Dino Attanasio – le départ d’un des derniers représentants d’une bd essentiellement divertissante…

Dino Attanasio – le départ d’un des derniers représentants d’une bd essentiellement divertissante…

Il avait plus de cent ans, et derrière lui une carrière bien remplie. Certes, Dino Attanasio n’a jamais vraiment appartenu à une bande dessinée engagée dans des chemins de traverse. Il s’est contenté, avec le talent qui était le sien, d’amuser ses lecteurs, de les faire sourire, rire…

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Mais il ne fut pas seulement un dessinateur humoristique, puisque ses débuts dans la bande dessinée belgo-française, il les a connus avec quelques « belles histoires de l’Oncle Paul », avec aussi les aventures de « Bob Morane ». Il a signé cinq albums de cette série mythique, sans doute, mais le plus souvent aux scénarios de Vernes incertains, il faut bien le dire…

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Il a surtout donné vie à des héros de bd sympathiques, non réalistes, reprenant par exemple la série « Modeste et Pompon »… Le tout avec plusieurs collaborateurs, dont l’excellent Lucien Meys, et le non moins talentueux Marc Wasterlain. Il a aussi eu comme scénariste le génial et jamais remplacé Goscinny, pour des aventures de « Spaghetti »… Une vingtaine d’albums consacrés à ce héros a vu le jour, gentillets et empreints toujours d’un humour, encore sage sans doute, mais s’aventurant déjà dans le plaisir des jeux de mots, des gags à la limite de l’absurde.

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Il est aussi l’auteur de « Johnny Goodbye », avec différents scénaristes qui, avec lui, vont véritablement faire leurs armes sans doute. Il réalisa également pas mal de one-shots… L’un de ceux-ci, « Boccace », en une époque où l’érotisme devenait compagnon de jeu de la bande dessinée, fut pour lui un essai intéressant mais non abouti de participer à cette émancipation des petits mickeys.

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Dino Attanasio appartient, véritablement, à ces heures pendant lesquelles la bande dessinée, cantonnée dans des niches sereines, tranquilles, sages et bien-pensantes en quelque sorte, ronronnait et amusait, tout simplement… Une bd populaire, et ce mot n’a rien de péjoratif sous mes doigts, loin s’en faut. Et même si, dans ces one-shots, il n’a pas toujours brillé par le choix de ses sujets, et je pense au très mauvais « Il était une fois dans l‘oued », Attanasio est un des vrais pionniers de la bande dessinée. Pour l’avoir rencontré quelques fois, je peux dire qu’il était fier… De son travail, oui, mais surtout de ce que son fils réalisait dans une vie professionnelle artistique également ! C’était un homme attachant, qui a parfois manqué de lucidité dans ses choix artistiques, mais qui est toujours resté pareil à lui-même…

Jacques et Josiane Schraûwen

Philippe Soulas : un dessinateur de presse « engagé » et merveilleusement libre !

Philippe Soulas : un dessinateur de presse « engagé » et merveilleusement libre !

Ce dix décembre, Philippe Soulas est mort… Il fait partie pour moi d’une race de dessinateurs politiquement provocateurs, d’artistes dont le trait allait toujours à l’essentiel, d’auteurs aux colères faisant du bien !

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Le dessin de presse a ceci d’extrêmement intéressant, important, qu’il permet en un dessin de s’enfouir dans une réalité avec, en supplément, une analyse éditoriale qui ne souffre d’aucune dépendance. Certes, selon le média concerné, l’approche de la réalité politique et sociale est plus ou moins frontale. Avec Soulas, elle fut pratiquement toujours directe et immédiate !

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Très discret, Soulas est cependant un auteur extrêmement prolifique, ayant « travaillé » dans Hara Kiri (et y étant, comme ses collègues, merveilleusement bête et méchant…), dans Libération, dans Marianne, organes de presse dans lesquels il pouvait, librement, exprimer son sens de l’anarchie, de la liberté. Oui, Philippe Soulas fut, finalement, plus libertaire qu’anar…

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Raconter un fait en un seul dessin, et le faire en prenant position, envers et contre tout, tel est le rôle des dessinateurs de presse, c’est évident… Et quand ils ne sont pas tristement timorés, ces artistes occupent une place essentielle dans le paysage audio-visuel. Philippe Soulas n’a jamais été timoré, et les nombreux livres qu’il a à son actif, souvent collectifs avec des dessinateurs très différents de lui, graphiquement et politiquement parlant, tous ces albums, ces centaines et ces centaines de dessins le prouvent avec une évidence souvent jouissive !

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Mon adolescence se construisit grâce à bien des influences… La bande dessinée, bien entendu, avec Tardi, libertaire lui aussi… Mais, en parallèle, il y eut les dessins d’humour, également, d’Avoine à Sempé, de Fred à Serre, de Soulas à Bosc… Sans leur humour, grinçant, parfois tellement loin de mes propres sentiments, je pense que je n’aurais pas vécu les lucidités qui ont été miennes et qui continuent à l’être. Que Soulas en soit ici remercié, tout simplement !

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Jacques et Josiane Schraûwen

Frank Pé: une interview…

Frank Pé: une interview…

La voix de Frank Pé est celle d’un auteur, jamais celle d’un faiseur… Un homme empreint de passion, de passions plurielles, et de regards brillants et souriants sur son métier…

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Après avoir cherché, cherché encore, j’ai retrouvé le son de l’interview disparue du site internet de la rtbf… Une interview dans laquelle Frank Pé a pris le temps de me parler de sa passion, de ses passions, du dessin, de la conception qu’il avait des histoires à raconter… Une interview que Frank Pé avait conservée sur son site personnel. Et que voici, tout simplement…  

Jacques et Josiane Schraûwen

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