’un vrai chef d’œuvre, qui fut chroniqué ici… L’union parfaite entre deux créateurs osant aller au bout de leurs rêves de et de leurs imaginaires !

https://bd-chroniques.be/index.php/2021/01/07/incroyable/

Incroyable! © Dargaud

Le Prix Cognito de la BD historique couronne, sans surprise, le très intéressant « La Bombe » d’Alcante, LF Bollée et Denis Rodier (éditeur : Glénat). Avec une précision historique exceptionnelle, les auteurs nous font pénétrer dans tous les événements qui amenèrent es Etats-Unis à créer la première bombe atomique. On croise dans ce livre étonnant, mais parfois ardu à la lecture, tous les protagonistes, militaires et scientifiques, et qui orchestrèrent cette invention avec plus ou moins de réticences.

La Bombe © Glénat

Le Prix Le Soir de la BD de reportage est décerné à « Prison n°5 » de Zehra Dogan (éditeur : Delcourt). Un témoignage poignant sur la violence de tout intégrisme, sur les abominations que doivent subir les femmes dans des régimes politiques qui ne sont pas tellement lointains que cela.

Prison n°5 © Delcourt

Le Prix Willy Vandersteen couronne un album paru en néerlandais, « La baleine bibliothèque » de Judith Vanistendael & Zidrou (éditeur : Oogachtend – éditeur francophone : Le lombard). Un extraordinaire conte poétique, un scénariste toujours surprenant, une auteure belge au talent somptueux… Et une chronique que j’ai faite pour la RTBF.

https://www.rtbf.be/info/medias/detail_bd-la-baleine-bibliotheque-un-superbe-conte-poetique?id=10781639

La baleine bibliothèque © Oogachtend

Le Prix Atomium des Enfants est accordé à un livre qui parle de cuisine : « Yasmina, Tome 1 : Master-classe » de Wauter Mannaert (paru chez Dargaud). Humour et militantisme écologique, mais avec simplicité, sourire, tolérance… Un auteur bien d’aujourd’hui, et une héroïne agréable à découvrir.

Yasmina © Dargaud

Un prix Atomium de la BD citoyenne a également &été décerné. Lauréate : « Chez toi » de Sandrine Martin, éd. Casterman. On y découvre un travail graphique et coloré assez original, et une thématique toujours importante, toujours d’actualité, celui de la migration, celui de la place des femmes, celui d’un humanisme essentiel.

Chez toi © Casterman

Jacques Schraûwen

Spa-Francorchamps

Les 100 ans d‘un circuit F1 mythique !

Pour cet anniversaire, et malgré le monumental flop de la dernière édition de son grand Prix, Spa-Francorchamps met les petits plats dans les grands, grâce à la Bande dessinée !

© Point Image

Osons le dire, en une époque où une certaine idéologie politique tend à tout faire pour que la voiture devienne un objet de luxe pour nantis (et politiciens…), l’automobile reste un élément majeur de ce qu’a permis le progrès tout au long du vingtième siècle.

Il fut un temps où un slogan s’affichait un peu partout dans nos cités, un slogan qui disait, tout simplement, « ma voiture, c’est ma liberté ».

Et c’est vrai que ce moyen de transport a permis petit à petit à ce que tout un chacun puisse se balader hors des sentiers battus, puisse découvrir, librement et au hasard de ses envies, des paysages, des lieux… La voiture a permis à l’être humain de ne plus être dépendant des circuits tout faits, des voyages organisés, des vacances toujours au même endroit. Cela, tout en offrant la possibilité de découvrir, véritablement, le monde qui nous entoure, loin des clichés…

© Point Image

Oui, la voiture, à sa manière, a élargi les horizons de l’intelligence… Et de l’imaginaire ! Et c’est encore plus vrai lorsqu’on pense à la bande dessinée.

Des Pieds Nickelés à Michel Vaillant, de Leo Loden à Félix, de Franquin à Jidéhem, de Walthery à Paape, de Batman aux Casseurs, de la deux-chevaux au bolide tonitruant, l’automobile a fait et continue à faire quelques belles pages du neuvième art.

© Point Image

C’était donc normal que la Formule 1 se fête aussi avec la bande dessinée !

Et c’est bien le cas avec une exposition qui reste visible, à l’Abbaye de Stavelot, jusqu’en janvier 2022…

https://www.abbayedestavelot.be/fr/news

© Point Image

Bien sûr, ce n’est pas la voiture de Madame et Monsieur Toutlemonde qui se retrouve à l’honneur tout au long des illustrations en grand format qui émaillent cette exposition. Quoique ! Mais l’essentiel, oui, y reste la compétition automobile, avec des dessins en grands formats de quelques dessinateurs qui, dans leur œuvre, ont rendu hommage aux vrombissements de voitures et à leurs pilotes.

© Point Image

Une trentaine d’auteurs nous offrent donc leur vision d’un sport qui continue à attirer en masse des fans de tous les âges.

Une trentaine d’auteurs, et non des moindres, jugez-en…

Philippe Jarbinet y côtoie Jean-Marc Krings, Jean-Luc Delvaux s’y retrouve proche de David P, Stibane et Baudouin Deville y font face à Michel Pierret et à Yves Plateau…Et bien d’autres encore tracent ainsi le portrait dessiné d’une aventure qui dure depuis cent ans, dans un des circuits qui reste considéré comme un des plus beaux qui soient…

© Point Image

Et outre cette exposition, un livre est paru qui ravira tout autant les amateurs de Formule 1 et les amoureux du neuvième art. Ce « carnet de croquis » est paru aux éditions Point Image.

https://www.pointimage.be/carnet-de-croquis/1024-3032-carnet-de-croquis-spa-francorchamps.html#/17-ex_libris-cooper_climax_de_jack_braham_par_olivier_weinberg

Jacques Schraûwen

© Point Image