15 Belles Cartes Postales

Le Meilleur Des Vacances : 15 sourires à partager, à envoyer !!!

Vos vacances sont terminées ?… Je suis certain que vous avez oublié d’envoyer quelques cartes postales à vos amis… ou ennemis ! Réparez vite cette erreur en choisissant FLUIDE GLACIAL comme support de vos messages !

 

Cartes postales © Fluide Glacial

Le soleil brûlant de l’été n’est plus qu’un souvenir ?… Vos folles bal(l)ades dans des paysages qui n’avaient peut-être pas beaucoup envie de vous accueillir sont immortalisées sur quelques photos perdues sur votre disque dur ?… Vous vous morfondez déjà derrière votre bureau en maudissant le temps qui passe toujours trop vite quand il est souriant ?… Je vous propose de lutter contre la morosité en feuilletant ce petit album de cartes postales à détacher (donc à envoyer !) ! Des cartes postales désuètes et absurdes, souriantes et farfelues…

 

Cartes postales © Fluide Glacial

Le sourire naît souvent, dans la vie, d’un décalage entre le réel et ce qu’il pourrait être, d’un décalage entre la raison et la déraison assumée. Quoi qu’aient ou en dire d’aucuns, l’humour n’est pas la politesse du désespoir, tant il est vrai qu’il est foncièrement, toujours, impoli. Et provocateur.
Et cela fait bien longtemps que Fluide Glacial a compris la chose, pratiquant en toute liberté un humour qui parfois n’est qu’un gros « comique » de circonstance, parfois un humour retrouvant les soubresauts du surréalisme, parfois un humour très enfantin, très pipi-caca… Ici, avec ces cartes postales, c’est vraiment le décalage qui est à l’honneur, l’idée qui jaillit de la confrontation entre des mots-légende et des images presque tendrement trafiquées…

 

Cartes postales © Fluide Glacial

Ne boudez pas votre plaisir, surtout ! Oubliez tous les soucis nés de vos vacances qui, j’en suis certain, n’auront pas été aussi agréables que ce que vous en espériez !
Et prenez votre plus belle plume, votre plume la plus provocatrice, la plus surréaliste, la plus provocante, selon vos envies profondes, et retrouvez le bonheur de l’échange de mots au dos des images !…

Jacques Schraûwen
15 Belles Cartes Postales – Le Meilleur Des Vacances (auteurs : Plonk & Replonk – éditeur : Fluide Glacial)

SEPTEMBRE 2018 ET LA BD

Une fête, des prix, des nouveautés à ne pas rater…

On parle toujours beaucoup, en cette période de l’année, des romans de la rentrée… Mais il y a aussi la rentrée littéraire de la bande dessinée ! Et elle promet, cette année !

 

Et le mois qui arrive ne manque pas de livres et d’événements particulièrement attendus… Il va y avoir, par exemple, à Bruxelles, du 14 au 16 septembre, la fête de la bande dessinée… Des auteurs, des rencontres, des dédicaces… Et y sera remis, entre autres, le prix du roman graphique, décerné par la RTBF…
Ce sera aussi l’occasion de découvrir quelques albums pleins de promesses…
D’abord et avant tout, « Le chemisier », de l’hyperdoué de la bd, Bastien Vivès, chez Casterman – le portrait d’une jeune femme comme tout le monde, presque effacée, qui va découvrir sa sensualité et ses pouvoirs de séduction, au sens large du terme, grâce à un chemisier de soie… A signaler un second album de Vivès, qui va paraître chez Glénat : « Petit Paul », ensemble de petites chroniques quotidiennes d’un gamin qui se découvre en même temps qu’il découvre les difficultés de la vie et le bonheur du désir.

 

Et puis, chez Delcourt, « Une vie comme un été », de Yelin et Von Steinaecker – Une vieille femme en maison de retraite se souvient… Un parcours de vie dans lequel tout le monde pourra se reconnaître, avec un dessin lumineux et poétique…

 

Il y aura également le deuxième tome de la petite série « Le suaire », de Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, et Eric Liberge, chez Futuropolis – Une fable fantastique, une histoire d’amour au-delà du temps, avec comme symbole le fameux suaire de Turin, réalité ou fantasme, relique ou arnaque…

 

 

Et, enfin, « L’âge d’or », de pedrosa et Moreil, chez Dupuis – Pedrosa, en bd, c’est un ovni… son dessin et son découpage n’ont rien à voir avec la tradition en gaufrier de la bd… Ici, c’est une histoire de Moyen-âge, d’heroic fantasy, de fantastique, de magie, qu’il nous offre, avec des dessins qui s’inspirent des enluminures anciennes.

 

 

Mais l’intérêt et la richesse de la bande dessinée résident aussi dans son éclectisme !
C’est pourquoi j’attends avec impatience de découvrir « Les rigoles », de Brecht Evens, chez actes sud… Un album qui semble n’avoir pas grand-chose à voir avec la bd traditionnelle, ni graphiquement, ni narrativement, mais dont le dessin et la couleur me paraissent étonnants, attirants donc…

 

 

Je pense également qu’il ne faut pas rater « Kivu », de Van Hamme et Simon, au Lombard –un dessin classique et inspiré, un scénario trop manichéen peut-être, mais un livre qui se lit avec plaisir, et un thème important.

 

 

Et enfin, il y a le tome 6 de la superbe série « Dent d’Ours », de Henriet et Yann, chez Dupuis – une saga sur fond de guerre, de nazisme, de choix humains et politiques, avec des personnages attachants, avec des intrigues qui n’ont strictement rien de manichéen et qui s’inscrivent dans l’humain de l’Histoire du vingtième siècle.

 

 

Ceci, vous l’aurez compris, n’est nullement une liste exhaustive… Mais j’espère que vous allez pouvoir y glaner quelques lectures qui vous étonneront, qui vous plairont…
Bonne rentrée BD, donc, à toutes et à tous !…

Jacques Schraûwen

Ailefroide

Le livre d’une vie, le roman graphique de défis, de rêves et d’apprentissages…

Amoureux de la montagne, ce livre est pour vous… Amoureux des aventures humaines vécues en marge des normes, ce livre est pour vous… Amoureux d’une bande dessinée qui s’accepte totalement comme objet d’art et de littérature, ce livre est pour vous !…

 

Ailefroide © Casterman

 

Avec « Ailefroide », nous nous trouvons en face d’un livre étonnant et multiple.
Bien sûr, c’est d’abord la « biographie » dessinée de Jean-Marc Rochette lui-même. Il voulait devenir guide de montagne, il s’est réalisé comme dessinateur de bande dessinée. Il se voulait aventurier éperdu des fulgurances de la nature, il s’est enfoui dans les imaginaires de papier nourris de ses souvenances et de ses espérances.
Dans ce livre, tout commence par le peintre Soutine, et ses émerveillements de lumière qu’un gamin, Rochette, regarde, et veut toucher. Et ce sont ces couleurs-là, sans même s’en rendre compte, que ce gamin va rechercher dans les défis qu’il s’impose, face d’abord à des parois à gravir, à des montagnes à découvrir, par des voies de plus en plus difficiles, de plus en plus envoûtantes.
Dans ce livre, donc, tout continue par ces défis qui sont autant d’apprentissages pour le jeune Rochette. Un gamin qui se découvre dans l’aventure, certes, mais pour qui, inconsciemment, cette aventure est aussi celle de l’amitié, celle du partage, pour qui cette aventure devient plus qu’un apprentissage au « sport », un apprentissage à la vie elle-même, avec ses passions, ses folies, ses démesures, ses raisons, aussi…
De page en page, on suit le parcours pratiquement initiatique de ce gamin qui, peu à peu, découvre qu’au-delà du rêve il y a un au-delà infiniment moins lumineux, infiniment plus cruel, celui de la souffrance, celui de la mort.

 

Ailefroide © Casterman

 

Jean-Marc Rochette: Apprentissage _ Défis

 

Jean-Marc Rochette: Rêve – Réalité – Mort

 

Avec Rochette, on se trouve toujours en porte-à-faux par rapport aux habitudes qui peuvent être celles de la bande dessinée. Bien sûr, il y a une narration graphique parfaitement maîtrisée, un découpage traditionnel qui met à l’aise tous les lecteurs. Mais il y a aussi la présence, au détour des pages, et ici dès la première page, d’ailleurs, de l’Art. Soutine, oui… Mais aussi l’architecture, au travers des décors, des paysages, des chapelles, des ruelles. On sent toujours, chez Rochette, qu’une existence, quelle qu’elle soit, ne peut se montrer, se révéler qu’ancrée profondément dans un lieu, dans une succession de lieux. Et même s’il est, dans ce livre-ci, didactique quant aux techniques de l’alpinisme, il réussit à l’être en nous montrant la montagne vivre, remuer, palpiter… Vibrer, même, sous la présence lumineuse de ciels qui, oppressants parfois, se font surtout des envolées vers des ailleurs toujours plus lointains, toujours plus poétiques.
Et pis, il y a aussi le côté littéraire de son écriture. Chaque personnage a sa façon de parler, de s’exprimer, comme il a sa manière personnelle de bouger. On sent aussi, au travers des textes qui émaillent son récit, la présence de références d’écrivains, pas en tant que « citations », mais bien plus comme inspiration assumée.

 

Ailefroide © Casterman

 

Jean-Marc Rochette: Couleur

 

Jean-Marc Rochette: Littérature

 

On entend, dans ce livre, bruisser le silence. On ressent la persistance de l’anecdote tout au long d’un destin en construction. On s’enfouit dans un album véritablement construit comme un roman, avec des dialogues, des descriptions, des chapitres, même. On assiste à la naissance de la peur, petit à petit, et à cette prise de conscience douloureuse : vivre, vieillir, c’est accepter la peur.
Il s’agit d’une longue tranche de vie, faite de plusieurs époques. De plusieurs réalités, aussi, puisque ce roman graphique nous montre Rochette abandonner la montagne après en avoir découvert les morsures, découvrir la souffrance, personnellement et en assistant, à l’hôpital, à une scène d’une horreur quotidienne inacceptable.
On le voit devenir dessinateur de bande dessinée, et assumer pleinement quelques influences qui, dans ce « Ailefroide », embellissent le dessin… Rochette, par exemple, revendique pleinement le côté « adolescent, boy-scout » de ses personnages et, donc, du dessin qui les montre, et qui rappelle de manière évidente le talent de Pierre Joubert, ou de Pierre Forget.

 

 

Ailefroide © Casterman

 

Jean-Marc Rochette: Joubert, etc

 

 

C’est de la bande dessinée, d’abord et avant tout. Mais de la bande dessinée qui rend hommage à la peinture, à quelques aînés, aussi, comme l’immense Corben. De la bd qui, neuvième art à part entière, prône avant tout la liberté… Celle de la création, celle du rêve, celle de prendre les chemins, qu’ils soient des voies entre deux pitons rochers ou les pages d’un journal de bande dessinée des années 70.
Et c’est cela que je retiendrai sans doute de ce livre : l’aile froide de la liberté et de ses angoisses qui souffle tout au long de ses pages !

 

Ailefroide © Casterman

 

Jean-Marc Rochette:

 

Un livre de Jean-Marc Rochette, c’est toujours un événement. Un livre dans lequel Olivier Bocquet a participé au scénario, c’est aussi toujours un gage de qualité.
Alors, que vous aimiez ou non la montagne, l’alpinisme, l’escalade, cela n’a pas d’importance… Ce livre est une fresque épique, romantique, initiatique qui, vécue, nous offre le paysage plutôt que le portrait d’un être humain à la poursuite de ses possibles artistiques ! Une fresque que je vous invite à découvrir !…

 

Jacques Schraûwen
Aile Froide (dessin et couleur: Jean-Marc Rochette – scénario : Jean-Marc Rochette et Olivier Bocquet – éditeur : Casterman)